Effeuille mes rêves

Gloire aux créateurs

Ça y est, j’ai replongé dans la drogue.

La drogue des journaux intimes.

J’ai (re)découvert qu’il y a un forum autre que celui attribué à chaque journal. C’est-à-dire un gros-forum-global, où autrefois on pouvait parler de tout. Je dis "autrefois" parce que j’ai vu qu"il était à l’abandon. Ça m’a fendu le cœur.

Quand j’ai débuté ici, j’étais tellement enthousiasmée par le concept de journal intime en ligne que je me suis focalisée sur le mien et ceux des autres.
Et du coup je suis complètement passé à côté de l’aspect communautaire.

Faut dire que même sur le net je suis plutôt timide. Aujourd’hui un peu moins, mais à l’époque beaucoup.

C’est dommage parce que j’ai un peu fouillé pour voir ce que ça donnait en ce temps et ça avait l’air bien sympa.

C’est comme une page dans le livre intitulé "JI" qui s’est tournée. Mais ce livre est à mes yeux trop méconnu. Et oui : ça me chiffonne.

Je me demande où sont les "anciens". Ils avaient l’air bien sympathiques. Le site avait l’air plus dynamique aussi. Ce n’est pas un reproche hein, je ne suis personne pour ça, mais je ne comprends pas ce qui a pu se passer pour que le rythme ralentisse ainsi. Ce site est juste GÉNIAL. Tellement de vie(s) concentrées en lui. Tellement de possibilités. De leçons.

J’ai découvert des centaines de journaux à lire et ça me donne un enthousiasme fou ! Ça me fait tourner la tête !

J’aimerais que l’effervescence revienne.

Je viens de vérifier : on est 7 319 558 406 humains sur terre. Environ 3 milliards a une connexion Internet. TROIS MILLIARDS LES GARS.
3 milliards de vies à portée de clics. Ça me rend folle d’y penser ! 3 milliards d’opinions différentes, de visions différentes.

Je sais parfaitement que 3 milliards de gens ne nous lisent pas. (Nous = les diaristes. Je n’ai pas encore basculé du côté psychose de la force). Ça serait un peu inquiétant d’ailleurs à ce niveau. Le but n’est pas de devenir mégalo ou égocentrique mais de pousser la réflexion au maximum.

Les journaux intimes sont des concepts connus de tous. Alors de là à ce qu’une personne en vienne à taper "journal intime" dans Google, il ne doit y avoir qu’un pas, non ?

Ça doit arriver de temps en temps. Et il n’y a pas énormément de gros sites dans ce genre. Est-ce que pendant tout ce temps où je me suis pris la tête sur le bonheur, quelqu’un me lisait en détenant déjà la réponse ? Et savait que l’écrire serait trop dur mais y pensait pour moi ?

Ok, là ça vire narcissique, désolée. Mais le sujet est en réalité fascinant - quand on écrit publiquement en tout cas !

Si tous les internautes venaient à s’échanger ponctuellement des morceaux de leur vie, anonymes, juste pour se défouler et/ou obtenir un conseil. Ce ne serait pas trop bien ? Mais si !
S’il y a autant d’avis et d’histoires que d’humains, les possibilités seraient quasi infinies ! Bon ok, pas infinies, j’exagère un peu, mais ça ferait un GRAND changement. On pourrait avoir l’opinion de gens qu’on aurait jamais rencontré en vrai et qui nous ouvriraient une autre façon de voir les choses - en fonction de leur personnalité, à prendre en compte, bien sûr.

Bon allez on redescend. Nouveau sujet. Comment décide-t-on d’arrêter son journal en ligne du jour au lendemain ?

Il m’est personnellement arrivé de faire des pauses, mais arrêter vraiment je n’ai pas pu. Même si parfois je flippe en me disant que je mets une partie de ma vie sur Internet.
J’ai déjà supprimé des écrits (les deux premières années de mes péripéties...) et je le regrette. Mais je serais incapable d’abandonner définitivement.

Est-ce que ça ferait une différence cependant ?

Ce que j’essaie de dire, très maladroitement, c’est que ce site est une opportunité formidable.

De fil en aiguille, je me suis retrouvée à lire des journaux qui datent d’en moyenne de 2003 !
L’un d’eux évoquait "Nice People". Je ne regardais pas mais je me souviens vaguement du phénomène que c’était. C’est vraiment étrange de voir des bouts de vie d’une autre époque. Quelque part, c’est un phénomène sociologique. C’est pour ça que je ne comprends pas pourquoi ça ne fait pas plus de bruit.

Pourquoi il n’y a pas de gens qui secrètement (ou pas) étudient ces journaux.
Ou peut-être que c’est trop tôt pour avoir du recul sur 2015, et que ça ne sera que dans le futur que la prochaine génération s’y mettra. J’espère que je n’aurai pas mystérieusement disparu d’ici-là. J’adorerais assister à ce pont entre les deux périodes du temps.

Alors voilà. Je voulais écrire quelque chose pour dire aux créateurs, où qu’ils soient, un grand merci. Que je leur suis extrêmement reconnaissante, même si je je ne suis personne. Même si je n’ai pas l’occasion de leur parler, et je m’en veux un peu de ça, quoi qu’ils fassent, ils m’ont donné un souffle nouveau grâce à leur idée.

Je ne suis même pas sûre de tous les connaître. H. et BohwaZ, sûr, mais peut-être aussi d’autres que je ne connais pas (pardon si c’est le cas !).
C’est fou à quel point, sans le savoir, vous avez changé ma vie. Vous m’avez donné une vie virtuelle, en quelque sorte, comme des géniteurs virtuels. C’est probablement dit de manière balourde mais c’est un mini-hommage que je voulais faire.

Il faut que j’aille me faire à manger si je ne veux pas être en retard au stage. Tant mieux qu’il soit là, quelque part, sinon je me serais perdue dans mes divagations diaristes et je serais restée toute la journée à lire le plus de journaux possibles.

Je me sens un peu idiote d’avoir écrit tout ça, mais… eh bien, c’est vraiment fascinant en fait. Les journaux et le site, pas ce que j’écris, je veux dire.