Effeuille mes rêves

Grpblmp

J’ai décidé de me remettre en forme pendant l’été.

Cette bonne blague.

J’ai à peine marché une heure et quart et fait deux ridicules séries de trois sur les bras et les adducteurs que j’en ai marre. Je ne suis pas épuisée, non, mais je sais déjà que je tiendrai pas. Je m’en veux trop.

C’est juste plus fort que moi : le sport, je-n’y-arrive-pas. Et ça me dégoûte. J’entends dans ma tête toutes les voix de tous les gens qui m’ont à un moment donné dit : "Bah si tu te trouves trop grosse, fais du sport, c’est facile, sinon… bah c’est bien fait pour toi". Je les compte même plus tellement y’en a eu.

Je dis pas que je jette l’éponge tout de suite, je vais continuer, seulement je ne me fais pas d’illusion : ça ne va pas durer. Je déteste trop ça.

J’ai préféré marcher au lieu de courir parce que courir je faisais un blocage et je sentais que ça me menait nulle part. Ça ne me faisait aucun bien.
Mais même en simplifiant au mieux les choses visiblement je ne tiens pas. Je ne suis qu’une grosse limace.

Je m’en veux à moi, mais j’en veux aussi à la Terre entière qui fustige toute femme qui a quelques kilos en trop. Ça m’éneeeeeeeeerve. Ça m’énerve de me sentir jugée en cours quand je travaille avec des gens qui ont une silhouette parfaite. Ça m’énerve d’entendre les voix dans ma tête me hurler des horreurs, me hurler que je suis une horreur, et que je ferais mieux de me jeter d’un pont plutôt que d’imposer aux autres ma gélatine.

Surtout qu’en contrepartie, je mets un point d’honneur à ne jamais juger personne. Bon, ok, je suis humaine, parfois ça sort sans que je fasse gaffe (jamais sur le physique cependant, plus sur les attitudes mentales, je suis vachement exigeante face aux gens qui se moquent sans rien savoir, face aux gens qui semblent tout faire pour agir stupidement, je travaille là-dessus), mais ce que je veux dire c’est que je trouve tout le monde beau. Sérieux, j’ai fait une expérience l’autre fois, je devais regarder tous ceux que je croisais attentivement et trouver quelque chose qui les rende beaux ; et non seulement j’ai réussi à chaque fois mais en plus je n’avais pas besoin de me forcer.

Et contrairement à ce qu’on croit, le poids n’est pas un critère de beauté.

ET POURTANT, malgré tout ça, je ne parviens pas à appliquer la règle pour moi. La règle du quand on s’aime, on est magnifique.

Bourrage de crâne.

Pour l’alimentation, je ne dis rien pour le moment parce que j’ai mis la barre moins haut, en fait.

Je vais faire attention, oui, mais je ne vais pas me priver. Quand j’aurai vraiment envie de quelque chose, bah je me laisserai aller et je ferai gaffe la fois d’après. Et puis vu que je suis retournée chez mes parents et que mes talents culinaires condamnent virulemment l’accès interdit aux cuisines, bah ça aide.

Mais en théorie, si je me remettais au sport correctement, je ne devrais avoir aucun problème. C’est là que le bât blesse.