Effeuille mes rêves

Il n'y a que deux choix

J’ai mis mon dernier écrit en brouillon, finalement. Je vais peut-être même le supprimer. L’important, c’est qu’il m’a poussée à croire vraiment à cette affirmation : même quand je fais des trucs stupides, j’ai le droit de vivre, d’exister.

Grande leçon pour moi. Mais du coup, c’est d’un tout autre sujet dont je voulais parler maintenant.

Un sujet pourtant essentiel. Ça me bouffe le cerveau depuis tout à l’heure, il FAUT que je l’expulse ici.

Voilà : j’ai beaucoup réfléchi (est-ce que je sais seulement m’arrêter de penser ?). Mais vraiment beaucoup. J’ai pensé à cette phrase que m’a dit mon psychiatre, qui m’a beaucoup perturbée… et j’ai un peu parlé avec mon père.

Je passe les détails mais j’en suis finalement venue à cette foutue conclusion : je n’ai pas envie de voyager.

"Ok", me direz-vous. "Ok, pas la peine d’en faire un plat". MAIS SI JUSTEMENT.

Je sais que je devrais le vouloir ! C’est ça qui me crispe ! Tout le monde dit toujours que voyager c’est génial, tout le monde planifie toujours ses voyages avec enthousiasme et tout… Pourquoi je ne pense pas pareil ?  ?  ? C’est quoi le souci ?

J’dis pas qu’on doit tous penser pareil, nan, mais enfin ça a l’air de faire partie de la nature humaine de voyager ! Au moins pour les vacances, juste pour rendre visite à quelqu’un, vraiment, même le plus petit voyage qu’on puisse imaginer ! Ou AU MOINS pendant sa jeunesse. Quel jeune n’aime pas partir avec ses amis jesaispasoù-wesh-le-monde-est-à-nous ?

J’connais personne qui ne veut pas voyager !

Mais je me suis rendue compte que si j’écoutais vraiment ce que je ressentais… je n’ai tout simplement pas envie de ça.

Attention. Je ne suis pas complètement ingrate non plus. Le voyage que mon père a prévu au Canada, j’ai quand même envie d’y aller. Même si j’ai quelques appréhensions que je me garde de côté… mais ça c’est un autre débat.

J’ai aussi envie de partir avec Cathel, un jour, à Londres… mais c’est super lointain, et je ne sais pas pourquoi Londres, en même temps bonjour l’originalité (qui ne dit pas "je veux partir à Londres" en ce moment - c’est moi ou c’est quasiment tout le monde qui en parle ?). Bref, je n’ai pas encore planifié le voyage de façon factuelle, ça demeure au rang de l’utopie, je ne sais pas si j’aurais réellement le cran de partir quelques jours là-bas alors tant que je n’aurai rien fait ça ne compte pas.

Et j’ai déjà avoué ADORER partir à Disney. Mais Disney, ça ne compte pas non plus. NON JE SUIS SÛRE DE MOI ÇA NE COMPTE PAS. Je connais le dossier par cœur, et ça va de comment préparer mes valises à prendre le train, passer un bon séjour, et revenir. Je visualise tout ça sur le bout des doigts, c’est même plus un voyage, c’est une maison secondaire !

(Bon j’y vais pas si souvent que ça, quand même… mais je connais tout par cœur tellement j’adore).

Donc bref, À PART ÇA : voilà.

Londres j’ai expliqué, et le Canada j’y vais parce que mon père s’est motivé dans un premier temps et a tout organisé. Sinon… j’y aurais jamais pensé.

Normalement, je devrais hausser les épaules et me dire que bon voilà au moins j’ai mis les mots sur ce que je pensais…

... Mais je culpabilise à MORT !  !  !

Et puis j’ai HONTE, quoi ! Méga honte !

J’veux dire, mince : QUI n’a pas envie de voir le monde ?? ? "Les voyages, ça forme la jeunesse". "On rencontre des gens". "On comprend ce que c’est la vraie vie". Qui ne dit pas un jour qu’il aimerait tout plaquer pour vivre autre chose, qui ne désire pas secrètement partir à l’aventure pour justement échapper au "métro-boulot-dodo"...
Et y’en a plein qui le font, hein, j’invente rien ! Qui partent quelques temps avec leurs amis, certains ont même le cran de partir seuls. Et c’est génial, vraiment, ça a l’air super super super génial !

Mais j’ai pris conscience que je ne le ferai jamais. Et si je sais que je ne le ferai pas, c’est qu’au fond je ne dois pas le vouloir vraiment, non ?

NON ?  ?  ?

Je me sens nulle parce que j’imagine Sonny me regarder avec un petit air supérieur. Du genre : "Moi je fais partie des gens cools, des gens qui savent vivre, pas des minables limaces comme toi qui restent à la maison et se contentent de leur petite existence étriquée de merde".

Je pars dans tous les sens depuis que j’ai compris ça. J’me sens cassée. Je ne comprends pas pourquoi INSTINCTIVEMENT COMME ÇA je ne recherche pas le bonheur. Je suis super choquée par mon comportement… j’ai l’impression d’être une alien, incapable… de faire des trucs d’humain. Aimer, voyager, kiffer la vie… blurps.

Parce que j’en ai marre de me forcer à faire des trucs. Je suis très sérieuse. J’en ai marre mais à un point où l’écrire ne représente pas le centième du raz-de-marée qu’il décrit. C’est vraiment quelque chose que je ne peux plus continuer, ça a trop duré pendant trop d’années. Je pète les plombs de ce côté, on peut le dire, j’exploooooooooose devant mon écran aujourd’hui.

Le truc c’est que, a contrario, je ne veux pas de la vie "métro-boulot-dodo" non plus.
Je ne veux pas du vieux tableau "un mari, une belle maison, un chien, une voiture, des enfants...", ça NON, sûrement pas ! En fait, c’est la dernière des choses que je veux !

(Et TOC, monsieur psychiatre !).

Mais alors dans ce cas.. qu’est-ce que je veux ?

C’est ça la vraie question. Et je n’arrive pas à y répondre. J’ai l’impression qu’il n’y a que ces deux choix dans la vie. Aventurière ou sédentaire. Et j’ai vraiment réfléchi très intensément aux deux : je ne veux ni l’un ni l’autre.

Et ça, ça me hante depuis très longtemps ! Je sais ce que je ne veux pas, dans quasiment tous les domaines de ma vie je suis capable d’en dresser une liste extrêmement précise ; mais je ne sais pas ce que je veux.

Je me suis vraiment emballée pour cet écrit. Mais c’est vraiment un constat aussi foudroyant que… chiant. Je ne sais pas ce que je veux, comment pourrais-je jamais être heureuse ?

COMMENT SAVOIR CE QUE JE DÉSIRE RÉELLEMENT ? Est-ce que je vais rester dans cet état jusqu’à mes quarante ans (en supposant que je vive jusque là) et tout comprendre une fois que je ferai la fameuse crise de la quarantaine ?

On me dit souvent que je suis trop impatiente. Mais c’est que le temps me rend folle, moi ! TOUTES CES ANNÉES passées, PERDUES !  !  ! Complètement perdues, j’ai perdu des pans entiers de mon existence et je ne les rattraperai jamais. Et il faudrait attendre quarante ans ? Voire plus (puisque je sors ce chiffre au hasard).
L’adolescence, c’est vachement important en plus, cette saleté d’adolescence. Et le début de l’âge adulte, enfin ! C’est supposé être le meilleur, et tout fuit entre mes doigts, bon sang, tout s’en va !

Et je ne sais toujours rien ! Sur absolument rien ! Qu’est-ce que je veux ? COMMENT JE VAIS L’OBTENIR ? Comment ne pas gâcher ma jeunesse ? Comment prendre les choses en main ? Qu’est-ce que je veux vraiment ?

Sans objectif en vue, comment garder le cap ? Comment ne pas sombrer dans la folie ?

Le temps me tue.