Effeuille mes rêves

Fatigue mentale

Grosse angoisse.

Tout le temps. J’alterne entre peurs irrationnelles très intenses et angoisse profonde. C’est pas une vie.

J’ai un cours difficile cette aprèm. Je vais y aller… Mais je ne sais pas si j’irai aux suivants…
Le prof est du genre à humilier les élèves. Je ne peux juste pas. J’ai tellement peur que ça me porte préjudice. Ma psychiatre me soutient (elle m’a dit que la base du traitement de ma maladie/condition c’est la stabilité… mais qu’avec cette école de fous furieux c’est pas possible). C’est même pas la peine d’essayer de me convaincre d’y aller malgré tout : je-ne-peux-pas. Je vais mourir d’angoisse sinon, et pourtant j’en ai vécu des crises monstrueuses, mais là je reconnais mes limites. Me préserver : je pense que c’est le mieux à faire.

Mais j’ai de nouveau la tête dans un étau à cause de l’angoisse. Terrible, pointue, omnisciente et omniprésente.

Ça me rend triste quand on me dit bonjour et que suit le traditionnel "ça va ?".
Non, ça ne va pas. Mais je ne peux pas le dire à chaque fois, les gens ça les saouleraient au bout d’un moment, même les plus attentionnés. Mais ça m’écorche la bouche de répondre "oui" alors qu’en fait c’est non.
Ou quand à l’école on me dit que j’ai l’air d’aller mieux. Ça part d’une bonne intention, mais la vérité c’est que je camoufle mon mal-être perpétuel. Sinon ça serait insupportable pour tout le monde. Mais ça ne veut pas dire que les choses sont plus faciles ou quoi, et ça me fendille le cœur qu’on puisse s’imaginer ça.

Alors j’écris ici. Le seul endroit où je peux parler (transmettre, par écrit) quand oralement je suis tenue de me taire.

Le docteur a encore réajusté mes doses. Mais je suis en période de transition, alors je suis obligée de passer par ces étapes de malaise constant. C’est inévitable ; s’il y avait un médicament qui résolvait tout ça du premier coup, le problème serait réglé.

De toute façon, si jamais je me sens mal, prof sadique ou non, je m’en fous, je me barre. C’est pour ça que j’ai tenu à déménager à côté de la nouvelle école. Pour pouvoir rentrer si jamais j’ai un problème. Pas beaucoup ont compris mon choix mais c’est pas grave.

J’ai parlé de ma situation à deux autres profs cette semaine. J’espère que personne ne croit que je me sers de la maladie pour me cacher, me déresponsabiliser… C’est juste que je suis à bout. Pour que j’en parle comme ça, c’est que vraiment je n’ai plus la force de tenir debout seule.

J’espère que le cours de cette aprèm va bien se passer.

Demain j’ai une journée d’immersion professionnelle et j’ai là aussi peur de ne pas avoir la force de la surmonter. De m’occuper des gens en continuant à sourire même si au fond je suis dévastée.
J’espère j’espère j’espère. J’espère que ça va aller.