Effeuille mes rêves

Foutu(e)

Mais comment j’ai pu me mettre dans une situation pareille alors que je bosse sur ce mémoire depuis septembre ?  ?  !

Pas d’information, sur rien, des directives qui changent, un flou de départ dans mes ambitions, un flou de toute façon indéniable et permanent dans ma tête, des promesses de partage de ressources qui n’ont jamais été tenues, un surinvestissement inutile dans mon dernier examen, une perte énergétique considérable dans tous ces domaines de ma vie que je tente de recoller…
Bon, ok. Je les vois les raisons. Et encore, y’en aurait d’autres.

Mais je ne me plains pas. Il y a tellement pire dans le monde.
En fait, je m’en veux, même, d’écrire à ce sujet. J’ai envie de me jeter par la fenêtre (les pulsions suicidaires sont revenues en masse depuis trois jours). J’ai dit que je resterai la tête haute et que je continuerai sur le principe du : "Quoi qu’il se passe, tout s’est toujours arrangé alors tout va continuer à s’arranger". Or je me dégonfle. Comme d’habitude.

C’est vraiment vraiment VRAIMENT difficile. Éprouvant.

Je n’ai que trente jours pour le terminer… Si ce n’était qu’une question de rédaction, je ne m’inquiéterais pas. Mais une partie de mon travail doit être mise en œuvre. Concrètement.
Il faut que je trouve des volontaires et tout. Que j’applique et analyse mes théories. Or ce point qui me perturbait déjà énormément en début d’année - n’ayant pas trouvé de réponses concrètes à ma quête obsédantes de réponses auprès de tous les tuteurs de mémoire que j’ai sollicité - n’a évidemment pas avancé tout seul.
Maintenant, je me retrouve embêtée. Plus qu’embêtée. Embourbée dans jenesaisquoi de médiocrité intellectuelle QUI SE RAJOUTE à ces foutues crises d’angoisses qui reviennent en salve. Tous les jours.

Et les envies de suicide.

J’ai pris rendez-vous en urgence avec la psychiatre demain. Le problème, c’est qu’elle seule peut me sauver de la catastrophe. "Peut" dans le sens "hypothétique", pas dans le sens "a le pouvoir, c’est sûr". Mon sujet de mémoire ayant un rapport avec la raison pour laquelle je la vois depuis un an maintenant, elle seule a des relations suffisamment spécifiques pour me venir en aide.

Est-ce que je la mérite, cette aide, d’abord ?

Si j’ai autant brassé le vent, c’est peut-être que je dois me remettre en cause. Si je travaille depuis le double de temps que se sont investis les autres pour un résultat même pas comparable au tiers de ce qu’ils ont fait… C’est qu’il y a une raison.

Elle seule peut faire éclater le miracle. Mais elle va vouloir parler de ces crises qui reviennent. Ce qui est totalement logique.

Mais ça ne va rien résoudre. Je suis pieds et poings liés dans cette histoire.

Je le sais que c’est moche de se plaindre. Je me déteste pour ça. Ma situation, je ne la dois qu’à moi-même. Et cette douleur morale insondable qui me comprise le cœur et le tire dans mes orteils… Tout le monde vit avec, non ?

Ces gens qui travaillent moins mais réussissent… Arrêtons de me voiler la face. Ils sont plus intelligents.

Cathel vient à l’instant de m’envoyer un texto pour me dire qu’elle s’est faite contrôlée en immersion professionnelle conditions examen. Et qu’on l’avait félicitée. On lui a dit que ce qu’elle a fait était parfait.
Moi, la dernière fois qu’on m’a ne serait-ce que regardée pendant quelques minutes, j’ai réussi à montrer que j’avais la cervelle aussi réactive que celle d’un… J’peux pas finir cette phrase, parce que j’ai aucune comparaison d’animal réellement plus idiot que moi qui me vient.

Toutes mes demandes (suppliques...) d’aide ont été rejetées. Alors va falloir que ça aille. Comme ça, spontanément. Je vais y croire. Je ne laisserai pas le stress me consumer. Que je gagne au moins cette bataille.
Que j’arrive stressée à mort à mon rendu de mémoire ou avec mon sang-froid, de toute façon, quoi que j’aie fait (ou PAS FAIT justement), ça ne changera rien. Au pire j’irai m’ouvrir les veines dans le bureau du directeur. J’dis ça pas qu’en plaisantant. J’vois plus que cette solution puisque je ne peux pas décrire avec des mots cette souffrance brûlante qui incendie chaque parcelle de moi.

Faut que j’agisse comme si je n’étais pas nulle. J’y ai cru, pendant un temps, mais les derniers évènements m’ont montré que je me leurrais.
Faut que je fasse semblant de ne pas avoir un champ de mine en perpétuelle explosion en lieu de neurones actifs.