Effeuille mes rêves

L'effet que ça fait de vieillir

J’ai trouvé par entrecroisement de lectures cet article.

Je ne sais pas comment le dire bien, alors je m’en tiendrai au minimum ; avec maladresse. Mais je le dirai.

J’ai soudainement une extraordinaire bouffée d’amour pour les gens.
Pas "les gens" en général, ce terme qui me hérisse - et j’ai désormais compris pourquoi. "Les gens", dont on parle comme un tas d’humains et d’humanité. Un groupe représentatif. Mais c’est tout le contraire.

Tous les phénomènes de foule, toutes les philosophies ne peuvent conduire qu’à une vision désastreuse de… eh bien, nous-mêmes.

J’ai donc de l’amour pour tous parce que ce n’est pas facile d’être humain. D’avoir une conscience. De voir ce qui ne peut être dit ; mais en même temps de ne pouvoir agir que sur une seule chose en ce monde : soi-même. Et culpabiliser de l’égoïsme. Car il y a le bien. Il y a le mal. Et cela nous ronge.

Tout le temps.

Et à juste raison. Nous ne naissons pas avec les yeux configurés pour distinguer clairement ce qui nous entoure. Et les vérités aussi changent perpétuellement.

Va être un être humain bien parfait bien comme il faut avec ça !

Non ; pas possible.

Cet article dit donc qu’en vieillissant on a tendance à se focaliser plus sur le positif.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser.
Je résume brièvement : les personnes âgées (on l’oublie souvent : qui ont l’expérience pour eux ; techniquement on devrait se battre pour obtenir leurs conseils et les suivre) parviennent avec le temps, par choix, à laisser de côté les souvenirs et évènements négatifs. Sans les nier. Mais à se focaliser sur ce qui est beau et bon dans leur vie.

Évidemment, pas tout le monde. L’histoire individuelle (et la culture d’ailleurs, c’est dit comme ça dans l’article) joue en grande partie. Mais c’est une tendance psychologique ; tout comme le changement de mentalité pendant la croissance, c’est normal, naturel.

Enfin "naturel" ce n’est pas le bon terme parce que ce n’est pas partout pareil. Mais je trouve ça beau. Et encourageant. J’espère que je ne perdrai jamais la foi en l’humain. J’ai peur de ne pas être assez forte. Pas la peine de rappeler le genre d’horreurs qui constituent les infos ces dernières années…

Je ne suis probablement qu’une idiote de 25 ans (depuis 12 jours ; et c’est bien ce que je pensais -> le meilleur anniversaire de ma vie a été celui où je ne l’ai pas fêté du tout !) qui essaie de scribouiller en vain. Mais j’espère vraiment que je n’oublierai jamais ça.

Aimer les gens.

Je fais des rêves étranges en ce moment. La transition a un lien, si si, mais c’est assez triste. Je rêve de symbolisations de l’amour. Pas celui pour le monde, cette fois, celui pour lequel je chouinais régulièrement dont j’ai souvent parlé (avec… passion, dans le sens mouvement affectif violent) dans ce journal.
Je suis dans le monde. Parmi les gens bien vrais, ceux que je côtoie, ceux que je ne connais pas, et beaucoup s’aiment et sont très heureux (voilà le lien avec ci-dessus).
Donc je symbolise cet amour. Et je lui dis au revoir. Plus les jours passent, et plus je suis sereine avec cette notion. Même si je trouvais quelqu’un de fantastique, avec qui je me sente connectée, je n’arrive pas à envisager la réciproque. Dans ces rêves je me mets à trembler et à le repousser. Je lui dis que je l’aime et que je n’ai aucun doute là-dessus, mais que nous sommes des milliards d’êtres sur Terre : comment peut-il être CERTAIN à 100% que c’est bien avec moi qu’il veut faire sa vie ?

Il n’a pas rencontré toutes les femmes au monde. Il y en aura toujours des plus fantastiques encore ; et je suis même prête à faire une liste de celles que je connais si ça peut lui faire gagner du temps.

Je commence à être en paix avec cette idée. Elle fait mal. Mais elle était en fait là depuis longtemps. Je n’osais pas la laisser sortir, je croyais encore pouvoir plier le destin à ma volonté et vivre quelque chose d’exceptionnel par le destin qui me dirait que je suis exceptionnelle.

Mais non.

Ça ne marche pas comme ça.

On ne fait pas de schémas et de diagrammes en folie avec la personne qu’on aime. On ne commence pas par mettre les choses au clair dès le début, en lui donnant une liste de nos défauts et pourquoi à long-terme ils peuvent devenir lourds au quotidien.
Ça ne se fait pas. Et c’est là où je pense manquer de force : je sais que je devrai le faire, mais si l’occasion se présente…

Ce sera comme prendre un ticket pour des montages russes brisées.

Je ne saurai jamais. Il ne saura jamais. Et ce petit détail, commun pourtant à tous et toutes, peut suffire à me rendre folle. Très facilement. Je le sais.

Il commence à se dissoudre dans mes rêves (ou cauchemars ; ils sont pas très agréables quand même) de toute façon. Bien sûr ça fait mal d’y penser, mais je me raccroche à ce que j’apprends actuellement de la vie. La vie, ce n’est pas trouver un prince charmant et vivre heureux jusqu’à la fin des temps. Il y a plein d’hommes merveilleux, ce n’est pas ça que je veux dire. C’est juste que la vie ne promet pas ça. Ce n’est pas un jeu avec des règles. Il n’y a rien de la sorte.

Donc faut savoir exister par soi-même. Sans s’oublier dans les yeux d’un autre (dans le sens se laisser se dissoudre).

Et puis de toute façon, c’est ainsi. C’est peut-être une leçon de vie pour rappeler - jour après jour, jusqu’à la fin - à l’adolescente que j’ai été que j’aurais, avec mes idées ultra romantiques et niaises, de l’époque finit par être dépendante. Pas une punition parce que qui va me le reprocher ? Mais c’est.

Ah. Je suis incapable de faire un écrit court. J’avoue que cette fois, j’ai tartiné en plus consciemment. Je me dis qu’il y en aura moins qui auront la foi de tout lire, et le manque d’anonymat que je mets en avant dans ce journal ainsi je le récupère un peu en les perdant.

Avec les 25 ans ne viennent pas la sagesse, ça c’est clair.