Effeuille mes rêves

Les talents

Je. Viens. De. Faire. Une. Fausse. Manip'. Àlacon.

Envolé mon écrit. Sniff. Adieu.

Hum. Bon, tant pis, j’ai envie d’écrire - même sur rien - alors je vais laisser couler encore le fil de mes pensées. Il manquera juste le début.
Il fait tellement chaud de toute façon… han, j’en peux déjà plus. Le sud en fait c’est une rôtisserie pour extraterrestres. Ça fait cuire les gens, comme ça quand les aliens ont une petite faim, ils peuvent se servir. D’ailleurs c’est pas con comme idée ! Ça doit être vrai. Bouuuuh vilains aliens.

J’vais commencer par reprendre grosso modo ce que je disais. Ouais. Donc en fait je parlais surtout de talents. Mais comme j’ai écrit une grosse tartine là-dessus, je vais résumer vite fait tous les autres trucs comme ça ils sortent de mon esprit et j’en suis débarrassée :

  • J’ai l’impression que les autres bossent mais genre tout le temps. Toute la journée. C’est frustrant, moi franchement je peux pas c’est quelques heures par jour (genre deux ou trois maximum) et ensuite FAUT que je fasse autre chose. C’est fou, j’ai l’impression de passer ma vie à ça pourtant. Je dois être dans une période de creux. La fin de l’année, tout ça. J’m’arrête jamais en même temps, même pendant les vacances d’été.

  • Je viens d’avoir une looooongue discussion avec mon papa, c’était trop bien ! Là, à l’instant. Du coup je me souviens de quasiment rien de ce que je disais avant.

  • Euuuuuh oui donc du coup je ne me souviens plus du reste. Ah si, vite fait : j’ai parlé à des inconnuuuuuuus et ça s’est bien passééééééé ! Comme quoi, quand je suis pas trop explosée, je peux le faire. Et j’m’en sors. J’ai toujours l’air d’une quiche mais bon je suis pas en mode "j’ai peur des gens je fuis tout ce qui bouge" comme parfois. Je me demande comment je m’en sortirais face aux extraterrestres.

Donc. Sur les talents, je disais à la base que j’aurais aimé avoir celui du dessin. La dernière fois que j’ai dessiné un arbre, on a cru que c’était… brrr nan trop tôt pour en parler.
Non mais c’est vrai n’empêche, j’y pensais pendant que je faisais un schéma WTF d’un truc que je voulais retenir pendant que je bossais.
J’aimerais sortir les images que mon imagination m’envoie tout le temps et les mettre sur papier. Je ferais plein de BD avec plein de personnages différents, un mélange entre des gens de fictions, des vrais gens, des trucs imaginés… Ça m’éclaterait.

Quand j’étais petite, on m’a dit un jour que tout le monde naissait avec un talent. Qu’il fallait le trouver. Et que pour le trouver, c’était "simple" (toujours se méfier de ce qu’on nous dit quand on a moins de quinze ans avec des guillemets), il suffisait de suivre ses affinités.

En grandissant, j’en suis venu à me dire que c’est faux. Que y’en a - comme moi - qui naissent sans talent pour pouvoir se dédier à l’admiration du travail de ceux qui en ont. Ça m’a paru triste, pourri, et injuste, mais voilà. Ça fait partie du top cinq de la liste que je soumettrais au service de réclamation de tout-ce-qui-se-passe-après-la-naissance (avec la guerre, la famine, la pauvreté, la maladie, etc, on est bien d’accord).
Je pourrais dessiner pas trop mal si je prenais des cours, j’imagine. Mais vu mon niveau, il me faudrait quelque chose comme… allez, dix bonnes années pour être à l’aise. Mais bon j’en ai marre de prendre des cours (huh et il me reste trois ans d’études...). Les cours de guitare, ok j’ai pas du tout persévéré, mais les cours de chant… J’en ai fait quelque chose comme trois à quatre ans, et je chante toujours aussi mal. Le problème, c’est que je suis tellement complexée de tout - dont de vivre - que je garde tous les sons en bouche, et du coup ils sortent faux. C’est vrai hein. Peur qu’on m’entende et se foute de moi même quand je suis seule à plus de vingt-deux kilomètres à la ronde. Quand j’étais au collège, je me souviens que j’avais la TERREUR qu’il y ait des caméras dans la salle de bains. Non attendez, c’est pas ça. J’avais la trouille que les acteurs ou mannequins de posters ou photos de magasines qui me regardaient directement dans les yeux me voient réellement. Je m’étais imaginé qu’ils avaient une salle entière avec que des écrans de gens qui avaient acheté leurs posters et qu’ils pouvaient observer. Ouais… J’en tiens une couche. Bon, je savais que c’était impossible hein ! Mais j’y pensais.

Du coup, depuis, je ne garde jamais près de moi une photo avec une personne qui me regarde dans les yeux. En règle général de toute façon j’aime pas trop les posters, T-shirt, et tout où y’a des gens dessus. Mais je parle genre quand ma mère laisse traîner des magazines. Soit la personne regarde de biais, soit… eh beh je retourne le magazine. Et je lui fais une grimace.

Et dans un autre registre, quand j’étais dans la salle de bain ou dans une mauvaise posture (en train de manger, ou en train de faire quelque chose de stupide, ou en train de me moucher), j’avais l’impression que y’avait plein de yeux autour de moi et qu’ensuite les gens de ma classe verraient tout et se foutraient de ma gueule le lendemain. C’était au collège, ça, surtout.

Coooooomment j’ai fait pour dériver là-dessus ? ... Ah, oui, le dessin. Le talent. Je croyais avoir le talent de l’écriture, à une époque, puis je me suis relue récemment et… en fait non.
J’ai jamais pensé être Victor Hugo non plus, remarque. Mais même le minimum syndical de talent s’est avéré inexistant. C’est pas grave, j’écris ici et ça me fait du bien ! Et puis de toute façon, quand j’écris des histoires… depuis que la phase hard de ma dépression a commencé, ça me fait mal physiquement d’essayer de retranscrire mes idées de récit. J’sais pas comment dire ça, c’est comme si les idées se condensaient en un magma indicible et confus et qu’il tentait de passer dans ma conscience tout en même temps et du coup ça fait bouchon et ça fait mal et en plus je ne comprends rien à ce que j’ai voulu dire. Donc ça bloque.

Mais ensuite je suis tombée sur un proverbe chinois qui m’a beaucoup marquée. "Les dons du ciel une fois gaspillés ne reviennent pas". J’ai trouvé ça puissant… Donc c’est peut-être ça qui est vrai. J’aurais jamais dû arrêter d’écrire.
Mais bon, c’est dégueulasse de dire ça parce que je l’ai pas choisi. J’étais vraiment devenue incapable de penser à l’époque. Sérieux. J’arrivais pas à aligner une pensée cohérente, là encore ça me faisait mal mentalement, c’était atroce. Je voulais tout écrire pour ne jamais oublier, ou pour sublimer la chose et en faire quelque chose "d’artistique"... mais non.

J’suis dég' que mon premier écrit soit parti ! Là du coup j’me suis lâchée mais j’ai l’impression d’avoir oublié plein de trucs. Taaaant pis.

Une dernière pensée : j’pense aux gens que j’ai vu devant le bureau de tabac tout à l’heure. Y’en avait PLEIN. Parce qu’on est vendredi 13, ils vont jouer au loto. C’est trop mignon. Sont trop mignons les gens. J’ai pensé à jouer aussi, mais j’avais la flemme d’attendre. (Pis je suis toujours une hermite, j’ai parlé à deux personnes en deux jours, j’ai ma dose pour un mois !).