Effeuille mes rêves

"Il faut qu'on parle"

Oh là là ! Elle est vraiment h-o-r-r-i-b-l-e cette phrase ! ! Il faut que je trouve quelque chose pour la remplacer dans mes expressions personnelles parce que je viens de tester l’abominable pression qu’elle engendre quel que soit le contexte dans lequel elle est prononcée.

Ma mère m’a envoyé un texto hier. "Quand vous reviendrez de chez papa, il va falloir qu’on parle. Rien de grave, bisous". Sauf que justement, dans ma tête tous les scénarios catastrophes possibles et imaginables ont défilé non-stop pendant plusieurs heures ! J’en ai pas dormi… enfin, si, j’ai dormi, mais je me suis réveillée à 5h du matin les yeux écarquillés par un cauchemar.
J’étais un peu ronchon à cause de ça quand mon père est venu me jeter du lit chercher pour qu’on aille courir. Blasée. Je me disais que j’allais encore faire un parcours super naze, être en colère contre moi et passer une sale journée pleine de ressentiment, écrasée par la chaleur de surcroît ; mais pas du tout en fait. Bon, ok, il fait très chaud mais j’ai réussi à faire mon tour de stade sans trop forcer - même si évidemment je m’en suis voulue après de ne pas avoir fait plus. Pour le deuxième, on a fait des petits sprints, et pour le troisième on a couru la moitié. Je pourrais presque être contente de moi.

Bref, du coup, j’ai appellé ma mère tout à l’heure pour lui demander des détails afin d’éviter les terreurs nocturnes et diurnes inutiles. J’avais envie de pleurer mais je me suis retenue. Elle a évoqué plus ou moins ce à quoi la logique m’avait préparée, c’est-à-dire les mesures qu’elle souhaitait mettre en place pour que les vacances avec elle et la nouvelle année scolaire soient acceptables. Parce qu’il faut dire qu’elle a passé une année 2011/2012 vraiment vraiment pourrie. Au travail c’était l’enfer et ses deux enfants n’allaient pas bien. Elle a failli tomber en dépression, elle aussi, et d’ailleurs je suis toujours terrorisée à l’idée que cela puisse se produire. C’est cela, le scénario catastrophe le plus pire que j’ai eu en tête. Je ne peux pas m’empêcher de penser que j’ai abusé avec ma propre dépression… D’un côté j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ma famille n’en souffre pas trop, mais d’un autre… "Tout ce que j’ai pu", faut avouer que ça n’était pas grand-chose. Surtout que je ne suis pas totalement guérie - ça, ça m’angoisse et ça m’énerve prodigieusement plus que tout le reste.

DONC je suis venue ici écrire un peu en espérant que cela chasserait le sentiment de… un sentiment pénible que je n’arrive pas à identifier. C’est pas vraiment le cas.
Mais - hé - je ne suis pas déprimée pour autant ! Au moins, je sais que ma mère met en place des moyens pour trouver des solutions avec nous à cette situation qui ne lui a pas plu. C’est bon signe. Elle se bat ! Et puis au téléphone elle avait l’air calme. Détendue. En mode vacances avec son copain. Exactement ce dont elle avait besoin.
Tout va bien. Aucune nouvelle dépression ne va venir frapper ma famille. Zen, Aloha.

Je vais voir l’hypnologue à 17h. C’est la seule de mes thérapeutes qui ne part pas durant l’été ! Au début j’appréhendais un peu de me retrouver sans leur soutien, mais finalement les choses se passent plutôt bien.
Je viens de percuter que je suis en """vacances""" depuis avril. Depuis mai, en fait, vu qu’en avril j’étais dans un état… hum. Et cela fait donc trois mois complets que je vis dans la petite routine que je me suis créée. Franchement, je l’aime bien ma petite bulle de confort. C’est sûr qu’elle est pas très palpitante pour un observateur extérieur mais moi je suis à l’aise dedans. Et puis je sais que ça ne va pas durer, dans deux mois je reprends une vie normale ! Et bien sûr ça me fait peur (peur de ne pas être à la hauteur encore une fois). Raison de plus pour en profiter.

J’irai à la plage ce soir après mon rendez-vous. Papa nous a promis un macdo ensuite. Je sais que mes cuisses de mammouth vont me le reprocher pendant des jours entiers mais s’il y a bien un péché auquel je suis incapable de résister, c’est la junk food.
Je repense quand même beaucoup à ce que m’a dit ma mère. C’est mal de profiter des vacances de la façon dont je le fais ? Sans trop sortir de chez soi ? C’est que je n’en ressens pas le besoin… Comment font les gens normaux ? J’ai l’impression qu’ils font tout le temps la fête ! Tant mieux pour eux, hein, seulement je ne crois pas en être vraiment capable… Déjà que pour une sortie, je dois mobiliser toute mon énergie disponible pour lutter contre l’appréhension... !

Bref, j’vais lire ! Ou étudier. Han ou fait l’exercice que ma sophrologue m’a prescrit - je l’avais totalement oublié !