Effeuille mes rêves

Main tendue IRL

J’essaie de garder la tête haute mais c’est pas facile.

Ne rien laisser paraître. Ne parler de rien, de rien qui ne compte vraiment, à personne. Ce n’est pas que les gens ne sont pas présents, physiquement ils sont là, oui, mais intérieurement il n’y a personne. Je ne m’en plains pas, la vie est ainsi pour moi aujourd’hui, mais y’a des moments où j’ai l’impression que je vais exploser.

Surtout quand la fatigue s’en mêle. J’ai toujours eu du mal à gérer la fatigue. Sûrement parce que je suis constamment fatiguée. Comme à mon habitude, je me noie dans mes rêves, dans les idées que je me fabrique pour supporter les choses qui ne bougent pas. C’est le seul moyen de me préserver que je connaisse. Le seul moyen de ressentir ce à quoi j’aspire secrètement : une main tendue. Un vrai lien avec une personne. Quelqu’un pour me comprendre. Je me cache derrière des vœux d’une façon assez maladive, je dois dire, n’importe quel prétexte est bon pour énoncer un souhait. Tout comme n’importe quel thème est sujet à être intégré dans l’une de mes rêveries.

Je suis très tendue ce soir. Ce qui est paradoxal, car c’est une semaine très allégée au niveau de l’emploi du temps. Une semaine qui devrait être parfaite, car pour une fois j’ai le droit de prendre mon temps et de faire les choses à ma manière.
Oui mais voilà : ma vieille ennemie, l’angoisse, n’est jamais bien loin. Il suffit que je relâche mon attention.

Mais ce n’est pas grave, c’est une petite semaine, je devrais m’en tirer sans trop de stress.

Mais avec les rêves, la mélancolie n’est pas bien loin non plus. Et l’idée de passer à côté de tout non plus. C’est peut-être ma mère qui a raison : j’en fais trop. Je travaille comme une acharnée - du moins c’est l’impression que j’ai - et les résultats sont identiques à ceux qui s’y prennent au dernier moment, c’est à n’y rien comprendre. Je ne peux pas faire plus. Et pourtant, c’est ce que je me demande. Mais je ne peux juste pas le faire. Alors je culpabilise, à nouveau, comme au "bon vieux temps".

Il me faudra juste une main tendue dans cette vie. Un sourire In Real Life qui se prolonge jusqu’à toucher mon âme. Et réciproquement. Quelque chose de vrai, de pur, qui me prouve que non, ce qu’ils disent n’est pas vrai et qu’il peut se passer de belles surprises dans la vie. Sans nécessité de vendre quelque chose en retour - comme son âme.

Comment renoncer à ça ? Comment lâcher-prise sur quelque chose qui est à ce point vital ? C’est comme essayer de s’empêcher de respirer.