Effeuille mes rêves

Les gens et moi

Quand je me maquille (légèrement mais tout de même) le matin, j’ai l’impression de revêtir un masque.

Je ne sais plus de qui ou de quoi je me cache. Je ne sais plus pourquoi je fais tout cela.

De la fenêtre de mon studio, il y a un petit balcon. Toujours inondé, mais bon, un petit balcon quand même qui donne sur une rivière. Au-delà de la rivière il y a une maison.
Le soir, ses occupants allument les lumières. J’ai vu ça hier. Ça m’a fait penser à ma famille. C’est con parce que je venais à peine de les quitter, mais une fois de plus je me suis vraiment demandée ce que je foutais là.

Même si je suis bien maintenant dans mon studio.
J’me suis juste rendue compte que je le voyais plus que mon véritable foyer. Que je vivais donc seule les trois-quarts du temps. Ça fait de moi une vraie adulte ? Ou il me manque encore quelque chose ?

En fait, j’ai juste ouvert cet écrit pour dire que les gens m’énervent.

Tous les gens. J’ai envie de voir personne aujourd’hui.
Même pas mes copines. Je suppose que je dois énerver moi aussi donc c’est pas une aberration d’écrire tout ça.

C’est pas réellement eux qui m’énervent aujourd’hui, c’est plus le fait de ne traîner avec personne qui me corresponde. Ivy et Cathel… y’a un fossé de deux mille années-lumières entre nous. Je les aime bien mais c’est comme ça. Spontanément, c’est pas le genre de personne vers qui je me serais tournée en premier.

Je ne me plains pas, ce n’est pas grave pour moi.
Certains ne peuvent pas vivre sans amis, moi… je ne dirai pas que si parce que je ne suis pas seule à la fac non plus donc j’ai quand même de la chance même si ça ne se passe pas aussi idéalement que je voudrais, mais j’ai un côté solitaire qui me permet d’encaisser beaucoup de choses.

Je sais pas pourquoi je raconte tout ça. J’ai un exam dans six heures et je suis pas prête du tout et je suis là à déblatérer des conneries sur un sujet dont tout le monde se fout.

Si j’étais en mode mélodramatique, j’ajouterais "peut-être que je me sens seule, tout compte fait". Mais ce n’est pas le cas.
J’me sens plus en mode "je n’ai besoin de personne". Sauf de ma famille peut-être, heureusement qu’il y a les weekends.

De tout façon, tout ceci n’est pas près de changer alors... !