Effeuille mes rêves

Liste de la honte

                    JOURNAL D’UNE IDIOTE :

      La liste des raisons pour lesquelles je flippe quand on évoque le mariage autour de moi :

  • J’ai peur des hommes.

    Oui, voilà, je l’ai dit. J’ai même eu l’idée GÉNIALE de le dire à Jareth, tiens ! Et ben vous savez quoi ? J’ai peur de Jareth. Oui. C’est pour ça que je ne peux pas le regarder dans les yeux.

    L’idée de trouver un homme qui m’aimera, me respectera, me comprendra, me sera fidèle toute ma vie, je la trouve improbable. Juste impossible. Pourtant j’essaie d’y croire très fort , à cause de toutes ces conneries de loi d’attraction que j’ai lu, j’essaie, mais ça me dépasse. Je ne suis pas supportable "jusqu’à ce que la mort vous sépare". J’ai cette manie ridicule de regarder la vie en prenant des kilomètres de recul, et du coup de ne vibrer pour rien. De tout analyser comme si je ne faisais pas partie de cette planète, ALORS QUE BIEN SÛR QUE OUI.

    J’en macère dans ses défauts les plus pénibles, donc c’est bien que j’en fais partie.

    Attention, je maintiens que j’aime ma vie et que je suis heureuse. Je me suis battue pour ça. Mais j’ai conscience de ce que je suis. Et dans mes moments difficiles, c’est ainsi que je réagis. Et c’est pas bien. Enfin, "c’est pas bien"... C’est pas adapté. On dirait que je suis H24 en cours de philosophie. Je philosophe à tout va. Mon frère ça le rend dingue, j’essaie de le psychanalyser un coup sur deux.

    Pour en revenir à l’item : ne le prenez pas mal, Messieurs, je sais très bien qu’il y a des garçons adorables. Sans parler de prince charmant ou d’homme parfait parce que - comme les princesses ou les femmes parfaites - ça n’existe pas ; on est d’accord. Je ne fais aucune généralité pessimiste et mal placée.

    Mais c’est comme ça ; j’ai peur.

    Parce que j’entends des choses. Parce que je vois des choses.

    Je n’ai pas envie que ma vie soit une bataille. Une bataille contre moi pour calmer mes idées qui partent dans tous les sens, une bataille contre un éventuel prétendant dont j’aurai la trouille obsessive qu’il se transforme en blaireau plus ou moins à cause de moi, une bataille contre tous ces gens qui vont me demander année après année : "Alors c’est quand le mariage / les enfants ?". C’est vraiment trop trop TROP d’angoisse, je sais, je suis faible.

Et pourquoi j’ai peur de Jareth alors ? Parce que quand je l’ai rencontré, je me suis dit qu’il me briserait le cœur. Et cette idée n’a cessé de me hanter pendant SIX #&@% d’années !

    Jareth, faut savoir que c’est le genre de gars très sûr de lui, qui n’a pas peur d’aller vers les autres, au contraire, qui s’assume, qui bouge, prend sa vie en main, sait ce qu’il veut… Très cartésien, très carré dans ses pompes, etc. C’est une des qualités que j’admire chez un homme.

    Je ne vais pas faire durer le suspense : moi je ne suis pas du tout comme ça. Je stresse pour un rien. Et j’aimerais dire que ça s’est calmé depuis tout ce travail que j’ai fait sur moi, mais non : j’ai seulement appris à le contrôler et à l’accepter. Moi je peux l’accepter. Parce que je vis avec. Mais un garçon de mon âge, ou même plus tard, n’aura jamais envie de s’engager avec une fille comme ça. Et je le comprends tout à fait, ce n’est pas un reproche !

    Tout le monde en plus, tout le monde, m’a dit que tant que je n’aurai pas un minimum confiance en moi et/ou que je ne m’aimerai pas, je ne trouverai jamais l’amour.

    Et c’est pas faux, ils ont raison ! Ça aussi c’est hyper rebutant une fille qui ne sait pas pourquoi elle aime vivre, quels sont ses rêves, ou qui s’excuse d’exister toutes les trente secondes (sans rire : toutes les trente secondes...).

    Mais je suis comme ça, je n’y peux rien ! Je n’ai pas le moindre contrôle là-dessus malgré des années de thérapies sur lesquelles j’ai insisté.

    Je sais très bien que les relations idéales n’existent pas. La réalité, c’est la réalité. Mais tant que je ne rencontrerai pas quelqu’un qui saura voir au-delà… ben je serai bloquée. Encore une fois, je ne parle pas d’homme parfait. Juste quelqu’un… qui accepterait ça. Sans s’énerver. Oh là là, rien que d’imaginer avoir une dispute à ce sujet un jour… Blurp. Explosion atomique de moi.

    Du coup, je ne sais pas pourquoi Jareth m’attire parce que sa copine (enfin son ex) n’était peut-être pas la femme parfaite mais elle y ressemblait BEAUCOUP. Toutes les qualités dont un homme puisse rêver : belle, intelligente, drôle, elle n’avait pas l’air de se prendre la tête… l’étudiante bien dans ses pompes quoi. Je ne suis absolument pas son genre de fille, ça c’est sûr. Il l’a peut-être cru pendant un bref instant (j’ai jamais raconté cette histoire mais ça n’a pas d’importance, c’est vraiment rien du tout) mais il se trompait. Je suis un boulet.

Allez, calme, concentration, liste. On continue la liste.

  • L’expression "se passer la corde au cou" quand elle désigne le mariage me terrorise. Enfin, "terrorise" c’est pas le mot exact. Me rend malade presque. C’est une phrase qu’on entend souvent les mecs se dire dans certains films, du moins c’est là où je l’ai entendue. Elle me tord le ventre. Si jamais l’homme que j’aimais, même pour rire, qualifiait son mariage ainsi… je serais capable de l’annuler je crois. Sinon je douterais toute ma vie.

Qu’est-ce qu’il est long cet écrit… Bon, l’avantage, c’est que peu de gens le liront. Je peux me lâcher.

Parce que ça me soulage de le dire. Je n’en parle pas à ma famille pour ne pas les saouler, à mes amis parce qu’ils me répètent toujours la même chose ("faut pas dire ça, tu apportes des ondes négatives" VS "faut avoir confiance en toi") (ce qui n’est pas faux mais ne change pas ce que je ressens), ma psy parce que… j’ai commencé à lui en parler mais c’est parti vite en vrille. J’ai commencé à angoisser ma race (pardon pour la vulgarité mais ça traduit bien le truc) et à ressentir une espèce de vide existentiel intense… Brrrrrref. J’évite d’en parler.

J’évitais d’en parler ici pour ne pas passer pour une cinglée si un jour mes proches trouvaient ce journal, mais bon après tout… Mon frère est à deux doigts de découvrir l’adresse, mais il sait que je suis chiante et complètement siphonnée alors bon. Et puis il aime pas que je parle de trucs niais alors il s’ennuierait vite. Et puis je lui fais confiance, même s’il décide de me lire.

BREF.

  • Toute cette effervescence qu’il y a lors des mariages, pendant la fête elle-même, me donne des frissons de peur là encore. Je suis incapable de donner une raison précise à ça. J’aime pas les fêtes peut-être. C’est possible, ça, de pas aimer les fêtes ?

  • Et l’organisation du mariage, on en parle ? TROP angoissant. Pour les futurs mariés je veux dire. Je vois Vaea qui doit courir partout… C’est titanesque. Bien trop grand pour moi, en tout cas. Je ne peux même pas l’imaginer. Peux pas.

  • Les conversations et les musiques de mariage m’angoissent. Je ne vais pas développer parce que comme le reste c’est un critère stupide mais important pour moi. J’ai envie de hurler. De me rayer les cordes vocales. Là encore, je ne peux pas exactement expliquer pourquoi. Mais ce n’est pas socialement très bien vu.

  • La belle-famille à rencontrer. Sur l’échelle de l’angoisse, on crève l’angoissomètre. T’as UNE SEULE CHANCE de faire une première bonne impression parce que le principe d’une première impression c’est que c’est uniquement la première qui compte. Et on dit que c’est souvent la bonne.

    Alors si je débarque en jean crasseux, les cheveux emmêlés (ils s’emmêlent toujours même si je passe des heures à les discipliner), en annonçant "on va plutôt s’asseoir sur un banc, en tailleur, boire un coup voire faire un peu de yoga qu’aller au restaurant parce qu’aller au restaurant me panique", en tremblant comme une feuille et en pleurant, ça va pas le faire.

J’ai nourri le chat ce matin. Le chat de ma belle-mère. Je me demande si je ne m’en sortirais pas mieux dans la vie si j’en venais à me prendre pour un chat.

Je pense qu’on peut conclure cet écrit en disant simplement que je suis une grosse chochotte. Et que je n’arriverai à rien à cause de toutes mes peurs qui me freinent dans tout.

Mais je continuerai à faire de mon mieux.

J’essaierai de vivre mes rêves. Le peu que j’ai, du moins. Des rêvounets.

J’essaierai. Je tenterai ma chance. Et mon secret sera bien gardé. Ici.