Effeuille mes rêves

Largage de mots

Effondrée.

Je contribue à percer la couche d’ozone tellement ma connerie pue. J’vais résumer vite parce que ça n’est pas le propos : j’ai fini le cours de cette aprèm en avance, trop contente, j’ai attendu ma logeuse en bas de chez elle… mais elle était en congé ailleurs donc forcément. Elle n’est pas apparue.

Je ne voulais pas l’appeler, en me disant que c’était pas cool de la déranger pour rien. Qu’elle allait arriver dans cinq minutes, encore cinq minutes, allez peut-être dix cette fois mais pas plus…

J’ai attendu plus d’une heure. Et pendant cette heure, qui semble si petite quand j’en parle maintenant mais qui était interminable, j’ai senti… Je note ce que j’ai ressenti mais j’essaie de ne pas y penser sinon je vais pleurer. J’ai senti mon esprit qui se déchirait à l’intérieur. Il y a eu comme une boulimie de la pensée… Et tout est parti en cacahuète.

J’ai failli devenir complètement hystérique. Mais j’étais dehors, devant ma résidence, alors je ne laissais rien transparaître à l’extérieur, pour n’effrayer personne.

Je ne sais pas quoi dire de plus. Pourtant, j’en ai des choses à sortir, à expulser. Mais ça fait tellement mal. Certes j’ai changé. Mais des moments comme celui-là… ça m’arrive souvent quand même.
Certes il y a de l’espoir pour mon avenir. Mais mon présent, c’est lui qui compte, et il est irrémédiablement vide. Je sens que le monde tourne et bouge autour de moi mais je n’arrive pas à suivre. Quand j’essaie… je me fais mal.

Je me demande si quelqu’un pourra un jour me supporter réellement telle que je suis. Quelqu’un qui connaitrait réellement ces moments de moi.
Ma famille n’en connaît que des fragments. Ma mère peut-être est celle qui en sait le plus, mais j’essaie de réduire au maximum l’annonce de nouvelles rechutes. Ça lui fait mal… mais tellement mal. Une douleur de maman. Ça se voit dans ses yeux. Je ne veux pas lui faire de mal.

Mes amis… Je ne sais pas. Ils croient savoir mais en fait je me rends compte qu’ils ne savent quasiment rien. Ce n’est pas leur faute, c’est moi qui cache tout.
On est censés sortir demain mais je ne sais pas si j’aurai la force. Aller en cours - c’est sûr je vais y aller - mais ça sera peut-être difficile. Je vais le faire. Mais faudra pas pousser le bouchon trop loin non plus.

Je suis tellement cassée. Fracassée. Personne ne peut m’accepter tant que je ne changerai pas - et j’ai eu tort de croire le contraire. De croire qu’en faisant suffisamment d’efforts et en y croyant… ça pourrait marcher. Comme pour les autres - même si rien ni personne n’est parfait, on est d’accord.

J’vais publier ça, tout éteindre, et voir ce qu’il se passera demain. J’ai rendez-vous avec le psychiatre à la fin du mois. En un mois il peut s’en passer des choses… et je vais sûrement - même sans faire exprès - diminuer ou carrément oublier cet épisode. Je ne sais pas comment lui parler.

Ça me tue de ne pas pouvoir dire clairement à un autre être humain, en chair et en os devant moi, à quel point c’est le bordel dans ma tête - et comment ce bordel vit et me détruit.
J’ai toujours l’impression d’exagérer. Après tout, je ne suis pas dans un asile, donc c’est que j’arrive à me contrôler un minimum. Mais ça va tellement loin… à tel point que je n’ai plus aucune notion de distance.