Effeuille mes rêves

Mesdames Cartier

Euh, j’me rends compte que ça fait un moment que j’ai pas vu la lumière du jour.

Je commence à saturer grave de mes révisions. Je me suis fait un programme complet pour ne rien oublier mais ça fait deux jours que c’est très très intense et je présente des signes de tumesaoulissme que je ne connais que trop bien et qui peuvent devenir très problématiques. Voire très nocifs.

Faut que je sorte. J’vais aller voir ma grand-mère et ma mère qui se sont installées dehors pour fabriquer leurs bijoux. J’vais y aller à pied et revenir. Sinon je vais péter un câble, sérieux, j’ai prévu aucune journée de repos dans mon fichu programme.

J’avais d’autres choses à dire, mais je ne les ai pas notées quand je les avais en tête donc elles ont disparu. Les seules réflexions qui me restent, là sous mon nez, ce sont les deux phrases mnémotechniques idiotes que j’ai retrouvé dans mes vieux livres de cours.

    Luc fuste forcé à lâcher presto un fuck.

    Un sapin endetté émit cinq euros.

Elles m’ont jamais aidé à retenir quoi que ce soit, mais bon. Elles datent d’une lointaine époque.

Ma mère m’a donné des fiches de maths qu’elle a retrouvé dans un livre d’annales bac qu’elle a fourgué à jesaispasqui. Souvenirs là encore. Je me souviens de quand mon père devenait fou à essayer de m’expliquer. Haha, j’ai jamais rien compris aux maths ! Et il était pas super pédagogue de ce côté-là, donc ça nous rendait fous tous les deux.

J’vais les lui donner pour la fête des pères, tiens, ça le fera sourire. Bon avec un vrai cadeau en plus, hein, cela va sans dire.

Par contre, s’il me sort qu’il va les donner aux enfants de sa copine… AH je déteste quand il fait ça ! Quand il me compare avec mon frère à eux, par le biais d’un petit tacle d’une petite phrase innocente. Ou quand il leur file des trucs qui appartiennent à la famille comme si ça ne représentait rien. Il ne se rend pas compte, pour lui ça ne veut rien dire de spécial, mais… ça nous fait mal à mon frère et moi.

C’est pas que je ne les aime pas, ces enfants, ils sont gentils. Ils ont l’air de bien accepter mon père, de leur côté, et nous aussi (on ne les voit pas souvent mais ils n’ont jamais été hostiles envers nous ; sauf le grand, une fois, et j’ai cru que mon frère allait décalquer son début de crise d’adolescence mais violent - net et sec).
Mais bon, ils sont jeunes et turbulents. Haha, non mais écoutez-moi cette vieille qui parle ! Ça va, mémé, tu veux pas une canne ?

(Non, merci !).

Non, ce que je veux dire, c’est qu’ils sont très différents. Sur tous les plans. Ma belle-mère est très différente aussi, et c’est là que ça a du mal à passer de mon côté parfois.
Elle est très gentille et a l’air de sincèrement tenir à mon père (lui je sais qu’il l’aime beaucoup), donc pour moi tout s’arrête là, je me dois d’être heureuse pour eux. Et je le suis. Mais des fois, y’a des trucs qui passent pas trop… On est vraiment trop différents, et pas dans le bon sens du terme.

J’y reviendrai peut-être plus tard. Là si je veux aller faire une surprise à Madame et Madame Cartier, faut que je me bouge !