Effeuille mes rêves

L'écrit où je répète vainement mon âge

Très intelligent ce que je fais.

[Ô ironie].

Je me lève hyper tôt - même quand je n’ai pas cours de toute la matinée comme ce matin - pour avoir le temps de profiter… du temps, justement !
Mais là, levée depuis 2h, qu’ai-je fait en fin de compte ? J’ai pris un bon petit déj' mais je n’ai pas encore commencé le sport. Or, c’est ma première activité du matin planifiée !
Ça a l’air très restrictif, dit comme ça. Planifier la majeure partie de son temps. Mais en réalité, c’est hyper apaisant. Je suis du genre à avoir besoin de repères. Malheureusement. Quelque part : ne sommes-nous pas tous ainsi ; même si nous ne cherchons pas nos repères aux mêmes endroits ? Peu importe. J’ai tendance, donc, à regarder derrière moi pour voir ce qui a été effectué et prendre du recul par rapport à la situation d’ensemble.

Comme quand on peint une toile, j’imagine. Imaginer étant ici le mot le plus important car mes aptitudes artistiques sont très médiocres.

Se perdre dans le passé est vain, on est d’accord. Mais l’utiliser pour choisir son avenir… c’est cool. Enfin, je crois. Ça l’est pour moi.

L’inconvénient de ma méthode c’est qu’il arrive un moment où je suis à bout d’énergie. Quand je suis à l’école pendant douze heures, tout s’enchaîne, mais ensuite je suis épuisée. Et ensuite, quand vient un moment de repos… J’hésite entre m’effondrer - parce qu’il y a bien un moment où j’aurai besoin d’une pause/déconnexion - et faire quelque chose de productif de ce temps béni.

Y’a des inconvénients partout. Cela dit.
Et les avantages que j’ai créé par moi-même me plaisent, alors… Je suppose que c’est le bon chemin. Pour l’instant. C’est la solution que j’ai trouvé pour prendre en compte tout ce qui me traverse l’esprit tout en hiérarchisant mes priorités. Sans en délaisser certaines au prix d’autres très envahissantes (mes études, pour ne citer qu’elles).

Tout prendre en compte, mais simplifier. J’aime cette discipline que je m’impose. Même si ma méthode n’est pas parfaite.

Par contre, il y a un point sur lequel je bloque.

Les rêves lucides. Je fais des rêves vraiment bizarres en ce moment. Des espèces de rêves non-lucides conscients. De quoi ?  ? ? Oui, en fait, je suis lucide dans mes rêves. Je sais que je rêve.

Je sais que j’étudie les rêves lucides dans cette période de ma vie. Et que je suis en train d’en faire un.

Théoriquement, je peux donc tout contrôler. Voler, faire de la magie, me prendre pour la reine des neiges (oui, ok, j’avoue… c’est le premier réflexe que j’ai quand je m’aperçois que je suis en train de rêver. À 24 ans. Triste ? Pathétique ? Je ne sais pas, mais à tout cas je m’ÉCLATE), faire apparaître les gens que je voudrais avoir dans ma vie, etc.

Théoriquement.

C’est fou parce que même les fameux tests de réalité prônés par les sites qui traitent du sujet sont inefficaces.
Je veux dire : je pense à les faire et je les fais. Il s’agit de respirer en se bouchant le nez (dans un rêve : on ne s’asphyxie pas), de regarder ses mains et de les toucher (en rêve, elles n’ont pas la "réalité" consistante de la… réalité), etc…

Sauf que. Je réagis à ces tests comme si j’étais dans la réalité (je suffoque, mes mains sont totalement normales, etc...) et du coup je me dis "euh, alors je suis quand même en train de rêver - parce que je ne vois pas à quel moment de ma vie je pourrai supplier Cathel d’aller me chercher tous les livres qui permettent d’apprendre à faire de la magie dans un reliquat de bibliothèque du Moyen-Âge (qui vend tout de même des comics...) pour fuir cette société d’êtres humains oui mais subitement très primaires - mais… Je. Ne. Contrôle. Rien".

Je sais que je rêve mais je ne peux pas m’empêcher de subir le scénario.

Ma lucidité est certaine. Ou relative. Du moins au sens où je l’entends (probablement faux du coup) : je suis en train de souhaiter très très fort être invisible, cachée dans la baignoire d’une amie à moi, qui est une petite fille (une sorte de princesse) qui vit dans un contexte de monde post-apocalyptique. Et moi je débarque du futur (mais attends, t’as dit que c’est post-apocal… CHUUUUUT !). Je deviens bel et bien invisible (au prix d’un effort monstrueux - alors que d’habitude ça ne pose pas de problème dans mes rêves). Mais je suis trahie par mon ombre. Qui elle ne devient pas invisible. Je le remarque mais suis impuissante à le changer.

ALORS QUE JE SAIS être dans un rêve. Je sais que je peux TOUT faire.

Du coup, sa nourrice (?), gouvernante (?), qui l’entend parler à quelqu’un entre dans sa chambre (oui : elle a une baignoire dans sa chambre… ou sa salle de bain perso peut-être) et - ne voyant que mon ombre sur le rebord de la baignoire - s’agenouille au bord de cette dernière et appuie dans le vide.

Pour me toucher et donc me repérer.

Je me concentre alors intensément sur le fait de devenir non pas invisible mais translucide. C’est un truc que je fais parfois dans mes rêves. Ma conscience est toujours là, mon corps aussi, mais tout est éparpillé en atomes frétillants. Ainsi, quand on me touche, on ne sent que du vide MAIS je suis là quand même.

Je ne sais pas si ça a un vrai nom, mais, de même, ça m’arrive souvent.

Sauf que là, ça n’est pas possible. Je sais que je rêve. Je peux plus ou moins contrôler mes gestes. Mais absolument pas ce que m’envoie mon inconscient.

Hyper perturbant. Mais tellement intéressant, en fait, maintenant que je prends du recul…

Mon problème est que je n’ai rien (aucune connaissance théorique, aucune expérience, aucun contact spécialiste de cette branche) pour m’aider à analyser tout ça.

Je finis de retranscrire ce à quoi je pensais et ensuite JE FAIS MON SPORT.

Hier, pendant que je faisais ma séance, je regardais en replay une émission. Fascinante car elle me renvoie sans arrêt des questionnements sans fin sur le fonctionnement humain.
Il y avait deux jeunes invités à la table. On appelle ça un "talk", je crois. Bref. Ils avaient pour défi d’écrire - en quelques minutes - un rap à partir de mots aléatoires choisis et donnés sur le moment.
Ils ont réussi. Je ne suis pas du tout une spécialiste du genre mais ça passait. C’était même fun ; surtout compte tenu de la difficulté de l’exercice.

Mais je me suis demandée : comment ça se fait que certains jeunes puissent vraiment avoir du talent ?

C’est une chose géniale, hein ! Je ne critique pas ! Mais logiquement, je me demande comment c’est possible.
Nous existons depuis des milliers d’années. Tout le potentiel créatif humoristique a dû être exploré depuis le temps ? Non ? Comment peut-on trouver de nouvelles blagues, de nouveaux procédés comiques, et se renouveler constamment ? ?
Pour trouver de la nouveauté, de l’originalité, il faudrait d’abord considérer TOUT ce qui a été fait ! Les références admises. Les clichés sur lesquels jouer (bon ça en général on apprend vite, mais perso ils ne me font rire que quand la notion de cliché en elle-même est tournée en ridicule - mais ça demande un boulot énorme !). Les blagues qui ont été faites.

Or, "les jeunes" (dont, j’espère, je fais partie à 24 ans même si pour le talent on repassera), sont jeunes. Par définition, ils ne connaissent pas tout. Je veux dire, à vingt ans, qu’est-ce que je savais de la vie ?
Et j’en ai à peine quatre de plus. Autant dire que tout ce que je sais actuellement n’est RIEN comparé à ce que je saurais plus tard. Ne serait-ce que dans un an… alors dans vingt ans... !

Qu’est-ce que je savais à 14 ans ? Et pourtant, j’y ai mis tout mon cœur. À comprendre la vie. Mais, voilà : je n’avais que quatorze ans.

Bon, ça y est, j’ai le sentiment que ce que j’ai écrit c’est n’importe quoi et que je suis la plus idiote des nanas. C’est le moment d’entamer ma journée !
Et de délaisser cette merveille d’inventivité humaine qu’est le journal intime. En ligne ; comble de l’insensé. Mais du jubilatoire.