Effeuille mes rêves

Message à la déprimée

Je l’ai !

Le message pour la Aloha déprimée. Pour enfin répondre quelque chose à cet insupportable "à quoi bon ?".

Il est l’enseignement que j’aurais aimé m’envoyer à travers le temps. Cela n’aurait probablement pas servi à grand-chose - car les mots… tu sais - mais cela aurait pu être… un coup de pouce. Ce coup de pouce que je suppliais d’arriver du début à la fin de mon adolescence.
Peut-être l’ai-je simplement raté ? Je désespérais de cette matière à matraquer avec mes pensées. À broyer, éplucher, et condenser, pour tenter de trouver l’une des pistes vers la paix. Peut-être ne l’ai-je même pas encore trouvée. Peut-être est-ce une nouvelle fois qu’une illusion qui vient me réconforter.

Mais peu importe. Peu importe. Je prends.

J’ai cet outil aujourd’hui. Et c’est suffisant.

On fait ce que l’on peut.

Voilà.

Alors évidemment : cela ne veut plus rien dire hors de mon intime macération mentale. Mais je veux vraiment faire ça pour toi, Future-Moi. Peut-être te souviendras-tu. Peut-être quelqu’un d’autre comprendra le détail caché. En tout cas, ce n’est pas perdu.

Je ne dois rien. Je n’incarne aucun absolu. Au même titre que chaque être humain.

Je n’ai pas à être gentille, conciliante, patiente, ou vertueuse. Je le suis parce que je le décide. Parfois je ne le suis pas, malgré moi, parce que mes défauts prennent le dessus.
Mais je ne dois rien à personne.
Dans une situation donnée, que je réagisse en accord avec qui je suis (ou veux être) ou pas, en fin de compte, ça ne change rien. Les offenses seront oubliées. Les perfections sporadiques également. D’une égalité totalement jumelle.

L’histoire qu’écrit le monde continue à se sténotyper. Que j’y participe ou pas, dans un rôle que j’apprécie ou non… quelle importance ?

Ça ne regarde que moi. Aux yeux du monde lui-même et de tous ses composants, je ne suis qu’une vie. Importante, oui. Au même titre que toutes les autres.
Mais mon empreinte ne sauvera jamais le monde. Je peux chuchoter, interagir, crier, maudire ou embrasser, il y a quand même quelque chose de plus grand que moi - et que nous - qui existe.

Et le fait d’exister… ne peut pas être contrebalancé par son contraire. L’absence. Ces contraires ne peuvent pas se mélanger, par définition.

Je ne sais pas. Je ne sais pas si j’ai raison. Mais je sais que je ne dois rien. Tu es trop fatiguée pour sourire à cette personne sympathique ? Tu ne trouves pas les mots pour soulager telle autre ? Eh bien tant pis.
Elles ont leur propre histoire. Leur résilience est leur bien le plus précieux. Elles sauront s’en sortir ; sans toi.
Elles peuvent doivent, de toute façon, trouver le moyen de résoudre leurs problèmes/énigmes par elles-mêmes. Dans l’hypothèse où tu parviendrais à leur souffler la solution, il faudrait encore qu’elles soient prêtes à l’accepter. Qu’elles se motivent à la mettre en œuvre.

Et il y a là plusieurs paramètres extérieurs à toi qui jouent encore.

Alors pourquoi se prendre la tête ?

Tu n’as rien de particulier à faire. Ainsi : tu peux faire ce dont tu as envie.

Laisse les autres tranquilles. N’empiète pas sur leur sanctuaire intérieur et respecte-les - car ils sont comme toi au fond - mais ce n’est pas à toi d’écrire l’histoire.
Tu n’écris que sur Internet. Pour te défouler. Le monde… le monde, même s’il a conscience de ton existence, te lit sans te prendre au sérieux. Sans que tu n’influences quoi que ce soit.

Alors pourquoi te mettre une pression sur des pouvoirs qui ne te sont pas octroyés ?

Les gens peuvent se débrouiller tous seuls. C’est bien d’aider. C’est bien de soutenir. Mais ne prends pas ton impuissance pour une perversité de cette vie que l’on t’a octroyé.
Elle est là, la vie. Alors faut faire avec.

Dans ces "gens", tu es incluse. Tu te sens triste/mal/abattue ? Cela passera. Cela est transitoire. Oh oui que c’est pénible, et l’avenir semble bouché à tout jamais. Mais rien n’est figé sur cette Terre. Même en étudiant jour et nuit les plus grands sages, tu trouveras le moyen - à un moment ou à un autre - de perdre ton sang-froid.

Tu n’es pas convaincue ? Normal. Les mots sont des pièges. Ils ne résument jamais l’être ou la pensée profonde de quiconque. Trop de subtilités, de connexions différentes. Tu n’y peux rien. Alors laisse couler.

Fais de ton mieux. Fais ce que tu aimes. C’est ça l’avantage d’être insignifiant. Je plains ceux et celles qui ne le sont pas ; tout en les admirant.

C’est une évidence. Tout ça. Rien de neuf. Mais à mes oreilles, cela sonne comme… une jouissance.

Il ne me sert à rien de parler.

Je viens d’en comprendre la raison. Je ne suis moi qu’à l’écrit. Condamnée à ne jamais être vraiment moi à l’oral. C’est pourquoi j’écris. Ce n’est ni bien ni mal ; je n’ai pas besoin d’avoir du talent pour être autorisée à le faire. C’est, voilà tout.

Alors je m’en accommoderai.

C’est simple.

Je n’ai plus aucune parole à prononcer. Je ne chercherai plus à transmettre à l’oral. Je resterai factuelle. Et JI sera alors mon oasis secret. Mon oasis écrit.

Je ne dois rien.
Cela n’empêche pas qu’il est important d’être qui je suis. De me battre pour ce que je veux. Mais cette rumeur d’égoïste humain universel… Je n’y crois pas. On fait ce que l’on peut, c’est tout. On fait ce qu’on peut.