Effeuille mes rêves

Huit heures de plus (ou de moins)

Ouh là là ! Le fond d’écran avec les cœurs… ça y est, ça pique les yeux. Donc on va rectifier ça tout de suite, hein ! Des trèfles ? Oui pourquoi pas. Trèèèès temporaire là encore.

Bon ben voilà, je suis rentrée ! Et… ben… Et ben je suis bien embêtée pour parler de ces quinze derniers jours.

Pour commencer, je suis super contente d’être rentrée. En plus je ne sens même pas l’effet du décalage horaire pour l’instant, c’est top ! Concrètement, une nuit de ma vie a disparu. Mais je ne suis pas fatiguée. Et ce : malgré les cachets - ce qui est juste fou !

Bon, j’élude le compte-rendu, là, ok. Le truc, c’est que je n’ai pas envie de paraître ingrate. Mon père a fait un énorme effort pour nous emmener là-bas. Et on a fait des trucs vraiment intéressants et sympas ! J’ai plusieurs bons souvenirs en tête et si c’était à refaire… je le referais.

Mais pas avec un enthousiasme débordant, cependant.

Ah, oui, je sais que ça CRAINT ! On m’emmène en voyage. Un beau voyage, en plus, avec un circuit tout bien préparé à l’avance, sans mauvaise surprise, tout bien protégée pour pas que les pensées déprimantes ne me fusillent sur place…

Mais il faut que la vérité éclate :

    Vivre deux semaines avec les deux bourrins qui me servent de père et de frère, non stop… Ugh. Oh bon sang. Que c’était dur. Aaaaah oui, ça l’était !

Et franchement, ça m’a ouvert les yeux ! Je me souviens des premières séances avec ma psychologue et mon psychiatre. Tous deux m’avaient (logiquement) demandé de parler de ma famille. J’avais répondu spontanément qu’elle était parfaite, et je ne me suis même pas posé de questions quand ils avaient tous les deux ri en disant que les familles parfaites n’existaient pas.

Ils z’avaient GRAVE raison en fait !

Oh, rien de grave. Mon père et mon frère sont des gars biens. Carrés, très têtus, et bourrus, certes, mais ils sont avant tous extrêmement gentils dans le fond. Donc je ne me plains pas.
Non, je fais seulement allusion à ces petites manies, ces petites obsessions, aux tics et aux petits défauts propres à chacun. Les petits riens qui sont de discrètes répétitions mais qui usent à force. Quand c’est du 24h/24.

Pour ça que j’aime pas les voyages, probablement. Mes maigres expériences se sont toujours faites en famille, sauf trois fois où j’étais très très mal niveau maladif. J’aime toujours autant ma famille mais… y’a un moment où on se rend compte de ses limites, je crois. J’ai observé ça dans pas mal de journaux d’autres diaristes, également. Des étudiants comme moi qui avaient du mal à retourner chez leurs parents, parce qu’il est impossible d’y revenir "comme avant". Avant, quand on était pas encore adulte. Il se sent vachement bien, ce changement, je trouve, avec le recul. La frontière entre ado et jeune adulte - ou jeune adulte et adulte vrai ? Bref, je pars encore dans des idioties… J’AI SENTI UN TRUC. VOILÀ. (Tu parles d’un scoop, haha !).

Je reviendrai un peu plus sur mon séjour plus tard, mais je n’ai pas trop envie d’en parler en fait. Mais je n’ai pas pas aimé, hein ! J’ai… j’ai pas adoré dans le sens où ça n’était pas le trip de ma vie, c’est sûr, j’attends toujours… toujours plus de ce genre d’expériences dont touuuuut le monde me raconte tellement de merveilles… j’ai pas encore eu de voyage qui m’ait vraiment bouleversée, quoi.

(Après les voyages dans les parcs d’attraction. ÉVIDEMMENT).

Bon et y’a eu mon anniversaire, dans le tas, et la journée a été horrible. J’ai jamais aimé mes anniversaires, j’y suis toujours mal à l’aise, mais là je crois que j’ai franchi un seuil : je les déteste. Pas à cause des faits, de ce qu’il se passe dans la journée. C’est plus une histoire… de ressenti récurrent. Chaque année, le même qui me hante, quel que soit l’état d’esprit dans lequel j’aborde cette nouvelle année.
Je me fiche de recevoir des cadeaux (je les apprécie quand y’en a, hein, je suis pas insensible non plus, mais je veux dire que je ne me vexe pas s’il n’y en a pas), pareil pour les souhaits d’anniversaire (je les souhaite aux autres avec beaucoup d’entrain mais avec les miens je bloque), et je n’attends plus depuis longtemps ma-lettre-de-Poudlard-qui-ne-sera-arrivée-qu’avec-douze-ans-de-retard.
Mais… c’est peut-être un sentiment… comment dire ? D’espérance. De l’espérance malgré tout ce que je n’attends pas. (De quoiiii ? Euh...). Alors disons un sentiment… de bien-être, ou de tranquillité d’esprit, juste pendant une petite journée, j’aimerais bien lâcher prise. Je n’y arrive jamais totalement. Et ce jour-là… eh bien, j’espère pouvoir y goûter, à ce truc bizarre qui relâche les tensions, qui fait que les gens se sentent vivants. C’est le seul truc que j’espère. Le reste, je m’adapte.

Oh là, mais oui, y’a encore un truc bizarre qui est remonté pendant cette période. Une colère… puissante, dévastatrice, et… dont je méconnais totalement l’origine. Je ne comprends pas d’où elle sort. Du tout.
Du coup, je ne sais pas quoi en faire. Elle cogne vachement fort, et pour des raison pas toujours claires. J’ai des réactions que je ne comprends pas, que je ne CONTRÔLE pas. Alors, je devrais... ?  ?  ? ... Faire quoi... ?

Bon, je reviendrai sur tout ça plus tard. J’ai des tonnes de trucs à faire avant le mois d’août ! Mon père m’a dit qu’il avait l’impression d’être complètement déphasé, comme s’il ne savait plus depuis combien de temps il était parti. Moi j’ai l’impression d’avoir fait une petite pause de trois jours à peine dans ma vie. Me suis reglissée dans ma propre peau avec une aisance étonnante. Comme si je revenais sur un chantier que j’avais commencé il y a peu et que j’avais hâte de poursuivre.

EDIT : Je viens de me relire. J’ai menti. Il est ÉVIDENT que ma lettre pour Poudlard a un tout petit peu de retard mais qu’elle existe bel et bien. Qu’elle est en transit, là dehors, elle va bientôt arriver. C’t’un p’tit contretemps de douze ans, c’est pas grave, ça arrive touuuut le temps !
Ce que je voulais en fait dire dans ma phrase c’est que je n’attends pas de miracle aseptisé, sans signification, qui me tomberait dessus parce que "ouais aujourd’hui c’est le jour où je me définis par un nouveau chiffre et puis c’est tout". Enfin je ne sais pas comment formuler ça, mais peu importe et quoi qu’il en soit : laissons mon admission incontestée dans ma future école hors de ces détails.
(Je dis Poudlard mais je suis ouverte à Beauxbâtons, hein, bien évidemment au cas où un sorcier sachant surfer sans ses charmes passe par là… coucouuuu !).