Effeuille mes rêves

Happée

J’ai envie de tout envoyer balader ! !

J’ai l’impression d’être diiiiiiiiiiingue, sérieux. Complètement frappée. Je bugue sur des idées… Complètement folle. Je reste crispée sur mes vœux et pire encore j’en viens à me forcer à les voir dans la réalité. A voir des choses qui n’existent pas. A me faire des films, si on veut, mais à y croire si fort ensuite que c’est comme si ma tête allait exploser.

Cathel a - par une affirmation - écorché un de ces vœux. Elle m’a dit que la réalité était tout le contraire de ce que je voulais/croyais. Ça m’a fait mal sur le coup, mais une douleur monstrueuse... ! Atroce. Depuis ce moment, je m’accroche à mon idée farouchement, je refuse de la laisser s’en aller. Je refuse de la laisser me laisser seule avec… tout ce bazar dans ma tête. Je suis perdue sans elle ; alors que c’est probablement un gros mensonge. Un mensonge dangereux, en plus, qui m’aveugle.

J’ai réfléchi un peu, et j’ai compris que Cathel ne pouvait pas savoir si cette déclaration était en vérité juste ou fausse. En toute objectivité : elle ne peut pas le savoir, pas plus que moi. Elle a fait ce qu’elle fait souvent : elle a balancé un truc comme ça sans faire attention à l’impact que ça pourrait avoir sur moi. Je ne lui en veux pas, c’est juste qu’elle ne peut pas savoir.

Bon, malgré tout, les probabilités abondent plutôt dans son sens. C’est vrai. Ça, je ne le nie pas. Mais la vie peut s’avérer bien plus surprenante que ça.

Me rend dingue. Mais j’ai trop honte d’écrire l’idée en question. J’ai trop honte de parler de ça, parce que je sais que si je ne me contrôlais pas un minimum, j’en parlerais encore et encore et encore et toujours. Et je me suis jurée de ne jamais devenir ce genre de personne.

Malheureusement, j’ai peur que ce soit ce que je suis. Et je m’en VEUX TROP TROP TROP.

C’est bien fait pour ma gueule, d’un côté. Quand je voyais des gens parler de ce genre de choses, toujours en boucle, et d’une manière toujours aussi… "niaise" (c’est pas le bon mot mais le seul qui me vient à l’esprit, je le voudrais moins péjoratif mais bon), j’étais agacée. Agacée qu’on puisse perdre sa raison et pratiquement sa dignité à s’abaisser à de telles choses.

Mais j’ai dépassé toutes les limites de la dignité, alors que ces filles en question pas du tout.

J’ai l’impression d’être à des années-lumières de la réalité. D’être dans un autre univers. Un univers froid et isolé de tout. Un univers presque méchant. Alors que j’ai conscience de n’être confrontée qu’à une certaine partie de moi-même, une partie profondément enfouie.

Une partie tellement enfouie profond qu’elle m’a happée en elle. Et qu’elle ne veut pas me laisser partir. C’est fou, non ? Ça, je le sens très très nettement. Je peux le voir même. Voir la scène sous mes yeux. Une scène colorée, vive, qui me fait mal aux yeux. J’ai mal aux yeux. Je voudrais juste les fermer et laisser le temps se couler en moi, laisser le temps arranger les choses…

Mais non. Non, le temps n’est pas mon ami. Le temps est mon tortionnaire. Celui qui me maintenant dans cette folie. Ce non-sens de bouillasse de sentiments et de pensées anarchiques. Ce maelstrom écœurant de mots qui ne veulent rien dire parce qu’ils ne sont qu’ébauches encore. Je n’ai pas les mots pour frapper mes dysfonctions mentales. C’est pourquoi je ne peux les faire sortir.

C’est pourquoi je deviens dingue. A petit feu, ma raison meurt.

Je ne peux pas compter sur mon psychiatre. Je viens d’appeler, il n’est pas là. Je ne peux compter que sur moi. Parce que mes mots ne touchent pas les autres, et même si j’arrivais à leur parler je ne serais à leur yeux qu’une étrangère avec de drôles de pensées dans la tête. Une originale peut-être. Peut-être moins que ça. Je ne dis pas qu’ils s’en foutent, mais mes mots ne sont que des vibrations projetées dans l’air. Ils ne peuvent pas sentir l’impact qu’ils ont en moi, comment ils me brûlent de l’intérieur, à quel point je suis un écho de leur vie - hé ho, j’existe très très très fort en face de toi, mon gars, et tu oublieras sûrement la souffrance dont je t’ai parlé d’ici une heure mais moi je vais rentrer avec, manger avec, dormir avec. C’est tout un enfer que je porte en moi. Et tu n’en as aucune idée.

Aucune idée de rien, aucune idée du grand tout. J’envie tellement ceux qui vont bien, ceux qui n’ont même pas une petite idée de ce que c’est… à l’intérieur.
Je suis écrasée.