Effeuille mes rêves

Frustration éternelle

C’est parce que je suis mauvaise que je suis seule.

Idée obsessionnelle. Je vois pas d’autre explication. J’ai envie de pleurer pour avoir la sensation de me vider de ce mal en moi mais rien ne sort. Je suis fatiguée, faut dire. Fatiguée de me triturer les méninges, de supplier le ciel en vain (alors que je sais et qu’on m’a dit dix mille fois que rien n’existe là-haut… mais je suis lâche, que voulez-vous, et dans ma passivité mes illusions persistent). Mes yeux sont visqueux - réellement : y’a un truc pâteux sur mes cils que j’arrive pas à faire partir, qui revient toujours et qui m’agace -, comme mon âme est engluée dans ses vices.

À quoi bon rire, à quoi bon être heureux, à quoi bon vivre, si on n’est pas capable d’aimer ?

Il y a quelque chose de mauvais en moi. Je le sens.
C’est tellement inextricablement lié à ce que je suis que je ne pense pas pouvoir m’en débarrasser un jour. D’où ma condamnation. C’est une façon de penser, une façon d’être toujours sur le qui-vive, apeurée, d’avoir peur de la sexualité… J’essaye de me défaire de tout ça, mais c’est ancré dans mon corps, gravé dans mes vaisseaux…

Il n’y a rien à faire. Je serai célib toute ma vie. Tout le monde aime autour de moi… Ça me tue. Je n’ai même plus la force d’être contente pour eux. Comme quoi y’a vraiment quelque chose de pas rond chez moi.

Au début, je voulais mettre cet écrit en brouillon. Cacher ma honte, mon handicap. Mais à quoi bon là encore.

Je préfère crier sur le net. Je ne peux en parler de vive voix à personne - j’ai déjà éculé le sujet depuis longtemps - alors mes ultimes plaintes, mes gémissements méprisables, je les jette ici.

Peu importe ce qu’on pense de moi à présent. On n’est jamais plus fort qu’un mal de coeur. Cette leçon au moins je l’aurai bien intégrée.