Effeuille mes rêves

Miasmes d'angoisse

Avec ma psychologue, on a encore une fois bien avancé.
Elle a peut-être mis le doigts sur LE truc qui me paralyse totalement sur tous les plans de ma vie : j’ai en réalité peur de construire car peur de perdre par la suite, peur de voir tout m’être arraché. Ma philosophie de vie inconsciente, ce serait : "Pourquoi m’attacher à quelqu’un/quelque chose alors que ça me sera très sûrement enlevé ? Pourquoi bâtir si tout doit forcément me retomber sur la tête ?".
Elle me l’a expliqué ainsi : j’ai perdu le modèle de l’amour (modèle parental) jeune avec le divorce (qui ne m’a jusque là jamais perturbée plus que ça, mais bon) et juste après j’ai perdu mes deux meilleures amies de l’époque. Quand elles m’ont abandonnée, ça a été comme… Dans ma tête, y’a eu… une sidération, un choc tellement énorme et une tristesse si intrinsèquement liée à chaque fibre de mon être que j’en suis encore prisonnière aujourd’hui, Elle m’a dit que par moments, j’avais des pensées que ceux de mon âge n’avaient pas, avancées, mais que certaines fois je réfléchissais instinctivement comme une enfant de douze ans.

Enfin bref, changeons de sujet ; j’ai assez cogité à m’en casser la tête pour ce soir.

Mes oiseaux ont repondu. Et ils ont bien compris ce que je comptais faire des oeufs, alors ils ne les lâchent pas une seconde pour pas que je ne m’en empare ! Et le mâle tremble quand je m’approche depuis quelques temps… je crois qu’il a peur de moi. Ça me brise le coeur. Du coup, j’ai pas envie de lui faire plus peur encore en lui enlevant ses oeufs quand il est dessus !
Et la femelle envoie carrément le bec.
Je sais pas où j’ai foiré avec eux, mais je dois vraiment être nulle pour pas être arrivée à les gérer à ce point…

J’ai décidé de les revendre.
J’ai plus la force de m’en occuper. Cette histoire avec les effets secondaires… a zappé chaque zeste d’énergie qu’il me restait à disposition. Je n’arrive pas à retransmettre par mes mots les maux que j’ai traversé, et je n’ai pas envie de donner l’impression de m’apitoyer, mais c’est comme ça que je ressens les choses.
Je culpabilise (aussi) vis-à-vis d’eux. Ils méritent mieux que moi.

En fait, toutes mes angoisses reviennent en force. Pour le cours de guitare demain, pour ma série de lundi (je croyais avoir réglé ça mais non), pour ma maladie que j’ai peur de ne jamais arriver à repousser, peur d’être une horrible personne à force de toujours me plaindre ici… j’essaie d’écrire de bonnes nouvelles ! Mais je ne contrôle pas le reste...
J’en peux plus.

Espérons que cette nuit, les cauchemars ne viennent pas s’incruster. Que les effets secondaires me foutent un peu la paix, même si je sais que toute cette agitation leur est en grande partie dûe.