Effeuille mes rêves

Faut croire que je m'identifie à Elsa

Ça y est, on y est : 666ème écrit !

Et retour définitif de Toonville. Je suis rentrée à Tortuga.

J’ai envie de dire : "enfin".
C’était vraiment une expérience très intéressante. Surtout pour le côté coloc' et enrichissement dans mon métier. Un stage captivant. Intense.
Mais épuisant aussi. Il faut maintenant que je rattrape le train des cours qui a démarré sans moi. Une semaine, c’est faisable. Mais pour moi qui aime bien tout préparer - me surpréparer, en fait - avant la rentrée… Je me lance avec quelques lacunes. Et je ne suis pas hyper à l’aise avec ça.

Je trouve cependant que j’ai plutôt bien géré cette histoire !

J’ai bien bossé là-bas. Avec beaucoup d’enthousiasme. En fait, j’étais carrément passionnée par mes journées. Ai posé des questions (beaucoup de questions). J’ai tenu à jour mon carnet de travail, celui dans lequel je note tout ce que j’apprends dans mes stages et immersions professionnelles. Ça m’a fait voir ma pratique autrement. Et étant donné que c’était un point avec lequel je n’étais pas toujours à l’aise, je suis plus que soulagée de ce revirement d’humeur.

Cette année va vraiment être différente. Je suis dans une forme olympienne !

J’ai aussi quelque chose à présenter pour mon mémoire. Ça fait plaisir parce que ça n’est pas venu tout seul. J’ai travaillé le plus sérieusement possible. Je ne me suis autorisé aucun écart.
Ce stage m’a fait réfléchir quant à mon avenir et m’a donné à envisager une troisième option tentante de "projet de vie" professionnel. Pas hyper facile à réaliser, comme les deux autres, voire… à 98% irréalisable. Mais au moins je peux me projeter dans quelque chose.

Stojan était mon nouveau collègue de travail. C’est principalement grâce à lui que je suis heureuse de rentrer. Il est très gentil mais… très spécial.
Il se plaint pour des détails. En boucle. Tout le temps. Tout le temps. Il parle, tout le temps, et de banalités. Ce n’est pas de sa faute, mais je ne supporte pas ça en règle générale.
C’est peut-être pour ça que je déteste sociabiliser dans un groupe de personnes. Je préfère élaborer des relations humain à humain. Je n’utilise les généralités que dans un cas : celui où tu es en train de créer un lien avec une autre personne.

Au travail, par exemple. Ou avec quelqu’un que tu ne connais pas mais que tu trouves sympa. C’est bien pour entamer la conversation. Poser quelques bases. Mais personnellement, il faut que j’oriente très très vite sur quelque chose qui me touche ou qui touche la personne sinon j’ai envie de m’enfuir en hurlant.

Stojan me donne envie de hurler.

J’ai honte d’écrire ça parce qu’il est gentil.

Pour en revenir à la rentrée (dont je parle avec pas mal de retard du coup), je suis dans un état d’esprit de feud’folie ! Feu follet feud’folie.

Je suis vraiment contente d’être étudiante. Contente d’être dans ma dernière année. Fière de mon parcours. De ce que j’ai construit.

Fière de la personne que je suis devenue en combattant tout ce qui ne me plaisait pas dans ma vie.

Je ne dis pas que tout est idéal puisque ça n’est jamais le cas (tout comme il y a toujours une petite lueur d’espoir).

Mais j’aime ce que j’ai créé.

Et cela m’appartient complètement. C’est 100% qui je suis.
Après être passée par des phases d’interrogations et de remises en question particulièrement douloureuses, j’ai les pieds bien axés dans mes baskets.

Et en même temps, je sais que tout ce que j’ai traversé n’est rien comparé à ce qui se passe dans le monde. Comparé à ce que certains traversent. Il n’y a pas de graduation comparative de la souffrance, mais je garde en tête qu’il y a des défis infiniment pires que ceux que j’ai eu jusqu’à présent.
En fait, j’ai l’impression en relativisant que tout est facile maintenant. Que tout est parfait. Ça n’a pas été le cas, bien sûr. (Et heureusement que mes écrits sont là pour me le rappeler). Mais je suis guérie. Je suis prête à vivre. Tombée à la fin de l’enfance dans un trou de mélancolie sans fond, j’ai réussi - en treize ans - à m’en extraire. Je n’y retournerai pas de sitôt.

Mais comment dire tout ça, comment exprimer le fait que cela soit possible. Pour tout le monde. Je suis désolée, je n’y arrive pas. Je repense à celle que j’ai été. J’essaie de trouver les mots pour lui expliquer qu’il est possible, même pour elle, de ressusciter. Qu’à l’époque où elle voulait se suicider… quelque part, elle a réussi. Elle a tué son ancien elle. Et petit à petit s’est vue renaître. Jusqu’à devenir celle qu’elle a toujours voulu être été réellement.

Ça a l’air idéalement niais dit comme ça. C’est la raison pour laquelle je n’entendais pas ce que l’on me disait, à l’époque. Ce ne sont pas des mots capables de se transmettre. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de mode d’emploi du bonheur ou de recette de guérison de la dépression.

Mais c’est possible, je jure que c’est possible. Et je vais tenter de le faire comprendre, à chaque personne que je croiserai. J’ai témoigné ici, j’ai tenu ma première promesse, eh bien maintenant je promets d’accompagner les gens qui viendront me solliciter dans mon métier. Au moins.

La rentrée est donc une réalité. C’est étrange de la faire après tout le monde.

J’ai cependant remarqué quelque chose de très important. J’en avais peut-être déjà parlé ici. Là-bas, à l’école, je suis entourée de personnalités plutôt négatives.
De gens qui - sans me vouloir le moindre mal - me tirent vers le bas. Inconsciemment. Je refuse de laisser tomber tous mes efforts. Alors… Je ne sais pas ce que je ferais. Pas encore. Mais je me protègerai.