Effeuille mes rêves

Hue !

Le corps et l’esprit sont indéniablement liés.

Mais le premier est un contremaître à la main bien lourde. On le subit, me semble-t-il, avant d’en jouir.

Cette incertitude d'être humain ! Quel délire !
L’incertitude d’évoluer dans ce monde réel ; avec une conscience plus ou moins développée selon comment la nature (et ses évènements aléatoires) auront décider de nous façonner… Wow. Que tu lances le dé à 13h06min24sec ou 13h06min25sec : toute ta vie peut s’en trouver transformée. Alors que tu utilises la même main, le même état d’esprit, les mêmes souffle et battement de cœur.

Mais est-ce que l’entité qui en a eu la lubie est seulement suffisamment plus consciente encore pour avoir conscience de l’état des lieux qu’elle a produit ?

J’y pense constamment ces derniers jours.

Pas à l’entité, je veux dire. J’avais une fois évoqué le souhait de trouver une phrase magique capable d’aborder n’importe qui en quelques mots. Ça se précise. Faut juste surtout pas parler de cette histoire d’entité - y’en a que ça rend fou. C’est un peu idiot (traduire : je me sens TRÈS stupide) de le confier ici car c’est un secret qui a germé dans mon âme pendant des mois et qui fait partie des rares idées que j’ai eu par moi-même. Ou pas, en fait, pour ce que j’en sais : n’importe qui peut avoir eu cette idée déjà et l’avoir exploitée sans que le monde (le mien encore moins) le sache. Quoi qu’il en soit je l’offre comme j’offre une très grande part de ma vie, comme ça, sur Internet. N’importe qui, n’importe quelle circonstance, peut s’en emparer et s’en servir pour me briser. Moi qui dans la Réalité fais des diagrammes et des schémas de probabilité pour tout et n’importe quoi.

Bref. La rétention de secrets est inutile. Cette âme pour laquelle je lutte, je l’ai déjà vendue depuis plusieurs années.Je suis contente qu’on ait mis ça au point, Aloha, tu ne trouves pas ? Oh mais si ! C’est un savoureux essai. Un peu comme celui de se parler à soi-même en direct, hein ? Oui. Oui. ... On arrête ?

Il y a beaucoup de détails que je n’aime pas dans ce journal. Certains de ces "écarts" en font partie. Mais je me force à tout laisser. Je veux être à tout instant capable de voir, de décrire, ce que je n’aime pas chez moi. Pour ne pas oublier. Ne pas oublier de m’aimer malgré tout.

Sinon, on n’avancera à rien.

Eeeet qui c’est qui s’est pris un malus pour avoir encore divagué ??? !

Je disais quoi ? Ah, oui. Qui peut jurer qu’il ne sera JAMAIS malade de toute sa vie ?

Qui - et cela vaut pour n’importe quel domaine/question de la vie ? Qui peut être vraiment tranquille - et c’est l’un des trucs incommensurables qui me donnent le vertige+nausée à l’idée d'être humain ?

Chaque jour qui passe, être écrasé de la conscience de cela.

Existe-t-il quelqu’un qui toute sa vie échappe à toute entorse, fracture, gastro ou infection grave ? En dehors des petits rhumes qui fabriquent notre immunité je veux dire. Qu’on parle d’une bronchite bien classique à une éruption de zona ou à un ulcère. Est-ce possible ? Statistiquement, ça donne quoi ? (Je suis trop nulle pour les statistiques, heureusement sinon avec mes angoisses je passerais ma vie à en faire). Les processus physiologiques ont été décrit. Notre corps obéit aux mêmes lois que tous. Alors ; malade ? Voire pire, bien sûr. Ça n’arrive pas qu’aux autres. Elle est con, cette phrase, hein ? Admettons que je ne sois pas l’auteure mais la lectrice. Je la lis, je la crois, mais je ne suis pas à la place de celle qui écrit. Donc rien de tout ça ne m’est arrivé, à moi. C’est une espèce de fiction. Du coup, si consciemment je la sais logique et irréfutable, inconsciemment je la mets de côté. Et heureusement, parce que sinon mes peurs me donneraient la Chasse Sauvage. Toujours là. Dominantes. Assassines.

Mais ce n’est pas le cas.

Donc on reprend.

Le corps agit sur l’esprit et vice-versa. Mais le corps… Bien sûr, il nous réserve des plaisirs merveilleux au quotidien (boire quand on a soif, le vent sur son visage, embrasser un être aimé, etc etc).
Mais à côté de ça, il nous impose tout. La génétique, pour commencer. On naît avec des gênes fixes, que l’environnement déclenche ou pas, ce qui fait qu’on est tous différents, certes ; mais enfin techniquement un naît avec un pool de gênes qu’on ne peut pas échanger. De même : les connexions cérébrales que l’on s’est créé pendant l’enfance et l’adolescence conditionnent tout ce qui suit !! ! (J’ai appris que ces connexions peuvent changer tout au long de la vie, ce qui est rassurant. Mais bon, ça aussi, faut le savoir. Et faire attention et savoir se servir de l’information, après). Donc également : l’accès à l’éducation. La culture et la force en tenaille qu’elle applique sur nous et notre famille. Et notre milieu de vie. L’époque. La chance, aussi, parfois. Les opportunités. Le hasard, tout simplement. Et la façon dont la vie nous a appris/modelé à réagir à ces différents paramètres.

Rien n’est figé et l’on peut tous changer et s’améliorer. Mes dernière "recherches" et auto-expériences m’en convainquent.

Mais bon, c’est galère, c’est assez mal organisé et surtout c’est injuste parce que tout le monde ne le sait pas forcément.

Et même si je trouvais la phrase parfaite pour le faire comprendre à n’importe qui… D’autres éléments viendraient entraver la communication encore.

C’est dingue cette histoire. On peut tout changer. C’est vrai. Toutes ces phrases simplettes mais sécurisantes que je lisais que les blogs d’ado quand j’en étais moi-même une : elles sont vraies. Dégoulinantes de niaiserie, mais toutes vraies.

Cependant… Ah oui, cependant ce n’est pas pour autant qu’on a l’occasion de les comprendre et de s’en servir.

Trop bizarre. Trop, trop, trop : bizarre.

Ainsi l’esprit agit aussi sur le corps. En décidant de faire cet effort systématiquement, on peut petit à petit changer une habitude. Puis des habitudes. Puis changer de façon de penser, d’avis, changer nos comportements, notre vie. Même en modifiant de légers détails.
Mais c’est un travail sans manifestation immédiate. Qui prend des années parfois. Et demande une persévérance toujours renouvelée. Une espèce de folie, en soi.

Pourtant c’est réel. Nos neurones se sont reliés de façon à ce qu’on ait à un instant T une certaine façon de penser, mais l’esprit a toujours le dernier mot. Malgré la difficulté de la chose (car nous sommes incarnés dans ce corps qui contrôle 99% de ce dont on a conscience), cela est indéniable. Car c’est ce 1% restant qui décide vraiment de notre destin.