Effeuille mes rêves

Journée point drame point pourrie

Hurlement de RAAAAAAAAAAAAAAGE !

Même pas envie de faire des phrases.

Je lance "Confrontation" des Misérables pour me donner le rythme. La dramatisation me défoule toujours.

Han han han. Et c’est maintenant que tu retrouves la capacité d’aligner deux mots cohérents ? !

Géniale. Crétine.

Journée de thérapie. Aucun des thérapeutes n’a compris ce que je voulais exprimer. Comment tu veux expliquer que même après des années de soins, quand tu ouvres la bouche ce ne sont jamais les bons mots qui sortent ? ! Résultat : dans un cas j’ai perdu cinquante euros, deux heures de mon temps, et dans l’autre j’ai pleuré comme une gamine de six ans qu’on gronde.
Depuis ce midi, je me suis stupidement aspirée dans une spirale d’autoapitoiement dépressif parfaitement méprisable et j’ai renoncé à appliquer les jolies techniques que j’ai mises au point en soutenant que : "Oui mais cette fois, ce sont des problèmes vraiment graves et c’est pas pareil si je fais semblant d’aller bien je ne m’en sortirai pas et je vais mourir de douleur".

Tu parles.

Au final, t’es toujours là hein.

Augmentation des doses du médoc' qui fait grossir. "Votre souci, Aloha, je crois que c’est que vous n’arrivez pas à vous focaliser sur un objectif précis. Il y a des priorités".

Le pire c’est que c’est vrai. Je fais des phrases finalement ? Bref. Elle a - elles ont - eu raison dans tout ce qui a été dit. Mais il y a quelque chose d’autre derrière tout ça et je n’arrive pas à le DIRE. Donc je ne peux pas être soignée.

Delbor !

Maman replonge en dépression. Mamie faiblit à cause de son cancer. Les femmes de ma famille… Je ne finirai pas cette phrase. Je croyais qu’on serait tous épargnés. Je sais ce que c’est la vie, tout ça. Mais je ne me suis jamais sérieusement considérée comme vivante. Je ne pense pas comme une vivante. J’ai la vivacité d’esprit d’un cloporte empaillé. Je vis dans un mental qui est un abîme miroir de lui-même rempli de mini-serpents gluant de vice. Les vrais gens ne vivent pas comme ça. Ils vivent normalement. Ils ont des joies et des peines. Ils ont une histoire. Quoi que tu fasses, du coup, tu seras toujours fade ; mais du coup je ne comprends pas pourquoi on rit de ton comportement certaines fois alors que tu es invisible [la conscience s’étire comme un élastique...] ? Oh peu importe. CLAC.

Même ici, qu’est-ce que je me préoccupe de comment j’écris les choses, de toute façon ? Puisque je serai jugée (au moins par moi) de la même sentence.

Ridicule. Arriérée. Même-pas-capable-de-s’insulter-correctement.

Mon école pratique une méthode de torture qui a probablement un nom

[A maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ; such as youuuuuu]

mais qu’on évite de donner au grand public parce que sinon tous les tyrans des temps modernes seraient traînés devant la justice (mais moi je dénonce : le procédé de rajouter encore et encore et encore toujours un peu plus de pression, subtilement, avec de petits évènements qui n’ont l’air de pas grand-chose énoncés comme ça, mais qui sont dits sur un ton - une notion subjective mais maîtrisée afin de ne pas laisser de preuve - particulier ; du coup on est forcément de LEUR côté et ce sont les subalternes comme moi qui passent pour des fainéants) et l’économie mondiale s’effondrerait.

Men like me can never change. Men like you can never change. Nooooooooooo, 24601 [two four six owww ouane] (dramatisation).

Bon. J’avais énormément de choses à écrire, en réalité, et puis finalement… Tout est vain.

C’est juste que j’ai échoué dans mon apprentissage à discipliner mes émotions. Bon. Je me suis ridiculisée devant ma psy'. Je crois que j’ai fait ce qu’on appelle un caca nerveux, un cas d’école. Bon. Avais-je de l’estime pour moi avant ? Non. Donc qu’est-ce que ça change ? Rien.

Et tout ce qu’elle m’a dit est chirurgicalement juste.

Je me suis pris la tête cette semaine… C’est là que j’avoue donc que tout est ma faute. Je lis "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus". Je ne sais plus suite à quel enchaînement de pensées s’est implantée cette décision, mais la lecture m’a emballée. Rapidement. Au point que je ne parle plus à personne pour lire le bouquin, au point que je me cache pour ne pas travailler et lire et tout et tout.

Je me suis perdue de vue je crois. À me plonger dans mille rôles différents pour tout comprendre. Tout et tout le monde.

J’ai également appris que la voisine se fait battre, insulter, et racketter. Je ne peux rien faire. Le pote du mari, qui est son voisin, est policier et le couvre. Comme mon directeur, il connaît le système. Il sait quelles preuves il ne doit pas laisser pour ne pas être incriminer par ce qu’on appelle la justice.
Celle-la même qui a été faite pour que les patrons ne détruisent pas leurs employés mais qui permet à ces derniers de mentir et d’accuser de harcèlement les intermédiaires de ces autorités. Qui ne font que leur travail. Qui ne sont même pas haut placés, qui sont comme eux, mais qui payent pour l’humanité.

Je sais que je dois être prête à tout dans la vie. Ma famille… peut à tout moment m’être arrachée.

Mais Maman, reste, s’il te plaît.