Effeuille mes rêves

Et puis zut

Débarrassée de cette saleté d’examen, enfin ! Enfin je peux souffler !

Je m’accorde quelques jours de répit. Beaucoup d’autres (exams) vont arriver - et les problèmes avec mon école se rajoutent et se renouvellent tous les jours - alors prendre du temps pour ne rien faire est ce qu’on pourrait appeler un réflexe de survie. Je vais peut-être aller au cinéma tiens. J’essaie de préserver tous mes dimanches du stress des révisions, aussi. Ça les rend plus sympas que jamais.

Le but bien sûr, c’est de conserver un certain équilibre. Un équilibre très précaire à cause des rechutes, tout ça, mais bon. Un équilibre auquel se raccrocher.
La plupart du temps, je dirais que c’est efficace.

J’aurais tellement de trucs à raconter, en fait. C’est fou tout ce qui se passe dans une seule journée. Fou que je puisse désormais le voir ! Que tout n’est plus "tout mort" comme avant. J’étais réellement un zombie, bon sang… Je prends un peu de temps tous les jours pour me le rappeler ; afin de voir aujourd’hui que ça va mieux.

Ça va mieux, en effet, mais ça va pas heureux. Même si j’essaie très très fort, je ne suis pas à proprement parler heureuse. J’y travaille, certes, et vraiment à fond.

Mais.

Mais ce qu’il me manque est si… J’ai juste pas les mots pour le dire. Je sais qu’il manque un truc très très important.

Je ne suis pas complètement désespérée de le trouver mais… en même temps, si. Un peu. C’est vrai que beaucoup de choses ont changé. Et ça me rend optimiste. Mais en même temps… Si tout ça a changé et qu’en moi il ne se passe rien, niveau bonheur ou satisfaction ou sérénité… est-ce que cela changera un jour ?
Est-ce que même si je fais tout ce qu’il faut je parviendrai à être heureuse ?

Bon, y’a la fatigue qui joue dans cet écrit. Beaucoup de fatigue. La plupart du temps, je suis réellement optimiste. Et je sais ce que je veux.
Là, depuis ce matin, mes pensées font le yoyo. Je ne suis plus sûre de mes convictions. J’ai repensé à ce qu’il s’est passé l’autre jour en cours. La prof qui a interrogé Jareth, et lui a demandé de se lever et de venir se tenir devant toute la classe. Il était tellement proche de moi… En mode cool, détente, beau gosse. Et moi je cachais mes tremblements, mes rougissements de jeune fille en fleur… Merde quoi ! Ce sont peut-être les autres qui ont raison. J’ai été (et ô horreur : je suis peut-être) amoureuse ? Je ne suis plus sûre. J’ai eu le béguin pour deux garçons jusqu’à présent (en comptant Jareth) et les deux fois… Je me suis sentie comme une pestiférée. Non pas parce qu’ils m’ont rejetée ou quoi. Mais parce que j’avais l’impression de ne pas exister à leur yeux. Je n’existais (pour le premier) et n’existe toujours pas (pour Jareth) à leurs yeux d’ailleurs. Et c’est pas que ça fait mal ou que c’est vexant, mais c’est juste que ça semble inéluctable pour l’avenir. Inchangeable. Malgré tous les efforts dont j’ai parlé juste avant. D’où mes fixations pseudo-amoureuses. Ou peut-être réellement amoureuses - qu’est-ce que j’en sais finalement ? - en tout cas si c’est ça l’amour c’est très moche. Je n’existerai jamais pour personne.

Eh beh. On a mis le doigt sur quelque chose, Docteur Aloha ! C’est bien. Ça ne règle pas le problème. Le fait est que je n’existe pas réellement. Pas sans bonheur. Tant que je ne serai pas heureuse, je n’existerai pas vraiment. Et alors pour ce qui est de trouver l’amour… on va même pas en parler !

Je me suis retenue pour ne pas tomber amoureuse de lui. Ça, j’en ai conscience. Je croyais sincèrement avoir réussi, mais du coup je ne suis plus sûre...
Écoute ça : je le sais qu’il me briserait le cœur si on se mettait miraculeusement à se fréquenter, en plus. C’est ÇA le plus tragique. Je le sais. Il aurait juste un milliard de moyens de le faire. Je ne suis pas son genre de fille, et je ne suis même pas sûre qu’il soit mon genre de mec. Et puis il est avec sa copine depuis longtemps, donc ça conforte mon idée. Si on s’était mis ensemble dès le départ, il serait parti avec elle. Y’a QUATRE MILLIONS de scénarios qui chantent tous ensemble dans ma tête pour m’expliquer en gammes et en arpèges pourquoi, comment, et précisément que ce n’était pas possible et que maintenant non plus ça ne l’est pas.

Mais j’ai eu une de ces réactions l’autre jour… Je ne me sentais pas amoureuse. Mais j’avais l’impression de me retenir. Parce que je ne veux pas penser à ce qui est impossible.
Pas envie de perdre mon temps avec quelqu’un qui me ferait souffrir, dans tous les univers inimaginables.

Oh la vache ! Je voulais pas autant écrire sur ça au début ! Rho fait suer. J’ai pas envie de le publier du coup. Pas envie que ça se voit, que ça se sache...
Mais en même temps c’est sorti de mes tripes. J’ai besoin d’écrire ici, les derniers jours ont été trop intenses avec cet examen et les cours etc etc.

Bon tant pis.