Effeuille mes rêves

Mon métier

J’y pensais depuis un bon moment déjà.

Révéler la nature de mon futur métier. Donc de mes études. Dans ce journal où j’ai tant placé de fragments de moi. Une boucle bouclée, quelque part.

Ce serait un tel SOULAGEMENT de simplement expulser clairement le mot qui correspond à son nom !

Le truc, c’est que c’est un cadre très particulier. Du paramédical, ça je l’ai déjà dit. Mais combiné à ma phobie hyper bizarre…
On ne peut QUE me retrouver. "On" désigne ici principalement les personnes qui me côtoient IRL. Qui ont les moyens de me rendre la vie infernale. J’ai pesé le pour et le contre. Si ce pouvoir ils doivent avoir, je ne le céderai pas aussi facilement.

J’aimerais donc dire les choses simplement mais je ne peux pas.
Il ne faut pas oublier que je suis sur Internet. Aussi génial soit cet outil et précieux, il n’est - comme toute invention - pas 100% bienveillant.

Alors je vais l’extérioriser. Plus envie d’attendre le diplôme. Mais me déclarer en codé. Je vais utiliser des images pour esquisser la réalité.

Commençons par le métier.

Dans le paramédical, je prends soin de gens. Constamment.
Je ne les soigne pas à proprement parler (voir * ci-dessous). Il y a une différence importante dans le sens où je ne pratique pas un métier miracle capable d’arranger tous les problèmes : que ce soit clair, c’est non.
Mais je m’efforce de soulager et de venir en aide de mon mieux. Voilà. Très vague, mais disons que c’est l'essence de mon métier. Mon lot qui deviendra très vite mon quotidien. J’arrive, j’écoute, je donne le plus de sympathie que je peux (par mes connaissances, mes aptitudes et ma personnalité, mes sourires, encouragements et tout ça), je bricole ce que je suis en mesure de bricoler, je conseille et soutiens moralement de mon mieux… puis je recommence, ainsi de suite, pour tous ceux qui me le demandent.

(*) Le point le plus important est que je n’ai RIEN à voir avec un médecin.

(C’est en effet hyper important de le souligner ; une trentaine de fois). Les médecins sont le top du top du top de la santé, médicale paramédicale et compagnie. Et je ne serai toujours qu’une petite fourmi face à eux. Je tiens à ce que ce soit très clair.

Jamais je ne me prends pour un médecin, et jamais je ne le ferai.

J’en suis heureuse d’ailleurs (quand on me demandait si je voulais devenir médecin, au lycée, je répondais le "NON !" le plus angoissé et déterminé de ma vie) parce que si être médecin est un métier incroyable (formidable, merveilleux), il est aussi extrêmement dur et éreintant. Les médecins sont des héros, pas moins que ça.

C’est donc une marque de respect normale à mes yeux de ne surtout pas faire croire que j’en suis une.

Le message est donc passé. Clairement j’espère !

Pour reprendre la comparaison : je suis l’équivalent d’une machiniste de plateau, en fait. Mais pour le corps. J’arrive avec mes p’tits outils et je travaille.
Une espèce d’infirmière MAIS sans habilité face aux gestes médicaux basiques et SANS JAMAIS avoir à gérer d’urgence vitale (pas une infirmière, donc, cela est toujours clair).

Ha ! Avec ces pseudos explications à rallonge, je suis capable de ne pas me souvenir de quel métier je parle en me relisant dans quelques années.

Oui mais bon voilà. Les images sont très bien. Peut-être plus intéressantes que la réalité vu qu’elles présagent de plusieurs possibilités. Après tout, je m’interroge souvent sur la logique de tenir un journal intime en ligne alors que je n’aime pas du tout aller sur les réseaux sociaux. Il y a une différence entre les deux pratiques, certes. Mais elle n’est pas bien épaisse.

Bref, donc ça c’était pour mon métier. Ce que je fais en immersion professionnelle. Et la thématique globale de mes études. Étudier le corps humain, du coup, dans une optique de travailler dessus, cela demande de l’entraînement. On s’entraînait ainsi entre nous (sur nous) : et c’est cela que j’appelais autrefois les cours difficiles.

Je m’y sentais tellement vulnérable que c’est un miracle que j’aie tenu.

Et ma phobie s’ajoute donc à tout ça.

Là encore, je ne peux pas explicitement balancé le morceau. Mais pour donner une impression précise malgré tout, ce serait l’équivalent d’une masseuse qui aurait la phobie des grains de beauté en général (d’en voir et d’en toucher). Précisons quand même que dans cette simulation, elle-même n’en a aucun sur elle (ce serait pire que de la torture sinon !).