Effeuille mes rêves

Grenade

Ma tête va exploser.

"Comment ça se fait qu’à 21 ans tu ne saches toujours pas ce qui te plaît dans la vie ?", "Pourquoi tu ne souris plus tout le temps comme avant ?", "À quoi ça sert de t’accrocher à des chimères ? Surtout quand tu SAIS que ce ne sont QUE des fantômes d’ombres ne promettant aucun avenir ?", "Tu comptes faire comment pour tracer ton bonhomme de chemin alors que tu ne te connais pas et que tu ne sais même pas si tu as un talent ?", "Pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à aimer ce que tu veux aimer ?", "Elle est où ta place, looseuse ?", "Pourquoi faut-il que tu gâtes tout ce que tu touches ?", "T’attends quoi pour prendre ta vie en main, mollusque ? Ne pas savoir quoi faire pour commencer n’est pas une excuse !", "Pourquoi tu n’arrives pas à te motiver pour étudier ????????????????", "Pourquoi faut-il que tu sois différente ? Tu es d’une banalité affligeante mais tu réussis l’exploit d’être une nullité totale, ce qui n’est pas le cas des autres, c’est là ta seule distinction !", "Pourquoi tu peux pas t’arrêter de penser ?"

...

J’ai l’impression d’avoir une grenade dans le crâne qui roule puis explose puis est suivie d’une autre et d’une autre et d’une autre… C’est insupportable… Je suis tout ce que je déteste. Je me déteste tant. Et tout ce que je fais pour changer ne parvient pas à modifier cette vérité si essentielle qui pourrit là-dedans : ma haine envers moi-même.
Tout est noir, tout est méprisable. Je suis en prison à l’intérieur de ce corps qui me dégoûte et de cette personnalité qui me révulse encore plus.

Le plus ironique c’est que je ne peux escompter sur le soutien de personne car ça ne se voit pas que j’essaie de changer.
Non. Je n’arrive pas à décrire l’effort, juste le ressenti. Je fais des exos de sophrologie, je m’occupe l’esprit pour ne plus focaliser, je reprends soigneusement la moindre de mes pensées pour corriger leurs mauvais fonctionnements, je cherche encore et toujours des réponses et des solutions - par des méthodes plus ou moins sensées, certes, mais je cherche sans relâche - ET POURTANT chaque jour apporte son nouveau lot de souffrance mentale, de pathétisme, de vide absolu dans mon coeur…

Pourquoi est-ce que je ne suis plus capable d’aimer ? D’aimer la vie ? D’aimer les gens au point de vouloir les aider ? D’aimer mes études ? D’aimer…

Je me tuerais si ça ne foutrait pas le bazar dans les vies de ma famille. Si je ne savais pas que ça ferait partir ma mère et probablement mon frère en dépression assurée. Si ça ne bousillerait pas le bonheur de mon père. Je me tuerais sans hésiter.

Mais je n’ai pas le droit de mourir. Je n’ai même pas cette dernière liberté. Je DOIS souffrir, donc. Quelle autre conclusion je peux en déduire ? ? Tous mes appels à l’aide restent vains, toutes mes actions échouent lamentablement. Je ne peux pas lutter contre mon mental… Et dire que je pensais pouvoir m’en sortir. Je déteste cette personne que je suis devenue. Si sombre, si mal dans sa peau… Je l’abhorre de tout mon être. Ça n’a pourtant pas l’air sorcier, en écoutant ce que disent les gens, de trouver la lumière, alors POURQUOI je n’y parviens pas ???
La seule explication qui s’impose, vous l’aurez deviné, c’est que je suis mauvaise. Je ne sais pas ce que j’ai fait de mal dans ma vie - j’ai toujours TOUT fait pour faire le bien dans ma vie - mais c’est la seule réponse que j’aie.

Je suis hébétée. Plus j’écris et plus je me vomis. J’ai osé croire en Dieu, à un moment, croire en un ange qui me protègerait, voire même à une marraine-fée qui tiendrait à moi. Mais rien de tout cela n’existe. Ce ne sont que des conneries. Et si je ne peux pas m’aider et qu’il n’y a aucune intervention divine qui puisse le faire également… ça veut dire que je suis condamnée.
J’en peux plus de me battre. Un pas en avant pour trois pas en arrière, vous trouvez que c’est une vie ça ?? ? Bon sang, je sais même pas à qui je m’adresse ! J’ai honte d’être un tel monstre. On les abat, les monstres, normalement. Mais je n’ai même pas droit à cette délivrance.

La nature seule ne peut pas être aussi cruelle. Il doit y avoir quelqu’un, Là-Haut, qui existe bel et bien et qui nous regarde.

Mais ça doit être un sacré salopard.