Effeuille mes rêves

Introspection nocturne

Je rentre de la plage. Je ne suis pas fatiguée parce que j’ai oublié mes médocs alors je vais écrire un peu ! C. m’avait proposé de faire un petit quelque chose ce soir - comme un restau - pour mon anniv' et finalement c’est sa super idée du pique-nique sur la plage qui a été retenue. J’avais dit "pas de cadeau" et les filles ont respecté ma demande - j’en suis sincèrement soulagée !
J’ai pu faire un bain de minuit (en gardant le maillot) avec coupine C. ! C’était trop chouette, ça, parce que j’en avais trop envie ! L’eau n’était pas aussi froide que ce à quoi je m’attendais alors je n’ai pas pu résister. C’était si bon, l’eau fraîche sous les étoiles.

Cependant, mis à part ça, je dois avouer que je me suis ennuyée (encore… =s) dans la plupart des conversations. Comme si je ne m’y retrouvais pas ; elles ne me correspondaient pas. Y’avait quand même un moment qui était super parce que je riais vraiment et je me sentais à l’aise et à ma place dans le groupe, mais le reste du temps y’avait comme une barrière entre moi et le groupe. Elles vivent leur vie d’étudiante à fond, moi je sors d’un désert inconnu. Leur vie c’est : les garçons, les soirées, les amis, les histoires de la vie. La mienne c’est : ma psy, mes thérapie, mes films et mes bouquins et ma petite famille.
J’ai raté beaucoup de choses, à les entendre parler. Je rate beaucoup de choses, encore. Je ne suis tout simplement pas sur la même longueur d’ondes, c’est ainsi. Je n’ai pas à m’en blâmer. J’ai toujours su que j’attendais plus de la vie que ce genre de trucs, il peut-être temps d’oser l’assumer.

Mon problème est que je sais ce que je ne veux pas mais… pas ce que je veux. D’où le vide que je ressens dans ma vie. J’espère qu’il va se tasser seul… je ne sais pas quoi faire autrement pour le combler. Je ne sais pas ce que la vie a à m’offrir, mais je sais que je ne peux m’empêcher de vouloir "autre chose que cette vie" ; toujours.
Cette constatation ne me rend en rien "supérieure" hein. J’dis ça parce que c’est souvent l’impression que donnent les gens qui proclament partout : "Oui, moi je ne suis pas comme les autres, je suis en marge de la société, blablabla". Enfin du moins c’est mon impression personnelle. Ce n’est pas ça que je veux dire ; je pense l’avoir suffisamment écrit : je n’ai rien d’original. Mais ceci n’entrave pas cela. Je voudrais vivre autre chose… tellement.

Mais je suppose qu’on en est tous là.

Pour en revenir aux discussions, je pense que je ne suis tout bêtement pas assez rentrée dans les débats et que du coup j’ai trop réfléchi de mon côté. Si je m’étais investie dans les conversations, le futile m’aurait paru probablement pas subjuguant mais distrayant et je me serais plus amusée.
Mais bon. On ne se refait pas. Ma psy m’a dit que j’étais une solitaire et que je devais apprendre à l’accepter, que ça n’était pas une honte. Mais qu’il ne fallait pas tomber dans l’isolement non plus.

J’ai repensé pendant la soirée à une scène qui m’avait émue dans la série (qui a fait fondre mon cerveau de plaisir grâce à la richesse des intrigues et des dialogues !) Sherlock : quand Molly dit à Sherlock qu’il "a l’air triste quand il pense que personne ne le voit". Je crois que je fais ça aussi.

Avec C. et moi, il y avait deux autres personnes ce soir. A. (flemme de lui chercher un prénom !) qui étaient avec nous au lycée et que j’aimais bien - et qui a l’air de bien m’aimer aussi donc tout va bien - et Paula. J’me suis rendue compte d’un truc déroutant. Je crois que je la déteste, Paula, en vrai, parce qu’elle est mon abhorré opposé, tout ce que je ne suis pas. Tout ce que je ne veux pas être en tout cas. J’ai la sensation qu’elle tourne mal. Un peu comme un fruit qui pourrit. Je ne veux pas dire qu’elle est elle pourrie mais c’est pour l’image : elle se transforme en une personne que j’ai du mal à supporter.
Ça fait de moi une mauvaise personne, vous croyez ? J’ai essayé de faire des efforts pourtant ! Mais y’a rien à faire, la métaphore du fruit pourri m’a poursuivie toute la soirée.
Il y a plus que ça encore, je la trouve… méchante. Je n’aime pas la façon dont elle me regarde, parfois, c’est comme si il y avait un tourbillon de pensées méchantes qui tournaient à l’intérieur de sa tête dont je pouvais voir les ombres derrière ses yeux. Son regard-laser me donnait par instant la chair de poule. Elle m’a blessée à un moment, et je crois qu’elle l’a fait exprès. En tout cas, c’était inutile et gratuit. Elle avait pris quelques photos de C. et moi en maillot et C. étant en train de s’attacher les cheveux elle a tourné la tête pour ne plus être photographiée. Moi j’en avais marre, je ne voyais pas l’intérêt de me faire flasher toute seule (surtout que je suis horriblement non-photogénique) alors j’ai tourné la tête également. Et là, Paula a lâché : "Pff ! C. le fait alors toi aussi… Aucune personnalité". J’ai trouvé ça pas cool. Mais je me prends sûrement la tête pour rien.

Pour finir sur une note plus joyeuse, j’ai vu ma psy et ma sophrologue aujourd’hui. Je leur ai parlé de mes souffrances lors de mes précédants anniversaires et j’ai pleuré pendant les séances mais ça m’a fait du bien. C’est la première année où je peux y faire allusion sans qu’on me traite de rabat-joie.
J’ai eu droit à des compliments de leur part à toutes les deux. De ma psy : "J’aime bien travailler avec vous parce que vous êtes honnête dans votre prise de conscience par rapport à vous-même et vous avez une volonté très forte de vous en sortir. Je ne doute pas que vous y arriviez, même si je comprends que vous soyiez découragée aujourd’hui en constatant qu’il y a encore pas mal de chemin à faire" ; de ma sophro : "Je vous aime bien !".

Je n’ai toujours pas sommeil. Je vais regarder la fin d’un épisode de Pretty Little Liars avant d’aller me coucher (au fait, je ne sais plus du tout qui peut être A.).