Effeuille mes rêves

Ma vie est foutue

J’arrête pas de pleurer. Je suis revenue exactement là où j’en étais au mois d’avril. Rien a changé. J’ai fait tout ça pour rien ; je ne suis bonne à rien.

Je suis morte.

Je ne sais pas quoi faire de plus. En quelle immondice, en quelle loque, je me suis transformée.
Je ne peux même pas mettre des mots pour traduire l’existence de ce glaire de misère qu’est ma personne désormais. Y’a tout qui cloche, je n’arrive pas à structurer mon écrit pour m’expliquer.

Commençons par les études. J’étais enjouée, j’étais pleine d’espoir, et le château de cartes s’est écroulé sur moi. Des cartes en béton armé. J’ai échoué : je ne suis pas arrivé m’y remettre, bloquée à cause de tous les mauvais souvenirs qui me revenaient inlassablement en mémoire, en coeur. Mon coeur est serti d’épines. Imprégnez-vous de cette image, car elle représente dans son absolu le plus total - quand on ressent réellement les épines qui transpercent dans un bouillon de magma sanguin brûlant de part la maladie, le désespoir, la terreur, le dégoût - la douleur que j’incarne et que j’offre à vos yeux en cette soirée apocalyptique.
Je comprends la plaie de l’hypersensibilité maintenant. Je suis submergée par mes pensées. Saturée par les émotions qu’elles engendrent, je crois ne sentir plus rien - ce qui ne contribue qu’à me conduire plus intensément encore à ma perte.

Tout recommence comme avant. Exactement comme avant. Les prises de tête par rapport à la quantité de travail, à mon attitude, à ma façon de faire ou de réfléchir… J’ai fait toutes ces thérapies pour du beurre, ma place n’est nulle part dans ce monde.

Et je n’ai même pas le droit de me tuer pour en finir.

Mes études… c’est affreux, un supplice, alors que ça devrait être tout le contraire ; alors qu’elles devraient me raccrocher à la vie. Je ne supporte plus de rester en cours - au début je m’ennuyais simplement d’assister à des séances de déjà-vu mais ensuite ça a pris une tournure beaucoup plus vicieuse. Pendant ces trois derniers jours, j’ai eu des bouffées soudaines de hurlements refoulés : je voulais tout envoyer balader et m’enfuir en crachant ces ressentiments qui montaient en moi. C’est abominable. J’ai tout perdu.
Si ça part comme ça, je suppose que c’est évident : je ne suis pas faite pour cette voie. Le problème c’est que je ne sais pas où aller ailleurs. Je ne suis faite pour nulle part, pour personne. Le problème c’est que je n’ai envie de rien. Le problème c’est que je ne suis plus rien.

Ensuite, il y a Jareth. Je l’ai renié pendant plusieurs mois années mais aujourd’hui il faut que je me rende à l’évidence : je me suis rendue malade à cause de Jareth.
"À cause de" n’est pas la bonne expression parce que lui il n’y est pour rien. Mais je n’arrive plus à penser, je ne parviens pas à trouver une meilleure façon de le dire. J’ai déformé la réalité dans mon esprit pour la faire convenir à mes voeux les plus secrets et ça m’a DÉTRUITE. Parce que bien sûr, la vie, ça ne fonctionne pas comme ça.

Vraiment - pour le coup, "détruite" est le mot parfait !

Je sens que cette fois je ne me relèverai pas. Évidemment, demain sera un autre jour, je sortirai de mon lit, me laverai, m’habillerai, et travaillerai probablement comme si de rien n’était, mais quelque chose en moi s’est cassé.
Cette fois, j’ai eu trop mal. Cette fois, je ne peux pas choisir la vie.

Alors j’annonce mon décès sur Internet.
Si je dois écrire encore par la suite, ce ne sera que par le biais de mon fantôme. Aloha Somnium est décédée, en ce jeudi 04 octobre 2012, à 21h03. RIP.