Effeuille mes rêves

Le propre d'un acteur, c'est d'avoir plusieurs rôles

Je le fais en deux écrits parce que mon propre style me blase.

Il est ironique de se dire que les scas ont - elles - fini par partir. Alors que cette grosse baffe que je viens d’encaisser… Les traces ne s’en iront probablement jamais. Jamais vraiment.
Pas forcément une chose affreuse. Ça peut m’apprendre l’humilité. La vraie humilité. Pas celle où on se dit : "De toute façon, moi je fais des efforts, moi je ne fais pas pareil que les autres : j’essaye très fort. Alors un jour, ça paiera".

L’ennui, c’est que cela se produit À CHAQUE FOIS.

Quelle que soit la méthodologie que j’emploie. Je me ramasse. Et je ne le fais même pas avec panache.

Mes connaissances sont correctes, oui. Après tout ce travail, ça fait du bien de le reconnaître. Mais ma façon de les restituer est catastrophique. Et intrinsèquement liée à ma personnalité et à mon histoire.
Pas forcément mauvaise… Mais anti-protocolaire. Je ne sous-entends pas que c’est bien ou mal. Je méritais cette claque. Je méritais cette note minable. Et je conviens que le coup de théâtre scénaristique est fort.

Mais j’ai honte. Je l’ai vécu ainsi : une humiliation. Y’a des gens au Japon qui se suicident pour moins que ça. Humiliation devant les autres. Qui m’ont vue débarquer dans la salle de réunion, et qui m’ont regardée avec pitié parce qu’ils savaient. Ils ont été étonnés. Ils en ont beaucoup parlé. Ils ont appris que le Grand Patron est carrément venu me parler pendant une heure. Et c’est ce qu’ils attendaient d’ailleurs : qu’il finisse pour que la journée puisse être officiellement terminée. Ces autres devant qui j’ai dû marcher la tête plus ou moins haute. Sachant tout cela.
Humiliation devant le Grand Patron lui-même. Que je voulais impressionner. Pour me prouver que je suis une personne compétente. Une personne de valeur. Il a discuté avec moi et Cathel pendant une heure environ (Cathel a vécu - bien que l’histoire soit différente - le même coup du sort que moi). Les autres ne savent pas tout : que j’ai failli pleurer devant lui quand il a évoqué ma situation (maladie), qu’il a essayé de me réconforter mais avec sa manière PARTICULIÈREMENT spéciale (voire inadaptée : car il n’est pas dans l’écoute, c’est LUI qu’on doit écouter). En disant que je suis probablement lente, donc qu’il faut m’améliorer. Que je manque de structure dans ma pensée. En me sortant le premier exemple qui lui venait sous le nez : le travail d’UN AUTRE, que je venais de recopier pour m’occuper. Un travail pas bon du tout - mais après une telle journée, ça n’aurait pas avoir d’importance.

Et dans ces cas-là, le problème, c’est que quand on explique… On sonne comme si on tentait vainement de se justifier. Pas bon.

Je dois appeler ma psychiatre pour lui en parler, à propos. Ça m’a alarmée. J’ai repensé à l’ancien diagnostic… De l’autre psychiatre… Si ça se trouve, il avait raisons et je pourrais être sch... ?

Mais pour l’instant je ne le suis pas alors on se calme.

Que cela se passe avec Cathel est également particulièrement caustique.
Comme si les deux filles qui traînent ensemble - forcément meilleures amies du coup - allaient vivre une tragédie ensemble qui allait souder leur amitié pour toujours. Et transformer leur vie. Mais non. Cathel n’est pas ma meilleure amie, quoi qu'Ils puissent en penser. Nous pensons à l’opposé. Nous sommes une sorte d’opposé. Même si on me confond avec elle, comme on me confondait avec Paula. Personne ne prend en compte l’état dans lequel elle me met. Pas même Cathel elle-même, qui croit que je m’en fiche.

Non, je ne m’en fiche pas. Mon cœur est en train de se durcir petit à petit et de l’exclure de tout. Exactement comme avec Paula.

Alors cette épreuve, aussi remplie de coïncidences soit-elle, n’est pas ce qu’elle semble être.

Mais il n’y a que moi qui suis au courant. Je ne sais pas quoi faire de tout ça. Je vais faire de mon mieux, oui. Mais je pue l’échec.