Effeuille mes rêves

Mon week-end

Yoho ! Me r’voilà !

Alors j’vais attaquer directement avec le compte-rendu de tout ce que j’ai fait (pas grand-chose, en réalité, mais bon !) : samedi ma mère et moi on s’est levé pas trop tôt (fatiguées de la semaine) et on est parti avec les oiseaux, tous les cartons, et de la bonne humeur.
Deux heures et demi de route plus tard, on s’est directement rendu au restaurant que tient la dame qui m’a pris mes les tourterelles. Le site était magnifique : c’était au bord du canal du Midi, un vrai p’tit coin de paradis ! Des bateaux, de la campagne, des gens contents d’être en congés… Très très très agréable ! J’ai aimé me poser à cet endroit. Quant à cette fameuse propriétaire, je l’imaginais absolument pas comme ça ! ! Elle était assez jeune et dynamique, avec une allure fraîche un peu baba-cool ; un peu overbookée aussi sur le coup, car elle galérait pour s’occuper d’une table de neuf australiens, mais elle avait en tout cas l’air franchement sympa. Ça m’a bien rassurée. On a mangé avec le copain à ma mère sur place et on a bien rigolé : on regardait le petit film que mon frère a fait pour son bac, pour son option cinéma. C’était drôle de voir à quel point il avait envie de rire pendant toutes les scènes !
On a donné les colombes immédiatemment après avoir mangé. La dame les a installés bien confortablement sur un banc en face de l’eau ; Éole était tout foufou à cause du vent, on aurait dit qu’il allait sortir de sa cage pour le provoquer en duel avec un accent moyenâgeux.

Après, on s’est installé vite fait dans la maison. Ça faisait super longtemps que j’avais pas foutu les pieds dans une maison comme ça ! Elle est pas du tout comme je me l’imaginais : plus petite et plus confortable. Rigolote. Je rigole pour un rien quand je suis de bonne humeur, donc là elle était rigolote ; j’étais bien.
On s’est changé parce que ensuite on est parti auprès d’un lac !
Il était pas très loin de la maison. C’était génial !! ! J’ai adoré ! Le paysage était splendide, et j’ai trouvé trop amusant le fait de devoir m’habituer à ce que l’eau n’ait pas un goût salé (oui bon, ça fait rire que moi, je sais !) !
J’ai donc barboté en me répétant anxieusement que non, l’eau n’était pas investée de piranhas (entre ça et les requins...). Je me suis foutu la trouille toute seule avec les herbes au fond du lac qui me frôlaient de temps en temps. Qu’est-ce que j’aimerais retaper une bonne fois pour toutes mon mental !

Hum, le lac, et ensuite… AH oui ! ! Ensuite, je voulais absolument voir la librairie dont ma mère m’avait parlé. La librairie du Somail. Elle m’avait dit qu’elle était très jolie et qu’elle allait forcément me plaire ; mais quand je suis finalement entrée dedans il s’est avéré que j’en suis tombé amoureuse !
Cet endroit est… magique !! ! Très beau, pour commencer, mais aussi enchanteur avec cette bonne odeur de livres ayant un vécu et tous ses livres présents ! ! Je peux pas décrire à quel point je me sentais à l’aise là-bas ! J’ai discrètement dit à ma mère : "J’veux vivre iciiii !".
Elle en a bavé pour me sortir de là, par contre. Je lui parlais tranquillement sur le chemin de la sortie quand tout à coup je grognais ("J’veux pas partiiiiir !") et je détalais dans le sens inverse pour pouvoir continuer à feuilleter des bouquins !

Le paradis existe. Il est au Somail et il a un escalier en bois qui grince, comme dans les manoirs hantés ! Trooop bien.

Bon, après ça, c’était moins drôle. Mes grands-parents et mon oncle sont arrivés, et j’ai senti que un truc clochait chez ma grand-mère.
La soirée est passée, on est allé au restau, mais j’avais trop d’idées dans la tête, alors mes yeux se perdaient souvent dans le vague… je peux pas m’empêcher de faire ça, je m’en rends même pas compte. Je ne l’ai su que plus tard, en parlant avec ma mère, quand elle m’a dit que son copain (au courant de mes préoccupations) avait pensé en me voyant que mon problème c’était que je cérébralisais tout. Trop. J’y ai réfléchis et c’est pas faux, c’est complètement vrai en fait. C’est là où vraiment j’aimerais faire un grand nettoyage dans le dedans de ma tête.

J’ai pas beaucoup dormi cette nuit. Je me suis réveillée à cinq heures du matin, à cause de la chaleur et des oiseaux (mais jusqu’oùùùùù ces créatures me suivront-elles ??). Pas grave ! J’étais d’assez bonne humeur là aussi.
Jusqu’à ce que je me retrouve seule avec ma grand-mère. Elle m’a complètement pété le moral, je me suis mise à culpabiliser à mort et maintenant encore je me demande si je ne suis pas un monstre. Elle m’a tenu plus ou moins le même discours que la dernière fois, en me disant qu’elle avait extrêmement mal du fait de plus pouvoir me toucher, me papouiller, tout ça et qu’elle était malheureuse. J’ai trop culpabilisé alors je lui ai fait pleins de câlins pour essayer de la rassurer… à l’entendre, on aurait cru que je l’avais reniée ! C’est pas du tout le cas !! ! J’ai juste besoin… je ne sais pas moi, d’espace, un peu… c’est vraiment un crime de plus vouloir de bisous sur le ventre à vingt ans ?
Je me suis dit sur le coup : "P.tain, Aloha, t’es vraiment trop conne. Elle t’en faisait rarement sur le ventre quand même… plus sur la main, oui et alors ? Où est le problème au fond ?". Le problème c’est que je me sentais mal à chaque fois et je voulais juste que ce tourbillon infernal de douleur dans ma tête s’arrête… Je voulais juste agir pour ce dont je croyais avoir besoin… Je trouvais pas ça normal de devoir lui rendre des comptes aussi souvent - comparés à d’autres jeunes vraiment fliqués c’était pas si énorme, mais ça m’étouffait quand même un peu. C’est surtout la culpabilité qui m’étouffait (et qui m’étouffe encore plus). On dirait que je lui ai tiré dessus ! Je pensais pas qu’elle le prendrait comme ça… qu’elle exagèrerait tout et qu’une fois de plus, j’endosserai le rôle de la méchante.
Je suis vraiment trop con. Je fais décidément tout de travers.

On est parti au vide-grenier, après ça. Elle a séché ses larmes quand elle a vu le copain de ma mère arriver et elle s’est enfuie. J’avais envie de me vomir, mais j’ai tâché de faire bonne figure.

Pas de chance, c’était le seul jour où il pleuvait !
Le samedi, il faisait bien chaud, et la météo dit que demain il fera beau. Maiiis bien sûr, aujourd’hui : pluie ! Sale temps pour les livres, donc. Au début, j’ai été carrément désespérée parce que bon je pensais que ça allait traîner en longueur et que j’allais m’ennuyer, mais en fait non. Mon oncle et le copain à ma mère me faisaient rire, ils étaient tout fous.
La pluie s’est calmée au bout d’un moment et les gens ont commencé à regarder dans mes cartons ! J’ai fait quelques ventes mais même s’il me reste pas mal de stock (que heureusement j’ai été autorisée à laisser là-bas, dans la maison, parce que je me voyais vraiment pas les ramener) je suis plutôt contente de mon premier vide-grenier !
C’était sympa. L’ambiance était sympa. La prochaine fois, j’espère qu’il fera beau et puis ce sera encore mieux !

La route du retour a été crevante, sinon. Je suis rentrée il y a un bon bout de temps mais je suis incapable de faire quoi que ce soit !
Il faudrait que je passe l’aspirateur derrière ma commode, maintenant que les oiseaux ne sont plus là pour rajouter chaque seconde du sable ou des plumes ou des graines, mais j’ai la flemme. Je suis inquiète, à vrai dire. Je sais que c’est idiot, mais c’est plus fort que moi ! Ce sentiment de rentrer chez soi, d’avoir des petites envies comme aller se coucher ou regarder un film tranquillement, je veux pas le perdre. J’ai peur de le perdre, bientôt, comme j’ai perdu celui que j’avais en rentrant de Brest.
Je veux changer, je veux me détacher pour de bon de toutes ces pensées aliénantes qui prennent le pouvoir sur moi à longueur de journée. Mais je sais pas comment...
Alors il ne me reste plus qu’à retenir le plus longtemps possible cette sensation de prémisse de résurrection, encore. En espérant que cette fois, je l’aurai mon déclic ! Que faire d’autre ?

Bon, avec tout ça, j’ai un peu délaissé la guitare.
Demain matin : exercices de guitare + course à pied + aspirateur. Après-midi : exercices de guitare + courses + lecture au parc ?

P.S : J’ai passé l’aspiro maintenant, finalement.
Ça me gêne d’en parler, mais on a engagé une femme de ménage depuis… euh, pas mal de temps. Je sais qu’elle vient demain mais j’ai pas pu m’empêcher de le faire, parce que elle me fait toujours de la peine quand elle me parle de tous ses problèmes et de la difficulté de venir travailler malgré eux… je culpabilise parce que pendant ce temps, moi je suis dans ma chambre à lire ou à en tout cas me reposer, et que je trouve ça… gênant.
C’est pour ça que d’habitude, je m’arrange toujours pour sortir le lundi. Plage ou parc, au moins j’ai pas l’impression d’être une fille pourrie-gâtée qui ne travaille pas et ne fout rien de ses journées.