Effeuille mes rêves

"La vie, c'est des rencontres merveilleuses"

Pfff je suis encore tombée sur un mec bizarre dans la rue…

En bas de chez moi. En plus. Je cherchais mes clés devant mon portail. Je galérais, mais je galérais sévèrement ! J’en étais à secouer le sac et tout et je flippais parce que je n’entendais pas le bruit.
Et là, un monsieur s’approche de moi. Puant la cigarette. L’air un peu… perdu. Il commence à me raconter qu’il a quelque chose à me dire. Que c’est difficile. Alors moi - bonne poire, sortant d’un stage où parler avec les gens les soulageait pas mal - je l’encourage en pensant que c’est un poivrot qui va disserter sur la conspiration mondiale orchestrée par les États-Unis ou un truc du genre… Mais non.

Il me dit qu’il est homo. Qu’il le vit mal. Blablabla. Il me raconte des choses que je ne comprends pas (et la situation devient quand même légèrement étrange alors je ne vais pas m’amuser à le faire répéter et à commencer une psychanalyse). Je vois bien qu’il essaie de me dire un truc en particulier ; mais il n’a pas l’air bourré ou drogué alors je me dis pourquoi pas. Et là il se lance. Parce que son compagnon a une grosse [ooooooooh là !], et que ça lui fait du bien, et que etc etc.

ET JE NE TROUVAIS TOUJOURS PAS CES PUTAINS DE CLÉS.

Heureusement, un autre monsieur est rentré à ce moment et a donc ouvert le portail. Il n’a même pas capté que j’étais en totale galère.
Je l’ai retenu (le portail) avec l’énergie du désespoir et ai dit à Cigaretto que je devais y allais.

Mais je me sens trop conne. Y’a un truc qu’il faut savoir sur moi. Sur l’étendue de ma stupidité. Quand on me pose une question directe. Même si c’est un étranger dans la rue…

Eh ben je réponds.

Et l’autre me sort : "Bon vous voyez ce que je veux dire, vous avez connu des hommes...". Et moi, nature peinture, avec enthousiasme (genre cette conversation est tout à fait normale) : "Ha ben en fait, non !" *grand sourire sincère*.

Fait ch!er.

Enfin bref, j’ai pas vraiment eu peur mais de tous les sujets qu’on peut aborder dans l’univers il a fallu qu’il me parle de ça. J’me suis sentie mal. En plus, j’ai passé une fin de journée atroce : j’ai tout fait pour éviter Jareth mais je l’ai croisé ET je l’ai trouvé toujours aussi beau ET j’ai fait la grimace en le voyant parler à une fille. Déjà, ça m’a bien pété le moral. Ensuite, le prof a organisé une discussion autour du cancer du sein, donc ça a plaisanté sur le sujet qui me gêne, c’est un peu parti en vrille et j’avais qu’une envie : c’était de mourir sur place.

Pas juste parce qu’ils parlaient de ça, mais aussi parce qu’ils parlaient de maladies graves qu’on peut rencontrer même dans notre métier (quand même très loin des médecins) et qu’on a le "devoir" de reconnaître.
Sauf que quiche XXL comme je suis… J’ai peur d’avoir un jour (ou plusieurs) un procès.

Enfin bref. Ce matin, ça allait hyper bien. Contente de mon premier cours. Contente de ma rentrée. Je suis rentrée à midi aux anges. J’ai eu le temps de me reposer un peu, sans culpabiliser.

Et puis l’immersion professionnelle s’est mal passée. Ok, ça arrive. Mais bon…

Là, ça va mieux du coup. Je me sens idiote, mais ça ne change pas tellement de d’habitude. Je me dis "eh ben oui, t’es comme ça… ça sert à rien de t’en vouloir, t’y peux rien, alors résigne-toi". ("Et demain tu inventeras une chanson sur Jareth pour clamer à haute voix à quelle point c’est un mufle ; histoire de ne JAMAIS oublier").

Bon allez je vais prendre une douche, refaire mon protocole bonne humeur, et demain je vais vivre une journée fantastique. J’ai pas beaucoup de cours alors ça va aller.
Faut que je trouve une répartie au cas où Cigaretto me recroise. Je pourrais tenir un carnet avec ces phrases que j’ai préparé pour les inconnus bizarres qui m’alpaguent en bas de chez moi.

Ah, au fait. Mes clés se trouvaient finalement dans la poche de mon jean…