Effeuille mes rêves

Et surtout, hein, faites payer l'air qu'on respire

J’ai commencé à écouter Sénèque en livre audio.

Wow.

Je savais bien sûr que ça serait énorme. Mais : WOW !

Je repasse en boucle la Lettre à Lucilius intitulée "La philosophie, source de la véritable jouissance".
Tellement rassurant. Tellement… épanouissant. Je sais bien qu’écouter ou lire et se contenter de ça ne suffit pas. C’est pourquoi je vais digérer ces mots pendant plusieurs jours pour les faire miens. Mais j’ai un sourire démentiel.

J’en ai besoin.

J’ai appris une mauvaise nouvelle en provenance de la direction de l’école, hier encore. Mais une nouvelle vraiment vraiment mauvaise.

On n’a plus le droit d’être absent. Dit comme ça, c’est évidemment logique et on ne peut qu’aller dans leur sens. Sauf qu’on doit convertir ces heures d’absence (même pour raisons médicales) en heures d’immersions professionnelles. Où l’on n’a cependant pas le droit de travailler, puisqu’on rattrape.
Je ne vais pas décrire à quel point ce système est débile et avilissant. Il n’y a que de cette façon que je serai crue sur parole, mais tant pis. On nous met la tête dans le purin dix heures par jour et quand on nous relâche (à un moment aléatoire qu’on ne peut pas prévoir) on nous fait culpabiliser en disant que renifler toute la journée ça ne suffit pas : ne boit pas de l’eau, chez toi, continue à sniffer notre lisier.

Mais l’eau c’est excellent pour la santé, par contre ! Tu n’en bois pas assez, t’es tout pâle.

Ah, une incohérence ? Non ! Tu n’es qu’un élève. Tu ne comprends rien. Ooooh, un dossier m’appelle.

C’est fatiguant et tellement tellement décourageant. Je me demande ce que Sénèque aurait fait. Ma psychiatre, c’est clair, elle leur aurait pété la tronche (elle les déteste, et pourtant je ne reste que sur des faits pour ne pas embrouiller son jugement avec mes ressentis). Sénèque m’aurait sûrement trouvé une formule magique pour garder la tête haute. Bon, et ma psychiatre aussi, en fait. Mais je suis toute seule face à eux, donc c’est moi-même qui vais devoir trouver les mots pour avancer.

C’est parti.