Effeuille mes rêves

Ma vie n'est pas un film

Je suis encore partie. En plein milieu du cours cette fois, j’ai même pas attendu la pause.

Je sentais ma tête comprimée. Plus le temps passait, plus je sentais qu’il fallait que je parte. Je suis toujours incapable de dire pourquoi. Je sais que j’ai bien fait. Mais je ne sais pas pourquoi.
La tension est si forte dans ma tête… Le pire, c’est de jouer la sécheuse, la fille de l’air, devant les gens qui me côtoient. Je ne peux pas leur expliquer, je n’y arrive pas. Et pourtant je suis désespérée que quelqu’un comprenne ce que je ressens. Je m’y suis faite, au fait que ça ne soit pas le cas, mais quand même. J’espère.

Le problème de l’espoir, c’est que ça n’est pas quelque chose de suffisamment concret alors que c’est précisément ce dont on a cruellement besoin dans ces moments-là.
Ce n’est pas palpable. On ne peut pas le serrer contre son cœur et sécher ses larmes avec. Ni étouffer ses sanglots sanguinolents. Ce n’est qu’un sentiment - extrêmement volatile chez moi.

Le plus drôle est encore à venir !

J’ai appelé Vaea. Elle a décroché l’année dernière, elle est partie, et je sais que je ne la verrai plus. Elle a déménagé trop loin. Mais en désespoir de cause, c’est vers elle que je me suis tournée. J’avais envie d’entendre sa voix, je ne sais pas pourquoi. Je ne fais jamais ça d’habitude - j’appelle difficilement ma famille dans ces moments-là, alors des amis perdus de vue tu penses bien...
C’était un geste peut-être très mignon, filmesque, romanesque, à l’écriture, mais en vrai c’était juste ridicule. C’est mieux qu’elle n’ait pas décroché (vu l’heure en même temps ç’aurait été une trop grosse coïncidence ; ma vie n’est pas un film).

Je ne veux pas de leçon de morale. J’ai fait ce que je devais faire. C’est ça le problème. Ce que je dois faire ne correspond pas à ce que je dois faire ; j’entends par là que sécher et suivre ses cours comme il faut pour tirer le maximum de sa scolarité ne vont pas ensemble.
Mais c’est là où je me situe. Dans la dichotomie.

Je n’ai plus besoin de parler. Ma tête me serre encore, mais ça va passer… J’avais juste besoin de m’en aller. Ça va aller, je veux dire, pas la peine de revenir là-dessus je ne veux pas blablater encore sur ça.

C’est juste que… ça ne devrait pas se passer ainsi. Cette phase que je traverse en ce moment, c’était censé être celle de l’année dernière. La fragilité. La reconstruction malgré les résidus pégueux.
Or cela me poursuit. Dans mes rêves, dans ma réalité, partout… Je n’évolue plus, je stagne. Et je stagne à un niveau qui ne représente que 18% de ce qu’il faut pour être en vie. Je ne veux pas échouer. Je ne veux pas échouer à vivre.

Je me demande à quoi va ressembler la suite…