Effeuille mes rêves

Fin juillet

Le plan idéal que j’ai élaboré ces six derniers mois (voire plus...) n’a pas été suivi à la lettre. Le lancement s’est fait mi-juillet - oui, il m’a fallu tout ce temps juste pour être au clair avec moi-même... Et j’ai trouvé un rythme plus ou moins cadencé depuis quelques jours.

Les imprévus m’agacent. Surtout parce qu’il y en a beaucoup auxquels on ne peut pas dire : "Non, laisse-moi tranquille, ce n’est pas le moment. Je reprends ma vie en main". J’ai essayé.
Ici et là, des évènements externes s’acharnent à perturber l’architecture nouvelle que je me bâtis petit à petit.

Je ne suis sûre de rien à part que je ne me laisserai plus être le résultat intégral des circonstances aléatoires de la vie. Je veux être moi.

Tout est déjà bien mieux que lorsque j’étais chez mon père. Ce n’est pas très rapide, certes, mais au moins y’a du mieux. Et j’ai arrangé la plupart des problèmes. Le temps m’a aidée, faut dire. À l’école, ça n’aurait pas été possible.

Je peux donc officialiser que c’est une réussite.

Faut dire ce qui est, aussi : j’avais besoin de ces relances.

Ma volonté n’est pas encore affûtée au maximum de ce qu’elle peut être. J’ai encore de la culpabilité qui me taraude, parfois. En quantité non négligeable.
Je la connais bien celle-là : il s’agit de cette pas-si-ancienne culpabilité qui tartine l’intégralité de mon journal actuel.
Je vais apprendre à la juguler. Tout comme mes émotions. Le secret, c’est de les écouter, les observer intégralement ("Tiens, je suis en colère.") et de dialoguer avec sans les accabler.

Pourquoi ressens-tu cela ?
Est-ce objectivement ce qui est en train de se produire ? Les autres points de vue autour de toi arrivent-ils aux mêmes conclusions ? À quel point sont-ils biaisés par leur propre expérience ?
Que peut-on faire de cette énergie que tu apportes ? Crier et rouspéter, nous le regretterons plus tard. Soyons donc plus créatives.

Toujours finir par une pensée positive.
C’est un élément réaliste, au choix, sur lequel ramener la plus grande partie de ma concentration.
Le reste existe toujours. Mais je loue l’existence, de moi à moi, de ces bons côtés. Qui ne remplacent rien. Mais qui sont là. Les reconnaître, et les saluer gentiment avec un sourire. Ils ne sont pas obligés d’être là.

Évidemment, ce n’est pas aussi carré. Je ne suis pas quelqu’un de carré. Je ne suis même pas un rond. Un losange un peu fractal, à la limite du meilleur des cas. Peut-être même un rond avec des coins ? En tout cas, une aberration mathématique. L’algèbre, la géométrie et la logique me dépassent ; il y a ce vent chargé de particules instables et contradictoires dans ma tête qui dicte chacune de mes distorsions. Illisible.

Mais je m’égare.

Je me souviens avoir lu quelque part que l’imperfection est normale.

En fait, si quelque chose se déroule de manière parfaite, faut s’inquiéter. C’est qu’il y a une couche supplémentaire de réalité à laquelle on n’a pas fait attention.

21 jours pour conditionner mon cerveau à du meilleur positif. J’ai commencé hier. Je veux renforcer toutes ces résolutions que j’ai fait plus qu’élaborer : je leur ai donné vie. Il faut maintenant consolider. Être droite dans mes chaussures. Ne pas s’arrêter au fait que ça m’ait pris (si l’on englobe tous les échecs et les tentatives absurdes) plus de dix ans.

Ne plus attendre qu’on vienne me sauver. Je peux me sauver moi toute seule. La vie, ce n’est pas se languir de quelque chose ou de quelqu’un.