Effeuille mes rêves

Ne lisez pas cet écrit

Y’a vraiment quelque chose qui a changé depuis mon dernier pétage de câble.

Ne lisez pas cet écrit, il va être nul et très très chiant.

Je suis morte.

Je ne me relève pas. Je fais semblant de vivre pour ma famille, car c’est pour eux que je ne me suis pas tuée, mais derrière - dans le coeur - il n’y a plus rien. Je fais semblant de sourire. De rire. D’être joyeuse - tout simplement d’être vivante, je vais pas non plus en parler pendant des heures.

Et ça me dégoûte d’être comme ça.

Oui, vraiment, dégoûtée. Je me hais d’être comme ça, vous pouvez même pas imaginer le quart de ce que c’est… Je n’aurais jamais cru que de tels sentiments feraient ainsi rage en moi.
Il y a pire sur Terre, JE LE SAIS. C’est pour ça aussi que je me méprise autant. Il y a des gens qui souffrent réellement, pour des raisons concrètes, et le fait de ne pas aller bien dans ma situation… c’est presque une insulte envers eux.

De toutes les palettes d’émotions que j’ai pu ressentir dans ma vie (et j’ai 21 ans donc je peux affirmer que sans avoir tout forcément vu j’en ai eu pas mal déjà), celle-là est la plus intense.
J’ai si mal dans cette prison que crée ma souffrance que j’essaie d’y construire une petite fenêtre. Cette fenêtre c’est vous. Voilà pourquoi je vous bassine avec mes états d’âmes dont on se contrefout royalement au fond, voilà pourquoi je vous apostrophe carrément depuis plusieurs écrits (alors que je me demande si ça n’est pas très grossier), voilà pourquoi je vous présente mes plus plates excuses.

Les mots ne suffisent plus pour décrire ce qui s’empare de moi.
C’est si fort que c’en est presque palpable. Je me demande si les docteurs ne verraient rien si l’on faisait un examen de mon coeur. Serait-il rouillé ? Serait-il percé d’aiguilles ? Serait-il asséché ? Ou serait-il habité par un démon ?

Si c’est ça ma vie, si je suis destinée à ne plus jamais VIVRE comme un être humain normal avec le minimum de dignité morale qui s’impose, pourquoi me laisser continuer ce périple sur Terre ?

Je veux crever. Je veux crever de toutes mes forces.

L’étau qui me comprime la poitrine n’est pas une métaphore.
Je vous le jure. J’ai passé les deux derniers jours à tenter de m’en débarrasser et rien n’a suffit. Je ne peux me tuer mais je ne peux continuer ainsi. Que vais-je devenir ?

Je suis tout ce que je hais le plus au monde.
Ma douleur me fait geindre. Je n’ai aucune étincelle dans les yeux ou à l’intérieur de moi. Je ne mérite pas la vie. Tout le monde me dit que c’est un fabuleux cadeau, mais pourquoi me l’avoir offert si je suis incapable d’en profiter ?

Et je me rends malade à me dire que ça doit être de ma faute si je ressens toutes ces choses.
Mais la solution… la solution m’échappe.

Le ciel ne m’aidera pas. J’ai cessé de compter sur lui. Et personne n’aimera une morte. Personne ne me ramènera à la vie.
De toute façon, ma propre famille, celle qui m’aime le plus au monde, n’y parvient pas, alors pourquoi ça serait différent avec quelqu’un d’autre ? Je n’ai rien à attendre de l’amour. Je m’en fous totalement désormais, il ne me sauvera pas.

Peut-être que tout ça est illusoire ?
Que ma peine sera dissolue demain matin ? Ou peut-être que ce sentiment de mort persistera et me suivra pour le reste de mon existence. Je suis incapable d’avoir la moindre influence là-dessus. J’ai déjà tout essayé et tant perdu. Chaque échec m’a arraché le cœur et aujourd’hui il est flasque, impuissant à se regonfler et à faire quelque chose de sa carcasse purulente.

Je suis une aberration. Je ne devrais pas exister. Au nom de tout ce qui est beau et bon dans ce monde, je ne devrais pas le souiller.

Je m’en veux tellement. Pardon.