Effeuille mes rêves

Ne pas faire attention au gros pavé - c'est un gros pavé pour qu'on n'y fasse pas attention

J’vais partir du principe que toutes ces petites coïncidences qui nous tombent dessus pile au moment M sont un autre type de clin d’œil de la vie. Tout aussi facétieux que ceux qui nous font éclater de rire.

Sinon je vais passer une mauvaise semaine ; et ce seulement quelques heures après que celle-ci ait commencé !

Je l’ai déjà dit, je crois, que Cathel a de bonnes relations. Pour son avenir professionnel… Elle n’a pas vraiment à s’en faire. Les opportunités viendront à elle. Elle n’est pas pistonnée, hein ! Mais c’est vrai qu’elle a des connaissances qui lui ouvrent pas mal de voies pour l’après-diplôme. C’est tant mieux pour elle, bien sûr, elle serait folle de les refuser ces opportunités !
Mais oui, je suis désolée, je le reconnais : ça m’agace un peu. Elle ne travaille vraiment pas beaucoup. Le minimum, pour les exams. Et pendant les immersions professionnelles, elle est fermé avec les gens avec qui on travaille, et presque arrogante par moment - avec nous et les profs - tellement elle est convaincue que tout ce qu’elle fait est la bonne façon de faire. Je ne voudrais pas non plus qu’on croit qu’elle est comme ces pestes insupportables qu’on voit dans les séries télé… La réalité, ce n’est pas ce genre de clichés. Elle n’est pas insupportable. Elle est fermée. Pas complètement et pas sur tous les sujets. On peut volontiers discuter avec elle, de tout. Mais souvent, elle est persuadée d’avoir raison et parfois pour sur des arguments complètement aberrants. Et bon sang, je n’exagère plus maintenant quand je dis qu’elle est une mitraillette à idées négatives ! C’est pas un concept ahuri qui renie toutes les réalités physiques, ce à quoi je fais allusion là. J’ai fait une expérience sur une semaine. J’ai mesuré et fais de très pseudos et vagues - mais significatifs - calculs.

Parce que je me dis que ça doit venir de moi. C’est IMPOSSIBLE que ça soit à ce point et que je ne sois pas devenue vraiment folle au bout de cinq ans !

Comment est-ce que j’ai pu supporter cette ambiance, l’ambiance très particulière inhérente à mes études (exposition physique, mentale, et j’en passe), la dépression, la pression extérieure, celle que je me rajoutais, etc etc ?

Non mais non, on se calme. Je suis fatiguée. Je suis simplement en train de m’énerver. Pas du tout productif. Pffffhou. On se calme.
Je finis cet écrit, je fais une petite séance de sport… et demain je poursuis tranquillement mon chemin. Ces 133 merveilleux derniers jours qui me séparent de la douce et glorieuse fin de ma vie d’étudiante. Je ne peux même pas imaginer redoubler. Échouer. Non. Les échecs ne sont pas des échecs mais des leçons, oui d’accord, MAIS Y’A DES LIMITES.

Bref.

Tout ça pour dire, que ce que je savais qui arriverait à Cathel est arrivé.

Avec beaucoup d’ironie.

Elle a en vue une super opportunité pour après le diplôme. Dans un endroit idyllique. Où personne ne viendra la déranger : loin de tout, pas de concurrents, un cadre de rêve etc etc.

Voilà. C’est aussi simple que ça. Je ne suis pas jalouse (je vous assure que non : je me suis longuement posé la question) (et puis ça me rappelle certaines discussions avec Sonny ; elle par contre voulait clairement me faire râler à l’époque). Mais… j’ai l’impression que rien ne doit être facile pour moi !

Je veux tellement bien faire les choses - je ne peux PAS faire autrement. Si je ne sens pas que ce n’est pas le mieux que je puisse faire… ça me donne des frissons.
Alors je me débats. Me démène. M’épuise, pour pas grand-chose au final.

Pas de pessisisme, bon sang ! C’est ce que je ressens actuellement, mais ce n’est pas forcément la vérité. J’vais faire du sport.

Je passais simplement par ici pour signaler l’ironie qui a suivi cette révélation. Cathel. M’a proposé de profiter de cette opportunité avec elle. En théorie, ça devrait être génial et annuler tout ce que je viens de raconter.
Sauf que. Passer toute ma vie... avec elle… quand je vois l’état dans lequel je suis MAINTENANT !

Je suis mauvaise. Je le sais. Je ne mérite qu’aucun de mes rêves se réalise. Je suis une pourriture.

Mais j’ai choisi de refuser. Ma santé mentale… J’ai travaillé trop dur pour finir là. Je veux autre chose. Est-ce que je suis si véreuse (sortons les grands mots) que ça pour vouloir vivre autre chose ?

Est-ce moi qui fais preuve d’arrogance ?

J’ai des idées d’endroits où je voudrais travailler… Utopiques. Soyons clairs là-dessus. En fait, le poste que je vise n’existe même pas. C’est un rêve un peu dingue qui n’a pas beaucoup de probabilité de se réaliser.
Mais je vais quand même tenter. Je ne risque qu’un refus, de toute façon. Mais je ne peux penser qu’à cette éventualité. Fofolle. Je n’ai pas d’autre projet. D’autre envie réelle. Je peux me contenter de beaucoup. La question n’est pas là, je ne suis pas difficile. Si ce rêve ne se réalise pas - et je reste lucide sur les chances que cela se fasse -, je pourrais vivre quand même.

C’est un peu l’aboutissement de tout ce que j’ai changé dans ma vie. Mais en beaucoup plus irréaliste que ça. C’est un peu comme si un petit ver de terre voulait travailler comme jardinier chez une belle étoile. Ça se peut. Bizarre, on n’y pense pas directement, mais c’est possible.
Cependant, l’étoile n’a pas de jardins. Ou juste quelques fleurs. Et pourquoi engagerait-on un petit ver de terre quand on peut - tiens, c’est pas bête un jardinier maintenant qu’on y pense - engager pour le même travail quelqu’un de plus compétent, expérimenté, surtout dans un tel endroit où quand même faut un peu de classe.

Oui. Je rêve. Cathel agit. C’est peut-être ça, la principale différence. C’est probablement moi qui ai tort. Mais comment agir de même avec une latitude complètement différente ?