Effeuille mes rêves

Évacuer

Encore des pensées pénibles coincées dans la tête. Des obsessions. Des sentiments congestionnés. Le même cocktail habituel.

Alors je vais faire un exercice de visualisation, comme l’autre fois. Et je vais l’écrire ici pour lui donner plus de pouvoir.

Et j’vais essayer de pas faire un truc trop cucul sinon quand je vais le relire ça va m’énerver. Je ne cherche pas à bien écrire. Je cherche à tout évacuer, à tirer la chasse si vous voulez.

Il n’y a absolument rien de glamour dans ce que je vis, alors je ne vois pas pourquoi j’essaierai d’écrire de jolis textes.

-> Je suis un peu petit peu plus âgée, je ne saurais pas dire de combien, mais pas des masses. Je me suis définitivement débarrassée du problème. De la douleur majeure qui me parasitait.
Je suis en pyjama, à l’aise, c’est le matin, je suis assise et je suis super heureuse. Et je me rappelle.

Je me rappelle ce que c’était, l’enfer d’exister. Mais je me rappelle surtout que petit à petit, sans que je m’en rende compte, pendant que j’avais l’impression que tout atteignait des sommets dans l’horreur monumentaux, parallèlement quelque chose se détendait en moi. Je me souviens de ce jour où une fois de plus j’étais dans un de ces états atroces et où quelque chose a claqué comme un élastique trop tendu et ensuite… la courbe s’est inversée. La roue a tourné.
Ces deux notions sont paradoxales. Ces deux scénarios semblent incompatibles. Et pourtant. Tout cela est bien arrivé.

Le temps a cessé de me torturer. Je suis hors du temps désormais, les idées de jeunesse perdue et de volonté dévorante n’ont plus d’emprise sur moi.
Ça a été subtil, comme changement sur le coup, mais la différence était suffisante pour que je me sente plus légère. Les coups de mous n’étaient plus aussi désastreux. Je savais relativiser. Je n’étais pas malheureuse pour autant. Mon cœur était plus léger, je ne ressentais plus ce poids monstrueux le comprimer et le déformer en permanence. J’inspire la légèreté tandis que je me remémore le passé et ce à quoi j’ai réussi à échapper.

C’est une histoire de sensations, pas de mots. Exactement comme quand je vivais ce que j’ai décris ci-dessus. Mais dans une autre tonalité, une tonalité plus libre. Libre.

La colonne vertébrale de ma santé qui était toute tordue s’est redressée. Aujourd’hui mes sourires sont roses de vitalité tout comme mes pommettes.
Et quand je souris aux gens - ce qui m’arrive très souvent - c’est sincère. Tout le temps. Quand je ferme les yeux je ressens à nouveau la libération que j’ai évoqué - ce claquement qui a inversé le cours des choses.

Ah bon sang, ça soulage…