Effeuille mes rêves

Hypersensible

Je sais jamais si j’en fais assez ou pas.

C’est assez handicapant.
J’aimerais avoir des réponses claires et définitives dans ma tête. Pas un éclair de génie une fois de temps en temps, qui est remis en cause après une simple nuit de sommeil.

Si quelqu’un, étudiant ou pas, a des conseils sur l’ajustement du temps de travail et de sa qualité, je suis preneuse.

Le truc, c’est que je fais des efforts pour pas stresser et tout.
Le bouquin de PNL que je viens de retrouver m’aide bien d’ailleurs. Mis à part ça : je fais des bons plannings par exemple. Corrects quand on les lit.
Mais bon, je ne suis pas capable de bûcher 10 heures comme une machine non plus ! Je travaille régulièrement et je m’applique à faire de mon mieux mais j’ai besoin de respirer aussi… c’est normal ou pas ?

J’veux dire qu’aujourd’hui, j’ai fait trois heures à peu près. C’est… huh. C’est vraiment pas énorme dit comme ça. Mais j’ai fait de mon mieux pendant ces trois heures, j’ai fini ce que je m’étais dit que je ferai, et puis maintenant j’en ai marre.
J’étais pas concentrée non stop en plus, j’avoue. Mais c’est tout ce que je peux donner. Ça sort du fond de moi et ça s’est arrêté au bout de trois heures où j’ai terminé mon cours et je n’en pouvais plus.
J’ai envie de pleurer. C’est pas terrible mais c’est ça, mon mieux. C’est tout ce que j’ai à donner…

Je suis fatiguée maintenant. Je vais aller buller. J’en ai besoin.
Mais j’ai l’impression que c’est un crime, c’est affreux. Je sais qu’après ça, je ne serai plus capable de rien.

Quand je suis à la maison, les choses sont simples en fait. J’ai confiance. Je sais que j’ai raison de faire comme je fais - sérieux mais sans me flageller - je suis alors sûre de moi.
Coupée du reste du monde je ne stresse pas, je me pose, je fais ce que j’ai à faire, j’apprends à mon rythme, et puis voilà. Comme si les choses pouvaient se faire naturellement. C’est le bonheur de bosser sans s’épuiser.

Mais dès que je commence à parler révisions avec quelqu’un de la promo… c’est la cata.
Même quand je parle pas d’ailleurs.
Là, je viens d’apprendre que la fac vient de nous planifier un exam très très lourd dans deux semaines alors qu’on en prépare actuellement un de très important et surtout que deux autres très très très importants et difficiles sont déjà prévus pour dans pas longtemps . J’espère qu’ils vont le déplacer parce que c’est pas possible. C’est limite du foutage de gueule.

Je bosse vraiment de mon maximum. J’ai passé mon week-end à bosser. Mais je sais pas comment je me débrouille : sur le clavier, quand j’écris, je dis que j’ai fait trois ou quatre heures par jour. Mais dans ma tête, j’ai pas arrêté pourtant.
Drôle de paradoxe.

Mais bref, ce que je voulais surtout dire, c’est que voilà : les autres se sont montés la tête sur Facebook et ils commencent tous à paniquer comme des malades (et ils ont raison) et du coup moi ça me contamine.
C’est pas la première fois que j’observe ça. Ivy, ma cop… (nan) connaissance dépressive, par exemple : ben quand je lui parle et qu’elle est dans une phase pas bien, même si moi je pète le feu, je vais fatalement finir par ressentir ce qu’elle ressent. Ça me l’a fait avec Vaea aussi. Elle stressait à mort pour un examen et d’un coup toute la tranquille assurance que je m’étais durement bâtie s’est effondrée. Alors que je ne le passais même pas, moi, ce fichu examen.

J’en ai parlé avec ma mère, et elle a dit que je suis hypersensible.
Que je l’ai toujours été, et que ça expliquait cette façon que j’ai de penser en me mettant en retrait. En regardant les choses avec trop de recul, ce qui fait que je ne suis jamais à 100% dans la vraie vie. Ça expliquait aussi mon comportement à la maternelle. Rien de bizarre ou d’inquiétant, j’m’entendais bien avec tout le monde en plus, mais elle m’a raconté qu’il y avait un truc en plus (pas envie d’entrer dans le détail).
J’me vante pas, je trouve pas que ce soit une bonne chose de toute façon.

J’y avais déjà pensé mais… ça me paraissait trop gros. Je me disais que les personnes hypersensibles devaient ressentir des émotions plus intenses que les miennes. Des émotions comme amplifiées. Pas du tout en fait. Une émotion c’est une émotion.
Je croyais aussi que c’était une bénédiction ce truc. Pas vraiment en réalité. Mais ça explique pourquoi je passe du rire au stress en un clin d’oeil, des larmes à la bonne humeur pour un oui ou un non. Pourquoi j’ai la sensation de tout prendre sur moi. J’ai l’impression que je suis en train de me vanter de quelque chose de super cool, mais NON. Je déteste cette voix à l’intérieur de moi qui me rabaisse tout le temps. Je ne peux même plus écrire dans mon journal pour me défouler sans qu’elle intervienne.

Je sais pas d’où elle sort cette p.tain de voix.

Et je suis si fatiguée maintenant… Mais j’ai bossé que trois heures.

N’empêche, c’est la preuve que je raconte pas de conneries : ce matin j’écrivais que tout allait bien, c’était une super journée, et j’avais fait beaucoup de progrès, et cette ****** de loi de ******* a débarqué et maintenant c’est tout l’inverse.
J’me sens au fond du trou. Alors que hier j’étais persuadée que j’allais tout déchirer cette année et que j’allais enfin devenir l’étudiante que je rêve d’être.

J’ai envie de me baffer. J’me donne des claques mentales et ça me donne aussi envie de pleurer du coup.
Mais personne n’aime les chouineuses. Du coup, j’ai re-envie de me baffer.

Je vais aller buller. Et la voix dans ma tête… la voix dans ma tête peut aller se faire foutre. Je refuse de tomber à nouveau dans l’excès. De rester des heures devant ma feuille juste pour avoir bonne conscience (une bonne conscience qui de toute façon ne vient pas même si je fais ça). De m’épuiser à penser 24h/24 à mes examens.

J’me rappelle ma première année. Je suis épuisée rien qu’en y pensant. J’ai besoin d’un gros câlin je crois.
Est-ce que je resterai cette merdeuse pitoyable toute ma vie ? Je m’excuse auprès de ceux qui me lisent, sérieusement, je pense souvent à vous, vous devez avoir envie de me tuer dans les souffrances les plus extrêmes.

C’est la voix qui me parle, là. Pour plus de clarté, je devrais peut-être lui trouver un nom ? J’vais réfléchir à ça.

Pour l’instant, je vais aller m’affaler et regarder une émission télé. Très relax. C’est rassurant quelque part de savoir qu’à un certain moment de ta journée, si t’es un peu paumé, tu peux allumer un écran et t’es quasiment sûr de penser à autre chose. C’est comme un point fixe. Juste pour se détendre un peu.

Momentané. Temporaire.

Pouvoir choisir un moment en fin de journée… Je trouve que c’est une belle invention. On critique souvent la technologie. Moi compris. Évidemment qu’on peut tout faire sans. Mais globalement c’est bien plus sympa avec.

La voix me hurle dessus. Je suis si fatiguée de lutter...