Effeuille mes rêves

Faire face à mes responsabilités

À l’attention de qui flânera sur cette page :

Cet écrit entre dans mon journal intime parce que je veux l’y consigner. Il reflète un moment qui - bien que TRÈS peu glorieux - est important dans ma vie. Capital.
Il entre plus précisément dans mon journal extime (sur Internet) - et en public - selon des critères qui me sont propres et je mets à jour à chaque connexion. J’ai donc envie de créer ce texte. Il a sa place ici.

Mais, pour toute personne autre que moi, il peut s’avérer très agaçant.

C’est le genre d’écrit que je ne devrais pas mettre à la portée de tous sur Internet. Mais je le fais quand même. Parce que l’écriture en ligne est devenue une espèce d’addiction. Ma drogue, mon problème. Ce n’est pas de ça dont je veux parler. Mais je préfère prévenir ; et prévenir en insistant.
Je déteste énerver. Cela implique que l’on me regarde. Et je ne supporte pas que l’on me remarque.

Donc, avec mon respect d’internaute : à ne pas lire si on n’est pas d’une humeur généreusement joviale et indulgente, au risque de se faire un ulcère. Attention gros risque de pollution de Web.

Prologue très ennuyeux étant terminé (on est d’accord que c’est complètement stupide de dire "Journal intime : défense de lire" sur un journal intime EN LIGNE et PUBLIC) : rentrons dans le vif du sujet.

Je ne vais pas me chercher d’excuses. Ces 24 dernières années, j’ai évité autant que j’ai pu tout ce qui a un rapport avec l’administration.

Tout comme le système général français. La politique. Le monde du travail. La cuisine, également.

J’veux dire que quand quelque chose m’a saoulé, je l’ai ignoré. J’ai fait comme si ça ne me concernait pas.

Les impôts. Le métro/boulot/dodo. La banalité de l’existence (qui n’enlève rien à sa beauté). Les fins de mois. Les obligations financières. Les responsabilités en tout genre.

Clairement.

Jusqu’à il y a quelques jours, je faisais comme je pouvais pour que la journée se passe. Je fermais les yeux et chantonnait dans ma tête à chaque fois que quelque chose non voulu se profilait. Apprendre à faire à manger. "Plus tard quand tu auras des enfants". Il faut remplir les papiers pour l’assurance. Assurance vie. Assurance décès. Assurance respirer. Et j’attendais que la nuit tombe pour pouvoir dormir, rêver, et rejoindre ce que je considérais comme la Réalité.
Pas exact. Quelque chose qui concerne le monde réel, je veux dire. La vraie vie. La réalité ; concrète.
Beaucoup de choses m’ont déçue, attristée, mise en colère, dégoûtée, dévastée etc etc COMME LA MAJORITÉ d’entre nous. Ce n’est pas ce à quoi je fais allusion ici ; pas du tout. Ma Réalité, c’était ce qui m’importait. Ce qui valait la peine d’être vécu dans la vie, à mes yeux.

Donc à mes yeux : carrément que les rêves. Rien de concret. Cela ne fait que quelques jours que je me suis rendue compte que je retenais ma respiration tout au long de la journée pour arriver au soir, chez moi, dans ma bulle, où je commençais tout juste à me relaxer.

Ce n’est pas ça, la vie.

Je n’échapperai pas à cette routine dont tout le monde parle juste parce que je l’ignore. Je ne suis personne d’exceptionnel. Je vais devenir adulte.
Je suis intégrée à une société qui a ses règles. Ce n’est pas à moi de les choisir. Il y a des directives à respecter, des papiers à remplir, on est en 2016 et la modernité requiert une certaine organisation.

Qu’il soit dit et souligné que dans cet écrit je ne me plains nullement.
Je suis chanceuse. Je le sais que je suis chanceuse. Pouvoir écrire sur Internet est une bénédiction. Tout comme le fait d’avoir un toit, de manger à ma faim, de pouvoir lire, d’avoir une famille, etc etc etc. Je ne liste pas tout ici, mais je suis infiniment reconnaissante pour toutes ces choses.

C’est un atout énorme que - par hasard, en naissant de parents géniaux - j’ai choisi de ne jamais utiliser. Et c’est ce choix (que j’ai toujours su idiot) que je pointe du doigt aujourd’hui.
Voici un exemple.
Quand j’ai eu mon permis*, je me souviens avoir été à un endroit important où j’ai dû faire quelque chose dont je ne me rappelle plus en rapport ; mais voilà : c’est tout ce qui me reste de ce grand moment de ma vie. Ce n’est pas l’oubli que j’incrimine ici. C’est mon insouciance. Ma nonchalance. Je me suis rendue à cet endroit, tel jour, parce qu’on me l’a dit. "Tu vas à tel endroit. Tel jour. Avec tel document". Pareil pour refaire la carte d’identité, le passeport, le dossier de réinscription à refaire chaque année, etc etc etc. Tout ce qui est de près ou de loin officiel.

Ça me donnait mal à la tête rien que de savoir que ça existait. Alors je l’ignorais. Ou quand je n’avais vraiment pas le choix : je demandais une liste d’actions à effectuer, précise et hyper détaillée. Comme une liste de courses.

On peut m’insulter et me traiter d’assistée. Je ne pourrais pas rétorquer : c’est la stricte vérité. J’en ai une honte extrême. Mais cela ne modifie pas les faits. Donc j’accepte d’entendre ces insultes. C’est mon devoir. La conséquence de ce choix.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui ce choix n’est plus d’actualité.

Il faut que j’entre dans le système. Et n’étant pas une lumière de nature, je sais que je vais mettre du temps avant de le comprendre.

Je ne dois donc pas attendre le dernier moment.

Je m’excuse encore une fois. Car cela ne se fait pas de demander de l’aider sur son journal intime (on bousille le concept rien qu’en y pensant, et je m’en veux d’autant plus que ce n’est pas la première fois que je le fais il me semble).

Et pourtant, voilà : si quelqu’un connaît un site où ces renseignements sont clairement expliqués… Je lui en serais infiniment reconnaissante.

Il faut que je comprenne ce que l’on doit savoir, de base, pour évoluer dans ce monde. En France. Qu’est-ce qu’un martien qui débarquerait devrait faire comme démarches pour s’intégrer ?

Bon, les bases de la loi ça devrait aller. Mais par exemple : tous les papiers que l’on doit faire pour être à jour ? Que l’on doit tenir au quotidien ?

Je sais qu’il y a une comptabilité dans le tas. Mais c’est tout. C’est grave, hein ? ! Je sais !

Mieux vaut tard que jamais dira-t-on. Le truc, c’est que je comptais prendre un cours bien approfondi avec mes parents dès le diplôme obtenu (et plus tôt si je n’avais pas eu la dépression à charge ; cependant ce n’est pas une excuse). Mais dans l’état où est ma mère… Je ne sais pas si j’oserai lui demander cet été. Alors il faut que je commence cet apprentissage avant l’été. On est au printemps donc c’est maintenant que je dois m’y mettre.

Avec mon père, ce sera heureusement possible. Il ne le sait pas encore et je ne sais pas quand est-ce que je le verrai assez longuement pour qu’on en discute et fasse des plans (ça prendrait des jours et pas de vacances de prévues).
Mais c’est déjà, ça et je prends ! Cependant, je me doute qu’il y a des choses que je dois faire seule. Enfin, non, je ne vois pas ce qu’il ne pourrait pas m’expliquer MAIS JUSTEMENT c’est parce que je ne vois rien que je me dis que je DOIS me tenir au courant !  !  !

À ma mère, je lui ai simplement demandé une liste. Des procédures sur lesquelles je dois me renseigner. Je devrais déjà le savoir donc la honte me cuit les circuits nerveux. Je lui ai demandé avec un sentiment d’indignité infâme ; mais ai insisté pour qu’elle ne se prenne pas la tête et ne fasse vraiment qu’une liste.

Après, à partir de maintenant, je gère. Ou j’apprends à gérer.

Je suis stupide de ne m’en rendre compte que maintenant. Mais pour mon métier c’est pareil. On entre pas dans un bâtiment au hasard en demandant joyeusement : "Qui veut m’embaucheeeeeeeer ?". Et youp : on a un travail !

Y’a des structures. Y’a des règles. Y’a des hiérarchies. Que je le veuille ou non. C’est ça, la réalité.
Je peux ronchonner tant que je veux contre elle, les ignorer ne fera qu’aggraver les choses. Je peux ne pas les aimer, mais je dois les connaître.

Voilà. Je démontre dans cet écrit pourquoi je suis idiote. Mais c’est mon journal, et je me dois d’y être honnête. Au moins avec moi-même. Cacher dans un coin de quoi déchiffrer les codes que je me créé.

- - -

* À moins que ce ne soit le Bac ? Ou les deux ? Qu’est-ce que je me rappelle du bac, d’ailleurs, à part que j’ai été convoquée quelque part pour le passer ?
Rien.
...
Voilà…