Effeuille mes rêves

Lâcher une main connue

Je ne hais pas réellement Cathel. Ça me rassure.

Mais je crois que je ne peux vraiment rien pour elle. J’ai le droit de baisser les bras sans m’attendre à une punition céleste.

Je ne me souviens plus du cauchemar de cette nuit ; hormis une scène.

J’étais avec Cathel dans un endroit de mon enfance où j’ai passé énormément de temps. Je l’aimais bien cette maison à l’époque. Mais maintenant que la moitié de mes cauchemars s’y déroulent : plus vraiment. Bref. Je l’y avais accueillie en attendant quelque chose de précis. Qu’elle trouve son appart' ou sa famille, quelque chose comme ça. Sa présence était temporaire, comme un service que je lui rendais. Nous nous occupions en vaquant à notre vie habituelle.

Ainsi, elle utilisait mon ordinateur. Je le lui avais prêté pour une petite recherche rapide mais elle s’était installée confortablement avec et refusait de me le rendre. Je devais la regarder tout contrôler à ma place, juste à côté.
Il y avait également des gens de ma classe actuelle. Ceux qui sont très drôles, et tout le temps foufous. Que j’admire donc un peu mais qui génèrent pas mal d’angoisse en parallèle. Ils déambulaient dans la même pièce. Nous n’interagissions pas, mais savoir qu’ils pouvaient me voir même à la dérobée… Et penser ce qu’ils voulaient. Que cela soit juste ou non. Cela me gênait. Un peu comme dans la réalité, où je constate souvent que je n’aime pas être regardée.

Je ne sais plus ce qui m’a amenée à penser cela : mais clairement mon ordinateur représentait mon mental.

Tout ce que je sauvegarde en moi pour garder le cap malgré l’oppression de l’école. Tous mes rêves, mes projets, chèrement défendus contre la dépression et les aléas de la vie. Tous les petits détails que je travaille actuellement pour me connaître mieux, moi-même ainsi que mon esprit. Tout, en fait.
Et le fait que Cathel me le prenne pour en faire ce qu’elle veut sans mon consentement… Eh bien, je n’ai pas besoin de développer plus je pense.

Je crois que mon inconscient me dit de la laisser. Pas tomber, mais partir. Faire sa vie de son côté. Ne plus l’inclure aussi étroitement à mon existence, car sans le vouloir elle y fait trop de dégâts. Elle aime jouer avec ma tête sans tenir compte des conséquences. Elle souffre tellement dans sa famille qu’elle pense peut-être que c’est la seule option pour avancer dans la vie ?
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas mon objectif de vie. Du tout. Alors si je ne peux pas le lui faire comprendre, je dois m’en éloigner. C’est de la logique pure.

Je ne sais honnêtement pas si je vais y arriver. Je garde cela en tête et essaierai de le faire avec doigté. Mais je ne peux rien promettre au sujet de l’avenir. Surtout en ce moment.
Cependant, j’ai très vivement conscience que mon inconscient est mon réel meilleur ami. La petite part de divinité (qu’il paraît) qu’on porte en nous. C’est lui le patron, en définitive.