Effeuille mes rêves

Mille quatre cent quarante heures

J’ai une boule dans le ventre.

Nous sommes 7 382 092 631 sur Terre. Donc, au même instant, 7 382 092 631 personnes peuvent avoir EXACTEMENT la même idée que moi. Que ce soit une idée originale pour se lancer dans la vie d’adulte, une idée acquise chèrement après des années de méditation, une idée pour écrire une histoire ou créer quoi que ce soit de nouveau.

7 382 092 631 d’humains qui génèrent 60000 pensées par jour (et donc 0,7 par seconde ?)*. Ça fait beaucoup. Non : ça fait BEAUCOUP. Le matériel est, par définition, limité. J’veux dire qu’on pourra faire tout ce qu’on veut et s’agiter autant que possible, mais au bout d’un moment les évènements d’une vie (sur une échelle très très grande ; à l’échelle du monde quoi) se ressemblent (ou rassemblent) tous.

Je reprends l’exemple de quelqu’un de célèbre. Un chanteur, par exemple. Un chanteur très à la mode, mondialement connu et aimé. Il pourra faire et vivre tous les trucs extraordinaires qu’il voudra grâce à sa notoriété ou à son argent, mais y’a bien un moment où il devra boire un verre d’eau.

Il y a - mais mes sources sont très obscures - de rares personnes qui ont réussi à épater la science en se passant d’eau plus de temps qu’il ne l’a été calculé viable.
Bon.
C’est bien de le faire remarquer parce que j’y ai pensé aussi.

Le choix, au final, se résume à ça : boire de l’eau. OU ne pas en boire. Je ne sais pas si je suis claire… Un humain doit s’hydrater. Il peut trouver un moyen de contourner les lois. Et dans ce cas… Oh ! Il ne s’hydrate pas. Point. Que peut-on dire de plus sur le sujet ?

Ils peuvent se battre pour cette ressource qui leur est confisquée, ils peuvent ouvrir un robinet, ou ils peuvent récolter l’eau de pluie mais ils finissent par avoir besoin de boire. Y’a pas des milliards de milliards d’histoires à inventer à partir de ça.

Nous sommes un nombre limité. Un nombre croissant qui change à une vitesse folle, oui, mais il y a toujours un nombre déterminable. Même sans regarder les sites qui y sont consacrés, même si on était restés au Moyen-Âge, sans Internet et compagnie. On ne le connaîtrait pas, mais ce nombre existerait.

Et à quoi ça sert de penser à tout ça ?

À rien !

Mais je ne peux pas m’en empêcher. Je sais que je suis un individu unique… Mais comment puis-je me définir ?

Disons qu’on me dise que j’ai les cheveux bouclés. Ok. Y’a énormément d’autres filles qui sont dans ce cas ; autre chose alors ? Je suis d’un naturel anxieux. Bon. Pareil. Je suis têtue. Ouais, on est contents pour toi.

Et même ça : une fille têtue, aux cheveux bouclés, et d’un naturel anxieux, y’en a combien sur la planète ? !

Et même si je parvenais à lister justement TOUTES mes qualités et TOUS mes défauts et que je les combinais aux éléments principaux de mon histoire perso… Y’aurait encore des gens pour avoir vécu la même chose !

Comment, dans ce cas-là, avoir confiance en moi-même... ? Moi pâle copie. Moi qui peut se triturer les méninges pour s’entraîner à être artistique : je sais que je ne le serai jamais car quelque part quelqu’un aura la même idée. Et je ne veux surtout pas qu’on m’accuse de plagiat.

60 jours avant la liberté totale. L’extase absolue. J’ai tellement et tellement de projets.

    * Les maths (et la logique en général) ne sont VRAIMENT pas mon truc ; pardon ! Je fais tout à la calculette. Quel intérêt de le faire ? Je ne sais pas. Un peu de "cohérence" dans tout ce foutoir (même si elle est fictive) m’apaise légèrement.