Effeuille mes rêves

L'émergence

Wow… Je viens de me réveiller à peine ! J’ai jamais autant dormi de ma vie !

Mais le mieux… C’est que je me sens bien. Je voulais garder cette sensation pour moi toute seule et n’en parler à personne, mais finalement je ne veux pas l’oublier non plus. Je me sens tellement bien. J’ai fait un rêve merveilleux. Il y avait quelqu’un qui avait réuni toutes les personnes qui m’avaient faite souffrir. Enfermées dans une école. Personne ne pouvait en sortir. Il se faisait appeler "Le Diable" (aucune connotation négative ici, je pense que mon rêve s’inspire à ce moment tout simplement de la quinzième carte du Tarot de Marseille, qui porte le même nom) et il punissait ces personnes en manipulant leur peur. Dit comme ça, ça a l’air horrible mais en fait ça ne l’était pas du tout : les gens savaient qu’ils n’allaient pas être torturés ou quoi, ils avaient juste à comprendre et ressentir ce qu’ils avaient fait. À mesurer la portée et les conséquences de leurs actes.

Je me souviens un moment où je parlais avec une des deux filles qui m’ont brisé le cœur le jour où elles m’ont brutalement rejetée de leur vie. Effrayée, elle me demandait pourquoi "Le Diable" faisait tout ça, après tout j’avais l’air d’aller bien et de toute évidence j’étais passée à autre chose et j’avais quelqu’un qui m’aimait vraiment. J’ai compatis à ce qu’elle vivait (j’avais essayé d’arrêter mon ami, parce que je trouvais ça fou et cruel, mais j’avais rapidement compris qu’il irait jusqu’au bout quoi que j’en pense parce que ce que ces gens avaient fait avait été très dur pour moi et il n’était pour lui pas concevable à tous les niveaux qu’ils s’en sortent tout simplement) (il se faisait appeler aussi "Le Diable" à cause du côté "ange déchu" et dans "ange déchu" y’a le mot ange, et il avait des connexions avec l’au-delà, avec la justice suprême… ce genre de choses ; ça ne veut peut-être rien dire maintenant, c’est clair, mais dans mon rêve en tout cas ça lui donnait une légitimité, il était humain mais avait une conscience des choses qui allait au-delà des choses terrestres pures).

Bref, j’en étais où. Oui, donc je compatissais vraiment à ce que cette fille vivait - après tout, ça fait tellement longtemps… je ne peux pas expliquer à quel point son geste m’a blessée, jusqu’au plus profond de moi j’ai senti cette déchirure ce jour-là, et la douleur a résonné pendant de très longues années, toujours aussi vive -, je compatissais mais je me souviens clairement de cette scène : je l’ai regardée avec un mélange de tristesse, pour moi et pour elle, et je lui ai dit : "Oui, c’est vrai. Mais tu sais, avec tout ça, j’ai quand même fait une dépression...".

Et la fille écarquillait les yeux d’horreur. Parce que je n’avais pas dit "dépression" comme dans la réalité, derrière ce mot, il y avait tout ce qu’est réellement une dépression. Tout ce que les gens n’entendent pas quand on prononce le mot dans la vraie vie. Toute la gravité de la choses, tout le pourrissement intérieur, etc…

Et elle comprenait enfin ce qu’elle m’avait fait.

Et même si j’étais effrayée moi aussi tout du long de me retrouver parmi ces gens (en plus de presque culpabiliser parce qu’ils y étaient à cause de moi), Le Diable s’arrangeait pour ne jamais être loin et me rassurer. M’empêcher de culpabiliser, en tout premier lieu, mais aussi me rassurer… sur tous les plans.
Je me suis sentie si apaisée quand je me suis réveillée…

Il veut sûrement dire plein plein de choses, ce rêve. Toutes excellentes. Après tout, c’est un rêve donc personne ne va se faire enfermer pour de bon dans une école pour être confronté à son passé.
C’est juste un symbole.
Mais un symbole qui annonce quelque chose d’excellent pour moi ! Et je me sens tellement bien grâce à lui ! Je voudrais que ça dure… toue la vie.