Effeuille mes rêves

Like a red red rose

Je suis mentalement… mentalement jesaispasquoi.

J’ai passé ma journée à m’occuper de deux de mes amis de la fac. Ma journée, vraiment.
J’ai sacrifié la plage horaire où j’avais prévu de bosser, du coup. Et maintenant je ne me sens pas de m’y mettre. Je pourrais me forcer, je ne suis pas spécialement fatiguée ou démoralisée, mais… je n’ai pas envie de me forcer.

Je ne regrette pas de les avoir aidés, d’ailleurs je n’y étais pas obligée, je me suis proposée de bon cœur à chaque fois.
Je ne sais même pas pourquoi j’ai ouvert cet écrit, en fait. Peut-être pour chasser la culpabilité ?

J’ai un examen de cours difficile jeudi et je ne suis absolument pas prête. J’ai toute la journée de demain pour bosser mais… j’ai vraiment pris beaucoup de retard en fait avec ces histoires.

J’me sens un peu conne, à vrai dire. Bien que là encore je ne sache pas pourquoi.
C’est juste que j’ai donné du temps qui m’était très cher et très précieux mais je n’ai pas l’impression que ça ait été si utile que ça.

J’vais aller me vider la tête devant la télé. Une émission que j’apprécie, qui me détend anormalement. C’est toujours ça à prendre. Ce que j’aime bien aussi c’est qu’on en rediscute souvent avec Vanina, après voire pendant, et ça me fait beaucoup de bien. D’avoir quelqu’un avec qui je peux momentanément communiquer.

Maintenant que j’y pense… Personne ne sait ce qu’il y a dans ma tête. Ce que j’aime vraiment. Ceux qui me connaissent le plus savent par exemple que j’aime, j’adore, j’idolâtre les livres mais ça s’arrête là. Ils ne savent pas ce que je trouve dans cette passion, ce qu’ils créent dans ma tête, ce qu’ils me donnent au quotidien. Je ne peux pas en débattre avec eux.

Et y’a pas que ça, bien sûr, y’a tout le reste qui constitue mon monde. Rien d’exceptionnel, je suppose que ça constitue le monde intérieur de tout le monde. Y’a du bon et du moins bon. Mais je n’arrive pas à en retranscrire grand-chose ici non plus hélas, de moi.

Sinon, je suis… euh, comment dire ?

J’ai entendu un jour une version chantée du poème de Robert Burns "My love is like a red red rose"... magnifique. L’homme qui chantait cela… Je ne sais pas comment le dire.
J’ai appris qu’il s’appelait Ian Charleson. Un acteur écossais. On le voyait attablé avec d’autres personnes, tous sur leur 31. Ils parlaient, je ne comprenais pas ce qu’ils disaient, mais à un moment il a ri, tout le monde s’est tu.
Et il s’est mis à chanter.

Et c’était tellement… juste. Tellement profond.
Sa voix… j’avais l’impression qu’elle touchait la partie la plus triste de mon âme, la plus vulnérable, et qu’elle réussissait à la faire sourire enfin. À lui dire tout ce que j’ai désespérément besoin d’entendre.

Mais la vidéo a été supprimée… et je n’ai jamais réussi à la retrouver. À retrouver ce sentiment où je pouvais être pleinement rassurée.

J’ai écouté des dizaines de versions différentes, mais aucune n’avait la fluidité que j’ai aimée dans celle de ce monsieur. Les voix n’étaient pour moi jamais assez… rassurantes, oui.

Il n’y a qu’un seul morceau qui s’est rapproché à peu près de cette perfection. Sur Deezer, la version d’un certain Bahookie.
Je l’ai achetée du coup. Mais elle ne remplace pas la merveille que j’ai un jour écoutée en pleurant de joie. Que je voudrais tant pouvoir écouter à nouveau. Comme je voudrais tant être rassurée une fois encore. À propos de mon avenir et de mes sentiments.