Effeuille mes rêves

Les vacances sont une légende, mon pote

Ça me met toujours mal à l’aise… De parler de livres, ici. D’en citer. Je me sens bête.

Mais celui-là m’a traversée au rouleau compresseur. Alors, je voudrais laisser une petite trace. Et il faut que j’articule un minimum mes pensées, sinon tous mes neurones vont fondre.

C’est ça que j’aime dans les classiques, remarque.

Je viens de finir "Crime et Châtiment". De Dostoïevski.
...
Bon, j’y ai passé la journée, faut dire. Deux puis cinq heures sans pause. En fait, j’avais déjà entamé tranquillement les 200 premières pages, ces deux dernières semaines, et je n’étais pas hyper emballée alors j’ai - logique - subitement décidé qu’aujourd’hui il fallait le terminer et BREF on s’en fiche.

Il y a une scène que j’ai adoré… Ça ne sert à rien d’écrire là-dessus, en fait. Je me doute bien que je n’ai pas tout compris. J’ai probablement manqué pas mal de subtilités.
Mais cette scène-là, je l’ai savourée. Il s’agit de tout le chapitre cinq de la troisième partie. La visite de Raskolnikov et Razoumikhine à Porphyre Petrovitch. Le ping-pong mental du héros, happé par différentes émotions - toutes contradictoires. Son lointain et profond délire.

Il y avait deux phrases qui m’avaient marquées plus que le reste. Je voulais les recopier mais je ne les retrouve plus.
C’est ça qui est fou aussi : quand j’ouvre une page au hasard, je me demande ce qui dans cette histoire m’a convaincue.

Finalement, une fois le livre terminé, j’ai pensé à la Aloha du futur. La Aloha qui - pour jenesaisquelle raison encore - fouillera tous ses anciens journaux intimes en quête de… Pppgggghh ? Je n’ai aucune idée de ce qu’elle cherchera. Mais c’est pour elle que j’écris. Pour toi, Future-Moi.
Je n’ai aucune idée de ce que l’on va traverser. Je ne peux donc que t’affirmer les bases pour que tu n’oublies pas qui tu es. Les livres. Ça a été et cela restera la seule constante dans ma vie, de cela seulement je suis certaine.

Bon et, tu vois, je vais te vendre un peu de rêve. Un jour, précisément de là où je t’écris, tu as eu 24 ans, une liberté que tu as arraché à la partie la plus sombre de toi-même, et tu as lu Dostoïevski. Ne t’emballes pas trop quand même : il t’a fallu des heures pour prononcer le nom des personnages correctement. Tu n’es pas un génie. Tu n’es pas exceptionnelle.

Mais la vie est COOL quand même !

T’as de comptes à rendre à personne. Les livres sont tout. Le silence est réellement d’or.