Effeuille mes rêves

La lice et sa compagne

Avant d’y aller : voici une fable de La Fontaine que j’avais mis en privé son mon journal, en début de mois.
Elle me plaît bien, parce que c’est du vécu.
(Une lice est une chienne de chasse.)

Une lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la lice s’enferme.
Au bout de quelques temps, sa compagne revient.
La lice lui demande encore une quinzaine ;
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine.
Pour faire court, elle l’obtient.
Ce second terme échu, l’autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La lice cette fois montre les dents, et dit :
"Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
Si vous pouvez nous mettre hors".
Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête,
Il faut que l’on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.