Effeuille mes rêves

Le cadeau venu d'en haut

C’est bientôt mon anniversaire et bien que je n’aie aucune volonté de faire quoi que ce soit de spécial pour ce jour (comme chaque année)... je suis déçue de ne pas avoir reçu l’illumination suprême.

Déçue de toujours être… eh bien, moi.

J’attends quelque chose, chaque année, depuis mes 18 ans, mais je ne sais pas exactement quoi. Ou plutôt, si, tel que je peux le concevoir : un truc impossible.
Mais ce truc impossible me hante, ce qui le rend bien réel mais inaccessible. Dilemme. Comment traiter un fantôme qui n’a pas de prise, de substance, dans la matière ?

Je me suis un peu relue. Je le fais de temps en temps pour voir ma progression (je suis très maniaque avec cette notion). En général, ça me fait le même effet que boire cul-sec un verre d’alcool de modestie : douche froide. Je comprends que je n’ai rien d’exceptionnel, que mes préoccupations sont très basiques, pas vraiment originales. Que ma personnalité est plutôt plate et brouillon.
Ça ne me fout pas un coup au moral (enfin si un peu mais je me reprends), ça me remet à ma place ; c’est bien.

Je pensais vraiment que cette année serait différente. Que je serais différente. Mais non. Quelque part, c’est rassurant. Mais d’autre part… Il y a cette fille en moi qui veut plus, qui veut être plus. J’ai l’impression de lui devoir quelque chose.

Bon, j’ai fait la bêtise il y a quinze jours d’acheter un programme de développement personnel et au final il ne m’a pas satisfaite du tout. Mais j’ai su en tirer profit ; j’ai fait des recherches "intensives" que j’ai consigné dans mon journal papier. Des recherches qui me parlent. Et qui m’aident à m’orienter pour la suite. Je ne veux pas rester malade. Je vais m’en sortir. Je n’ai aucun doute là-dessus.

Et je vais également réussir à me débarrasser de ma culpabilité, je n’en doute pas !

Oui mais tous ces efforts : pourquoi ?

Il faut les faire. Il faut serrer les dents. Avancer même quand on a les pieds englués de boue. Mais vers quel but ?

Même en le dessinant mentalement, ce but que je poursuis, je ne suis pas sûre d’y parvenir un jour. Et ça me gêne, vraiment. Ça m’empêche de voir à plus long terme.
J’essaie de rester la plus bonne possible, de moins râler (dans ce journal ce n’est pas pareil, je peux me lâcher, c’est comme une petite oasis scripturale), de faire attention à ce que je dis, de faire attention aux gens… mais parfois je me sens au bord de la rupture nerveuse. Comme si je ne pouvais plus tenir ma position et que tout allait claquer. Ça me fait peur. J’ai peur de ne pas tenir, de péter un câble, un jour. De balayer tout le fruit de mes efforts.

Oh au fait : je crois que mon frère a découvert mon journal. Ça fait plusieurs fois qu’il trouve des indices mais là il est carrément tombé sur ma messagerie donc c’est un peu grillé.
Mais ce n’est pas grave. J’ai confiance en lui. S’il décide de me lire quotidiennement, ben y’a vraiment rien d’extraordinaire dans la vie de sa grande sœur alors il s’ennuiera probablement plus qu’autre chose. Et s’il arrive à l’oublier, ben tant mieux. C’est pas comme si j’avais une double vie à cacher, surtout à lui que j’adore.