Effeuille mes rêves

Je les hais

Je les déteste.

Oui, je DOIS rattraper un arrêt maladie.

Une maladie qui bout en moi depuis des années, et que j’ai par miracle réussi à contenir jusqu’à présent. Une maladie à laquelle je n’ai fait allusion que lorsque j’étais au bout du bout du rouleau ; et que l’on a toujours ignoré. Sans pitié. Mais là, la cocotte-minute explose.

NON ça ne peut pas attendre une semaine. Parce que ça ne marche pas comme ça.

Je suis à deux doigts de péter un plomb et de débarquer là-bas pour leur cracher à la figure, hurler comme une cinglée, leur balancer une lettre de suicide les accablant (après bien sûr en avoir envoyé une copie à la police), et de me tuer devant eux tous.

Perdre tout contrôle. Toute dignité. Ça c’est l’image que j’ai en tête.
Voilà.
Après deux semaines de méditation, youh ! Et des mois d’effort pour sortir de cet enfer ! Les derniers jours eh bien non ils ne seront pas normaux, ils contiendront en condensé tout ce que tu ne supportes pas !
Je vais les faire, leurs heures à la con. Je ne sais pas comment ; mais je vais les faire. Quitte à ne faire que de la présence. Quitte à devoir aller voir les profs à chaque heure que je rattrape pour leur dire : "Ils me forcent à être ici, je n’ai pas le choix mais je suis malade ; je ne suis pas apte à travailler".

Oui, je vais faire ça. Tant pis si je dois me ridiculiser devant tous ceux que je connais. Si je dois perdre l’estime des profs et celles des autres élèves. Si je dois mourir de honte une dernière fois (multipliée par huit) devant Jareth. L’essentiel, c’est de venir à bout de ce nouveau vol de vie sans perdre le peu de santé mentale que j’ai réussi à conserver jusqu’à présent.

Et cette haine qui m’habite présentement… J’ai la journée pour m’en débarrasser.
Hors de question que je garde ça en moi alors que j’ai fait tant d’effort pour être bien dans ma tête.
Je vais faire ce que je fais de mieux en situation de crise : prévoir le pire et millimétrer chaque seconde de cette semaine infernale qui va clôre une adolescence et une période de jeune adulte tout aussi infernales.