Effeuille mes rêves

Les armes sont vendues. À tous ceux qui veulent en acheter. Sans souci de l'usage qu'ils veulent en faire.

Je n’avais rien écrit ici sur Charlie Hebdo. J’avais préféré faire ces deuils en silence. Deuil de la liberté, deuil pour les innocents qui ont été tués et qui auraient pu être moi ou mes proches, deuil pour le bon-sens qu’une partie de l’humanité a perdu. Etc. Beaucoup de deuils à faire. Pour chacun. Pour certains encore plus, et c’est pourquoi je n’ai cessé de penser à eux.

Dans le silence.

Je ne dirais rien de plus que ce qui a été dit.

Est-ce que mon indignation, ma peine, ou mon horreur va rendre les victimes à leurs famille et amis et arranger les choses ? Non. Alors je continuerai à penser à eux. En silence.

Mais j’ai quand même compris qu’il était important de dire quelques mots autour de soi. Pas forcément un long discours. Pas dans le but de soulager qui que ce soit en le réconfortant ou de me soulager moi en me disant qu’au moins j’ai "agi".

Dans ce journal réside une partie de ma vie. Et ma vie est un miroir de toutes les autres. Alors ce reflet de monstruosité y apparaît obligatoirement.

Quelqu’un qui tue au nom de la religion n’est pas religieux. C’est un assassin. Ce qui s’est passé n’a donc rien à voir avec la religion.

Je recopierai seulement cette phrase que j’ai vu circulé et qui contient tout ce que je veux voir subsister sur Internet. En plus du souvenir de cet amour, de ce soutien inconditionnel, dont les parisiens sur place ont été la matrice.