Effeuille mes rêves

Le point école (que j'aurais dû faire il y a cinq ans, mais bon !)

Je n’ai pas révisé, finalement, après mon dernier écrit. Hier un peu. Mais je tenais à rectifier - si y’a un truc dont j’ai besoin en ce moment, ce sont de choses vraies.

Quand je suis vraiment en crise de toute façon je ne peux même pas regarder un cahier. Donc c’est pas la peine de la jouer caïd.

Je sens que ça n’est pas parti.
Que j’en suis au même point qu’il y a trois ans : quand je me suis enfuie de l’école, que je suis rentrée chez moi en annonçant clairement "Je redouble, ou sinon je ne passerai pas l’année".
Je ne peux pas redoubler encore une fois - et avec tout ce bazar à cause du changement d’école et tout, ça ne sera de toute façon pas possible : je ne serai pas un dommage collatéral. Dans tous les domaines, et surtout financièrement bien sûr, ça craindrait trop.

Donc je n’ai pas le choix, il faut que je parle à la directrice.

Mais évidemment, ce n’est encore une fois pas aussi simple.
Je vais lister, ici ou prochainement, tous les codes que j’utilise pour parler de mon école, parce qu’il s’y passe des choses ahurissantes qu’on ne peut même pas imaginer vivre - tout en même temps - pendant ses études, et qui sont une très grosse partie du problème, en fin de compte.

Mais je ne peux pas lâcher. J’écrirai aussi pourquoi.

La directrice aussi a ses problèmes… Elle n’est plus ma directrice, d’ailleurs, techniquement, tout aussi rageant (à cause du fait mais aussi des circonstances) que cela soit ; mais faut écraser sa bouche, pas le choix.
Vu mon état, la nouvelle école pourrait très facilement me pousser à bout et se débarrasser de moi, c’est ça la vérité. J’ai des failles et des faiblesses plus qu’apparentes. Ils ne peuvent peut-être pas me virer directement, mais ils peuvent me mettre des bâtons dans les roues jusqu’à ce que je craque. C’est malheureux mais c’est la vérité.

J’ai failli craquer devant le directeur, l’autre jour. Qui discutait avec moi et d’autres étudiants d’un point du cours. Il l’a vu que ça allait pas, que ça allait vraiment pas je veux dire. Je vais peut-être devoir lui en parler aussi.
Je me fierai à ce que la directrice me dira de faire, je suis totalement larguée, mais je lui fais confiance et je l’aime bien (et vu qu’elle est une femme peut-être qu’inconsciemment j’ai plus envie de lui parler à elle).

Bon allez, je tente la liste :

  • Commençons par citer la base : mes crises.

    Pour résumer : en plus de leur intensité et de leur morbidité dépassant absolument tout ce que j’ai et aurais pu imaginer, elles peuvent survenir à n’importe quel moment. Sans raison apparente. Quand on me dit bonjour. Quand je sors un stylo. Quand je croise le regard d’un autre élève, qui qu’il soit. Il y a plusieurs moments dans la journée - CHAQUE journée, bien qu’elles soient toutes différentes - où je sens qu’elles guettent, car il y a comme dans ma tête (et dans mon quotidien) un nœud, un concentré de stress et d’appréhension, encore plus susceptible que d’ordinaire de déclencher une crise.

Donc ça, vraiment, c’est le lit de mes jours : matin, après-midi, voire soirées quand il faut que je reste en cours en soirée.

  • Les conditions de cours. Elles ne sont pas mauvaises, c’est juste qu’elles sont difficilement moralement. Mais ça va avec les études que j’ai choisies, on ne me l’a jamais caché.

    C’est comme faire cours en sous-vêtements, tout le temps (c’est une image, hein, pas exactement ça : mais c’est très proche de ce que je vis sachant que bien sûr je ne suis pas du genre mince, confiante, et jolie). Mais bref : je ne déplore pas cet aspect puisque c’est complètement normal. C’est simplement moi qui, psychiquement, ai du mal à supporter. De me sentir aussi vulnérable, exposée, alors que j’ai l’impression de bouillonner de monstruosité. De ne pas pouvoir simplement dire aux gens ce que j’ai réellement (de trouver des feintes quand je sors de classe, parce que je sais que certaines personnes ne peuvent tout bonnement pas entendre vraiment ce qui se cache derrière le mot "dépression").

Des conditions, très propices aux crises, donc. En plus de ça, selon l’endroit où on reçoit le cours, j’ai parfois plus de mal que d’ordinaire à gérer, mais bon c’est encore autre chose.

  • La nouvelle école.

    Je suis encore au cœur de tous les changements, donc forcément c’est très très agité. Violent, très violent, mais inévitable.

    Cependant, le transfert se passe mal. Les nouveaux directeurs ne m’ont pas l’air compréhensifs, je ne leur fais absolument pas confiance - comme je l’ai écrit plus haut : je pense même qu’ils seraient capable de trouver un moyen de me virer, directement ou indirectement, s’ils apprenaient ce que j’ai. Mais il va peut-être falloir que je leur dise (car bien sûr la tolérance absence est ridicule).

    Les changements drastiques voire dramatiques pleuvent comme une tempête depuis environ six mois. Certaines décisions sont compréhensibles, bien que dures, au vu de la situation, mais d’autres sont vraiment hard. Avec de graves répercussions sur tout le monde, élèves, profs, et direction. C’est un peu comme passer d’une monarchie - avec ses défauts et ses qualités - à autre chose, on ne sait pas encore quoi, mais ça commence à ressembler à une dictature (mais pas sûr que ça en soit vraiment une, en même temps).

  • Les "stages" ne sont pas de vrais stages. J’ai de vrais stages, mais peu : quand je parle de "stages" dans mon journal, ce sont en fait des moments où je pratique mon vrai métier.

    Comme si j’étais en alternance. D’ailleurs, c’est pas la peine de me cacher sur ce point : je suis en alternance. Mais non rémunérée (mais ça c’est normal par contre, sans ironie).

    Les "stages" sont encore cool pour le moment ! Mais beaucoup de décisions qui ont été prises les mettent en danger. Surtout au niveau de l’ambiance ; mais heureusement je trouve tous mes camarades supers sur ce coup !

    Les stages, ça va pas mal donc. Surtout comparé au reste. Le seul souci c’est pendant les crises : plus que jamais, je ne dois pas le montrer car c’est pas professionnel. Mais bon, jusqu’à présent, j’ai déjà eu de grosses difficultés, mais rien de gravissime (et je touche du bois pour le coup).

  • Euh… bon, je suis obligée de faire un point "gens".

    Mes amis sont cools mais j’ai du mal à m’ouvrir à eux vraiment. J’ai surtout tendance à me renfermer, vis-à-vis de tout le monde sans exception. Ça fait 11 ans que je suis seule face à ça, après tout, alors c’est trop ancré en moi pour partir comme ça.

    Les amis ne m’ont jamais réellement suffi, en fait. Pour être honnête.

    Je n’ai rien à reproche à personne. Mais si le statut quo n’empire rien, il n’arrange rien non plus. Bon, je suis quand même contente de cette situation, mine de rien. Ça aurait pu être mille fois mille fois pire.

    Et Jareth… B. m’a dit dans mon forum que j’en parlais moins : c’est vrai, mais j’y pense tout autant. Maaaaaalheureusement. Au sens métaphoricophilosophique ("ce jeune homme attirant et bien dans sa peau représente tout ce qui n’entrera jamais dans ma vie, amoureuse et personnelle, donc mon inconscient refuse de le laisser partir", dit avec une voix caverneuse et pompeuse) et aussi au sens "c’est quand que tu sors de ma tête, bon sang, oui je te trouve attirant mais je pense aussi que si par un coup de baguette magique on se retrouvait ensemble, ça ne durerait pas, je ne suis pas ton genre de fille et tu me briserais le cœur je le sais et tu as ta copine parfaite avec toi alors LAISSE-MOI nomdidiou !!".

Voilà, Jareth me fait ch.ier. En gros. Pour être poliiiiiiiiie vulgaro-j’expulse-ce-que-je-peux.

  • Les exams.

    Oh mon Pratchett, ces examens… Théoriques : personne n’est jamais capable de nous dire exactement de quelle forme sortiront les sujets. Pas qu’ils ne veulent pas, ils ne PEUVENT pas, y’a de nouvelles directives toutes les trente secondes. Et pour nous c’est : débrouillez-vous ! Mais encore, à la limite, disons que c’est le lot normal de tout étudiant.

    Simplement, nous on n’a pas deux périodes dans l’année où tout est condensé, mais on a des examens tout le temps (de vrais examens, pas de contrôles, des trucs qui déterminent notre année). Ce qui ne nous laisse jamais sortir la tête hors de l’eau. Mais plus embêtant : on a les examens qu’il faut absolument réussir pour le diplôme. Il y en a deux sortes : et "on" a décidé il y a quelques semaines de nous caser l’une de ces deux catégories cette année. Surprise !

    On n’a donc toujours quelque chose à réviser pour les exams écrits, mais on a aussi les Autres, les Importants, les Décisifs. Avec peu de temps, peu de moyens, et très peu d’énergie pour s’y mettre.

    On ne va pas parler du mémoire, qu’on devait commencer il y a un mois mais dont personne n’a de nouvelles.

J’oublie sûrement des choses, comme les "cours difficiles", toujours là bien sûr.
Disons que ça entre dans le "contexte". Des cours physiquement et moralement durs à suivre, quasi tous les jours.

Ah oui et les emplois du temps qu’on ne connaît qu’au dernier moment ou qui changent la veille pour le lendemain (voire le matin pour l’aprèm : véridique) ; de GROS changements bien sûr. Je ne sais pas comment on peut nous caser encore des trucs, vu qu’on a quasi tout le temps cours.
Et puis cet énervement quand tu te justifies parce que tu as pris un rendez-vous médical à ce moment : le très très faiblounet taux d’absence, encore une fois.
Les vrais stages dont on ne sait presque rien.
Le vrai temps libre. Qui doit exister, je n’en doute pas, mais qui demeure une légende depuis l’obtention de mon bac.

Les "conditions pour être diplômée". Des objectifs ; comme dans les entreprises.

Bref, tout ça, PLEIN de choses qui se cumulent en plus de mon "état", donc.

D’où mes écrits plutôt sombres à propos de mon école. J’aime mes études, mais franchement, c’est un combat de taré. Et dire que je croyais que ça se passait tranquillement parce que je n’allais pas en médecine…

Bon, voilà, c’était le gros de mon quotidien en cours. Histoire de l’écrire une bonne fois pour toutes, en essayant toujours de ne pas en dire trop pour griller mon anonymat.

Je n’ai pas raconté ce qu’il s’est passé vendredi… Je suis retournée voir la psychiatre, le docteur vu aux urgences, et elle m’a donné rendez-vous dans un hôpital de jour. C’était spécial, je dois dire. Plein d’autres gens en souffrance, très désorientés, qu’on aide à se réinsérer avec des ateliers… J’ai eu un pincement au cœur pour eux.
Elle m’a dit que je pourrai trouver du soutien là-bas, donc j’ai bien noté l’adresse. Et le numéro. J’ai de nouveau un "plan" d’action (psychologue et nouveau psychiatre, c’est pas énorme non plus), mais comme je l’ai dit au tout début de cet écrit : j’ai très très peur de m’effondrer en cours.