Effeuille mes rêves

Huit siècles de redoublement

Il n’existe pas de temps idéal. Je suis foooooooooooolle je n’ai toujours pas compris la leçon ; depuis le temps !
Je me donnerais des baffes parfois. Une par jour minimum.
Au lieu de ça, je vais ranger mes mains parallèles à mon clavier et je vais écrire. Ça ne servira probablement à rien. Mais. Juste mais. Pas les capacités de finir la phrase.

Donc.

Résumons.

Dernière année d’études difficile, je ne vais pas revenir là-dessus. J’ai donc, logiquement, attendu l’été comme on attend pfff je ne trouve même pas de comparaison tant je n’ai jamais rien attendu avec autant de feu ! C’était le seul objectif qui me maintenant debout.
Je m’étais dit que :

    Rester à un endroit fixe,

    Rester dans un environnement que je contrôle, où je peux filtrer ce (et qui) rentre,

    Avoir un planning qui respecte et organise mes objectifs de vie très précisément,

Ne pouvait me faire que du bien et qu’à partir de là le bonheur coulerait de source.

Non, ma fille. ENCORE UNE FOIS Rappelle-toi. La vie ne fonctionne pas comme ça.
Y’a bien un moment où on va l’intégrer, hein ?
Son petit moment de bonheur, on doit le créer. Et non l’attendre. Ou alors l’attendre dans le sens "je m’occupe pour le jour venu, celui où je serai prête ; mais SI je ne me prépare pas à chaque instant dans le présent, je ne serai pas prête dans CE futur". Et non attendre dans le sens : "Bon allez aujourd’hui c’est une mauvaise journée, mais y’en aura forcément une meilleure qui va suivre, hein !". N. O. N. La vie ne se statistique pas. Si ça se trouve, y’aura sur cent jours quatre-vingt huit journées affreuses et douze de bien. C’est équilibré ? Non. Tu veux faire une réclamation à qui du coup ? Bah... ?

Bah ouais : à personne !

Quelles que soient les circonstances, bonnes ou mauvaises, si tu laisses filer la journée elle filera. Si tu décides de faire au moins quelque chose pour la rendre savoureuse, il n’y a que toi qui le sera. Mais ce sera aussi le cas si tu ne fais rien et reportes ce plaisir à demain.

Même si on t’apporte une note du futur qui dit : "Aujourd’hui, profite vraiment bien parce que je fais le récapitulatif de notre vie là et c’est clairement aujourd’hui, avec tout ce qui va se passer de bien et pour le long-terme, qui a été mon jour (donc le nôtre) préféré de la vie !". Au-delà du fait que remonter le temps - même pour un tout petit mot comme ça - suffirait à changer probablement tout le reste, ce n’est pas une date qui apporte le bonheur.

C’est moi, dans l’instant présent, qui suis le bonheur. Je l’incarne. Tu l’incarnes. Il l’incarne. Elle l’incarne. On l’incarne. Nous l’incarnons. Vous l’incarnez. Ils l’incarnent.

Ah.

Ça a l’air tellement évident dit comme ça ! Ouuuh, que ça m’énerve. À quel moment ai-je déraillé ? Je ne sais pas et ça n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est que je me rattrape dès que je m’en aperçois. Même si ça prend une éternité. Même si ça fait dix ans que je revis la même leçon, C’EST PAS GRAVE.

Bien nénervée la ptite pour quelque chose qui n’est pas grave. Allez, on se reprend !

J’intègre la leçon cette fois. J’intègre la leçon. Il n’y a pas de moment parfait dans la vie. Même si j’ai TOUT mis en œuvre pour que cet été le soit, il est donc PARFAITEMENT NORMAL que plusieurs trucs aillent complètement de travers.
La famille par exemple, ça commence à devenir compliqué. Rien de grave, je maintiens qu’ils sont une chance inouïe. Mais je crois qu’on est tous à un carrefour de notre vie. On est tous en train de changer : mes grands-parents vieillissent (mentalement, je veux dire, ils écoutent moins, radotent plus et leurs idées deviennent plus rigides), ma mère prend un tournant professionnel absolument inattendu (elle est détachée officiellement de la boîte qui l’a poussée à bout), mon frère va partir à l’étranger trois mois et mon père… Oh, ne parlons pas de mon père. Rien de grave, promis juré, il ne s’est en fait rien passé de nouveau. Il a déjà eu son tournant en un sens. J’ai juste littéralement pas envie de continuer à me prendre la tête là-dessus.

J’ai envie de partir. Journal intime donc secret : j’avais repéré une ville. Sympa. Dans le nord. Avec genre plus d’une dizaine de librairies. Ça me faisait rêver… Non, pas pour être libraire, mais pour y vivre simplement. Trouver du boulot là-bas.

Mais bon. Très proche de Sonny, déjà, et pour quelqu’un qui veut s’éloigner ce n’est donc pas logique. Même si je sais qu’elle respectera mes barrières (j’espère je crois qu’elle comprendrait que je suis une solitaire et que je ne vais pas venir manger avec son mari tous les dimanches ; mais rien que de me poser la question m’angoisse).

OK. J’ai perdu le contrôle de l’intégralité de cet écrit. Ouf. Ça fait à la fois du mal et du bien.

Tout ça pour dire que non la vie n’est pas facile. Pas plus maintenant que je suis jeune que quand j’approcherai de la centaine d’année.

Ça n’est facile à aucun moment. Mais la facilité n’est pas un paramètre de bonheur. ET TU VAS TE RENTRER ÇA DANS LE CRÂNE MAINTENANT S’IL TE PLAÎT JE NE VAIS PAS ME RÉPÉTER PENDANT HUIT SIÈCLES.

Ok, zen, cool, calme. Je vais ranger les livres que je suis allée kidnapper chez mon père. Ça me calme toujours. Ça me rend euphorique même.