Effeuille mes rêves

Je zute

Je sèche.

J’m’en fous si la direction a - sur un coup de folie - décrété qu’à partir d’une dizaine d’heures d’absence par an on pouvait se faire convoquer et renvoyer.
Je me rends à chaque immersion professionnelle. Celle de ce soir incluse. Même quand ça me coûte énormément ; comme hier. Même quand ça aggrave les choses. Que je n’ai pas la possibilité d’avoir forme humaine, et que ça détruit tous mes projets à plus ou moins long terme pour potentiellement faire quelque chose qui me plaise de ce diplôme.

Mais aujourd’hui, très sincèrement, les cours ce n’est pas possible.

J’veux juste disparaître quelques heures.

C’est un plaisir égoïste que je m’octroie car s’il me soulage immédiatement, demain il n’aura plus aucun sens et uniquement que des conséquences.
Mais je l’ai dit la dernière fois : je ne suis qu’humaine. Pas un modèle. Faite pour retomber, X temps après m’être relevée. Parce que c’est la vie.

Je suis perturbée par le fait de ne pas savoir comment gérer ce qui s’est passé hier. Pour la prochaine fois.

Les mots. Les mots ne sont que des mots. Et aujourd’hui, je ne les comprends plus à nouveau. À quoi ça sert d’avoir inventé un langage si élaboré si on ne peut pas transmettre ce qu’on a au fond des tripes ?
Quel est le mot pour parler de cette "souffrance"/"pesanteur inexpliquée" qui se niche tout tout tout au fond de [croisement entre esprit et "cœur" au sens métaphorique] et qu’on possède tous en soi mais sous des couches de [sentiments tous-les-mêmes-même-si-gérés-pas-pareil-au-même-moment + pensées modelées par une histoire particulière + gènes peut-être + d’autres trucs] ?

Moi = toi = toi = moi.

L’étincelle de vie ?

On est des frères et sœurs de l’étincelle de vie ? Eh ben non, tu vois, dès que j’essaie de parler de cette connexion étrange que je perçois, de ces choses au fond de chacun qu’on a en commun malgré notre différence saine et évidente, je deviens niaise. Et c’est le meilleur moyen de perdre. De me perdre, également, car je lèverai les yeux au ciel quand - d’ici quelques années - je me relirai.

Bref, autant profiter de cette "liberté" auto-octroyée (après tout j’ai dit que je suis étudiante pour six ou sept mois encore : y’a que pendant cette période que je peux encore sécher ; après, adulte, ce n’est plus possible).
J’ai plein de choses à faire. Tellement que je me demande comment je me serais débrouillée si j’avais eu le cran d’aller en cours. D’affronter mes problèmes.

Et. Puis. Zut.